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Boîtes de thon et têtes d'affiche
Par Ka-set   
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02-07-2008

Sur les marchés, dans les cafés, dans les cours de récréation ou dans la rue, les citoyens cambodgiens parlent politique, sans tabou et avec une verve que bien des politiciens leur envieraient. Les journalistes de Ka-set vous rapporteront jusqu'au 27 juillet, avec un ton libre et satirique, quelques uns de ces échos de campagne, cueillis sur le vif, "pi nih, pi nouh" ("ici et là").
Pour réagir à ces "Echos" ou nous faire part des vôtres, merci d'adresser un mail à la rédaction de Ka-set : Cet e-mail est protg contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir


Boîtes de thon et têtes d'affiche
Entendu auprès d'un groupe d'étudiants phnompenhois, qui discutent politique à l'heure de la pause. "Avant, on voyait partout la tête de trois femmes sur les boîtes de thon [allusion à une célèbre marque de conserve thaïlandaise], maintenant on a droit à la tête de trois hommes sur les murs [allusion aux affiches des portraits du trio du Parti du peuple cambodgien (PPC), Chea Sim, Hun Sen et Heng Samrin] !" Comme quoi, la politique, ça conserve.

De la bougie au générateur
Un autre étudiant, dans le même groupe : "Aujourd'hui grâce au PPC, tout le monde a l'électricité. Pourquoi le PSR, lui, continue à s'éclairer à la bougie [allusion au logo du parti d'opposition], alors qu'on a l'électricité partout ?". Le Conseil pour le développement du Cambodge (CDC) nous éclaire sur ce point dans une lumineuse présentation destinée aux investisseurs, publiée sur son site Internet : "Malheureusement, la fourniture d'électricité ne répond pas encore à la demande de base en électricité, particulièrement dans les zones rurales, où la fourniture d'électricité 24 heures sur 24 n'est toujours pas garantie, et la qualité de l'électricité n'est pas fiable". Une suggestion pour le PSR : remplacer la bougie par un générateur à essence ?

Des chiffres et des lettres
Recueilli à l'occasion d'un discours informel de campagne, dans le village de Phum Andong, en périphérie de Phnom Penh. Sur les bulletins établis par le Comité national électoral, parmi les onze partis en lice, le Funcinpec correspond au numéro 8, tandis que le PPC porte le numéro 4. Une dame âgée, fervente supportrice du PPC, explique au micro tous les bienfaits de son parti à des villageois rassemblés pour l'écouter. "La plate-forme politique du parti numéro 4 [soit le PPC] est si parfaite ! Seul un vote en faveur du PPC peut permettre de maintenir la paix et la sécurité. Le PPC, c'est le développement ! C'est pour cela qu'il faut voter pour le parti numéro 4 ! poursuit celle que les villageois appellent affectueusement Grand-mère. Très en forme, elle décide de conclure, sous le regard médusé de son auditoire : "Longue vie au Funcinpec ! Longue vie au Funcinpec !", avant de réaliser son erreur... "Oups ! Au Parti du peuple cambodgien !" Avec ces chiffres et ces lettres, il y a en effet de quoi perdre son pali, pour ne pas dire son parti.