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Après l'Open Society Justice Initiative le 13 février, c'est au tour de l'organisation Human Rights Watch (HRW) de s'inquiéter au sujet de l'indépendance du tribunal khmer rouge à la veille de l'audience initiale, qui s'ouvre mardi 17 février, en prélude au premier procès, celui de l'ancien directeur du centre interrogatoire S-21. La juridiction hybride, qui comporte une majorité de magistrats cambodgiens, "devrait résister aux interférences politiques et satisfaire aux standards internationaux d'un procès équitable", appelle l'organisation basée à New York, dans un communiqué publié le 15 février.
"Tout soupçon de manipulation politique au sein du tribunal sapera sa crédibilité auprès du peuple cambodgien", met en garde Sara Colm, chercheuse auprès de HRW basée au Cambodge. "Tant que les allégations de corruption et des interférences abusives du gouvernement [cambodgien] n'auront pas fait l'objet d'enquêtes et n'auront pas été résolues, l'intégrité du tribunal en tant que juridiction légitime et indépendante continuera à poser question."
Le mandat des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) se limite à traduire en justice les anciens hauts dignitaires du régime khmer rouge ainsi que les plus hauts responsables pour les atrocités commises entre 1975 et 1979. Néanmoins, regrette HRW, la co-procureur cambodgienne s'est opposée, en décembre 2008, à la tentative de son collègue international d'ajouter à la liste des mis en examen six autres suspects. La magistrate cambodgienne a alors fait valoir "l'instabilité passée" et "le besoin de réconciliation nationale" pour rejeter le lancement de poursuites contre des suspects supplémentaires, rappelle HRW.
"En laissant des considérations politiques bloquer d'autres mises en accusation, le tribunal khmer rouge échoue au test le plus basique de son indépendance et de sa crédibilité, estime Sara Colm. Le tribunal ne peut pas rendre justice aux millions de victimes des Khmers rouges s'il ne poursuit qu'une poignée des individus les plus notoires, alors qu'un grand nombre d'anciens représentants et commandants khmers rouges restent en liberté."
Les CETC ont dû revoir largement à la hausse leur budget et n'ont pour l'heure toujours pas reçu la totalité des fonds nécessaires pour mener à son terme la procédure. "Au lieu de promettre davantage de fonds à une procédure défaillante sans poser de conditions, les donateurs influents tels que le Japon, les Etats-Unis, la France et l'Australie devraient insister pour que les allégations de corruption et concernant une interférence du gouvernement [dans le processus] soient tout d'abord résolues", recommande HRW. Un tel appel avait déjà été lancé le 14 janvier par le Comité cambodgien d'action pour les droits de l'Homme, une coalition de 21 organisations locales, qui s'inquiète, lui aussi, que les CETC ne remplissent que "partiellement" leur mission.
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Par SISOMBAT
Par kool
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