Des élèves du lycée français de Phnom Penh manifestent contre l'expulsion de familles cambodgiennes
Par Duong Sokha   
09-04-2009

Lycée Descartes ©Vandy Rattana

Phnom Penh (Cambodge), le 9 avril 2009. Les lycéens réclament des compensations "correctes" pour les familles logées dans l'enceinte de l'établissement René Descartes et menacées d'expulsion
©Vandy Rattana

C'est une première : dans la matinée du jeudi 9 avril, une trentaine d'élèves cambodgiens et français du lycée international René Descartes, à Phnom Penh, ont manifesté en faveur du droit au logement d'une trentaine de familles menacées d'expulsion qui résident dans un bâtiment situé dans l'enceinte de l'établissement scolaire. De manière pacifique, tambour battant, ces lycéens ont dressé des banderoles reprenant la devise de la République française, "Liberté, Egalité et Fraternité", et appelant au "blocus". Leur but : afficher leur solidarité avec ces familles afin qu'elles puissent obtenir des indemnités correctes, à défaut de pouvoir rester sur ce terrain, et éviter leur expulsion violente, comme cela se produit trop souvent dans ce type de conflit au Cambodge.


Le bâtiment dans lequel vivent actuellement trente-sept familles, situé en plein cœur de la capitale du Cambodge, dans l'enceinte du lycée français René Descartes, accueillait autrefois l'Institut national des Affaires. Il a ensuite été confié par les autorités cambodgiennes au conseil en charge de la gestion du lycée Descartes, en échange du financement de la construction d'un nouveau bâtiment dans le quartier de Stung Meanchey.

Les familles cambodgiennes occupent le rez-de-chaussée et le dernier étage, les premier, deuxième et troisième étages ayant été fermés, pour rénovation, par la direction du lycée qui souhaite aujourd'hui jouir pleinement de ces locaux.

Récemment, les autorités de l'arrondissement de Daun Penh et celles de la municipalité de Phnom Penh ont donc rappelé aux occupants qu'elles les avaient déjà sommés de quitter les lieux, il y a quelques années, affirmant qu'ils étaient des squatters en situation illégale. Une qualification que refuse San Lim Sreang, occupant du quatrième étage : "Nous nous y sommes installés dans les années 1980. Les autorités de l'Etat du Cambodge, à l'époque, nous ont même délivré un carnet de famille en 1985. Et en 2000, nous avons reçu un carnet de résidence", fait valoir cet ancien fonctionnaire de la Banque nationale du Cambodge, qui refuse de partir, estimant que les indemnités proposées par les autorités, "entre 5 000 et 10 000 dollars", sont insuffisantes pour se reloger et acquérir un terrain ou un appartement convenable dans le centre de Phnom Penh.
 
Contacté par téléphone, le gouverneur adjoint de l'arrondissement de Daun Penh, Sok Penh Vuth, en charge de ce dossier, a déclaré à Ka-set que les autorités de Phnom Penh n'envisageaient aucune expulsion forcée à l'encontre de ces habitants. Les lycéens manifestants - qui craignent un scénario identique à celui qu'ont connu les résidents de Dey Krohom, violemment chassés par une société privée avec la complaisance des autorités de Phnom Penh - n'ont selon lui "pas bien compris" la situation. "Aucune expulsion n'est prévue. Nous continuons à rechercher une solution pacifique, affirme-t-il. Près de la moitié des familles, soit treize foyers [trente-sept familles vivent en fait encore dans le bâtiment - NDLR], ont accepté notre proposition de départ contre une somme d'argent et un terrain de quatre mètres sur huit dans le quartier de Boeung Tompong, arrondissement de Meanchey, situé dans la ville. Six autres familles sont en train d'effectuer les démarches pour déménager", a expliqué le gouverneur adjoint de Daun Penh.

 


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3 Commentaire
Par "Reastr Yum minh Chhub" 2009-04-18 05:21:28
En tant qu'ancien du lycée Descartes des années 70, je me porte solidaire avec vous autres, lycéens de génération actuelle qui s'inquiètent de l'expulsion (Building gris phsar Kabkor) et leurs conditions futures de vie.
Grâce au GRC qui se range selon la Bonne Gouvernance, j'ai espoir également qu'à travers vos détermination et relations, nos pauvres patriotes puissent trouver une domiciliation plus décente et humaines.
Par survivant 2009-04-18 14:51:12
Excellent votre pseudo Reast yum Minh Chhub!
Dans cette affaire,la balle n'est-elle pas dans le camps des Français aussi?
Par Anonyme 2009-04-18 17:58:17
Sobrement et pudiquement baptisé depuis la naissance du monde, le peuple --réastr-- qui, à la fin de sa vie ne sait que faire élever au rang suprême de pouvoir ses propres "assassins". Il est tout drôle d'avoir pour un mètre de tissu imprimé (usine chinoise) ou un paquet de nouille vietnamienne (pas chère) ou encore un carnet "bible rouge" de Mao, tout la masse populaire se divise et s'enrage contre ses proches pour enfin se tuer car son choix ou bulletin vote est le meilleur de tous.

Mais le "peuple khmer" compte beaucoup sur les français mais entre l'origine et l'arrivée l'amour a le temps de se faire entâcher par le Dey krâham, comme les vietscongs qui, naguère se nourrissaient en force tranquille dans les implantations de caoutchouc Chup (Mémot district) jusqu'au jour où le réveil sonne le glas! Le peuple ne l'a pas voulu mais le haut lieu l'appelait à la détermination à défaut delaquelle, il serait "traite": mes quatre cousins furent assassinés pour en être opposé.

Depuis toujours, ne touchons pas à la diplomatie étayée pleinement entre l'assistance et l'ingérence; c'est bien délicat. C'est une théorie très très solidifiée par l'assisté (complexé) contre le donateur, capitaliste ou impérialiste. Voyez vous, le KD -Kampuchéa démocratique de Pol Pot a pu être reconnu par les nations unies pendant que la guerre anti-impérialiste fut secondé par les médias occidentaux contre l' "ingérence".

Le terrain de lutte change actuellement son masque; tu m'aides ou je vais ailleurs: la Chine s'investit en masse en Afrique, mais pour les gouvernants de l'heure cambodgienne, quelque millions distribués leur paraissent très largement colossaux; ce qui les rendrait des singes s'agrippant aux noix de coco (Svar aub phlê daung).
De ce fait, je suis un "has been", je me casse comme un Po.. ..n! Mais le petit peuple continue de subir un sort irrémédiablement funeste, Hélas!
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