| Parti Sam Rainsy, Parti des droits de l'Homme, Parti Norodom Ranariddh et Funcinpec : les quatre partis d'opposition qui devraient compter au moins un représentant à l'Assemblée nationale sont apparus, lundi 28 juillet après-midi, ensemble devant la presse. Ils ont appelé leurs compatriotes cambodgiens et la communauté internationale "à ne pas reconnaître les résultats des élections du 27 juillet". Les résultats provisoires donnent le Parti du peuple cambodgien (PPC) du Premier ministre Hun Sen grand gagnant puisqu'il raflerait plus des deux tiers des sièges de députés. Aucun obstacle ne pourra alors se dresser sur sa route pour faire adopter ses projets de loi, si ce n'est des querelles internes.
Des élections "manipulées et truquées par le PPC" Au lendemain du scrutin, le quatuor de l'opposition a dénoncé le recours à grande échelle à des « pratiques illégales et frauduleuses » qui auraient entaché le scrutin, liées à la « suppression des noms d'innombrables électeurs légitimes » et à « une augmentation artificielle des votes PPC grâce à l'émission de formulaires 1018 par des autorités sous le contrôle du PPC destinés à faire voter des électeurs illégitimes pour le PPC". Les quatre formations condamnent ainsi les "manoeuvres" du Comité national électoral (CNE), organisateur du scrutin, qui n'est, selon eux, qu'un "instrument du PPC". Un projet d'alliance évoqué Lors d'une brève conférence de presse donnée de manière impromptue au siège du Parti Sam Rainsy, leurs représentants ont évoqué la possibilité d'une alliance. Kem Sokha, président du Parti des droits de l'Homme (PDH), Muth Chantha, porte-parole du Parti Norodom Ranariddh (PNR), et Sisowath Sirirath, 2e vice-président du Funcinpec, s'étaient retrouvés plus tôt au domicile de Sam Rainsy, à la tête du PSR. "Nous résistons avec les citoyens khmers pour réclamer la réorganisation du scrutin au Cambodge", a lancé Sam Rainsy, avant que Kem Sokha ne lise leur communiqué conjoint. Les quatre responsables ont laissé planer le projet d'une possible alliance entre leurs forces, disant "poursuivre le même objectif". Toutes les initiatives de regroupement pré-électoral du côté de l'opposition avaient échoué. Qu'à cela ne tienne, les quatre se disent "confiants" et Kem Sokha a expliqué que c'était "une question de circonstances". "Cette alliance permettrait aux citoyens khmers amoureux de la justice de continuer à résister ensemble", a-t-il ajouté, précisant que sa constitution "dépendrait du soutien des électeurs". Par ailleurs, rien n'a été dit au sujet du projet de manifestation à Phnom Penh que le PSR avait annoncé dimanche peu après la fermeture des bureaux de vote. Le CNE tire un bilan satisfaisant Le taux de participation de 75% aux législatives de dimanche est "plus important que celui des communales", s'est réjoui Im Soursdey, président du CNE, mais un peu plus faible qu'aux dernières législatives, en 2003 (83%). Malgré du gros temps dimanche à quelques endroits, les bureaux de vote de tout le Cambodge ont fonctionné normalement, a précisé le responsable. Selon les informations qu'il avait reçues des comités électoraux communaux, trente plaintes leur étaient lundi déjà parvenues. Interrogé sur les problèmes survenus lors du vote, il a avancé des problèmes techniques, de malheureux sauts de lignes ou encore des problèmes d'homonymie, et défendu la bonne organisation du scrutin. Des listes irréprochables ? Face à une opposition qui accuse le CNE d'avoir effacé le nom d'innombrables électeurs, Im Soursdey a répondu que son organisme avait correctement revu et corrigé les listes électorales. "Après les communales de 2007, des ONG ont demandé au CNE de nettoyer les listes électorales des noms d'électeurs fantômes [personnes décédées, ayant déménagé ou encore sans domicile fixe]. Avec l'aide d'ONG et du gouvernement, nous avons accompli cette tâche en 80 jours. Et avant de retirer les noms qui n'avaient pas lieu de figurer sur les listes, nous les avons affichées plusieurs fois pour vérification puis les avons rendues publiques en début d'année." |