|
Le Premier ministre Hun Sen a profité d'une cérémonie de remise de diplômes, mardi 24 février, pour s'insurger contre les critiques émises par l'Organisation des Nations unies sur le procès des anciens dirigeants khmers rouges et sur le rôle joué par celle-ci dans les années 1980.
Ses déclarations font suite au communiqué publié conjointement lundi 23 février par le vice-Premier ministre cambodgien Sok An et l'assistant du Secrétaire général Ban Ki-moon chargé des affaires légales, Peter Taksoe-Jensen, établissant la mise en place d'un pôle chargé d'améliorer l'administration au sein des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) afin notamment de mettre fin aux allégations de corruption qui entachent la juridiction hybride.
Lors de son discours, le Premier ministre a fait valoir que "bien que certaines personnes aient été au courant des massacres de la population commis sous Pol Pot, elles ont continué à soutenir ce dernier entre 1979 et 1991." Plus explicite, il a ensuite déclaré que "s'il y a jugement, l'Onu devrait faire partie des accusés car beaucoup de nations ont appuyé le régime entre 1975 et 1979 et, maintenant, elles viennent réclamer un nouveau jugement…"
Hun Sen a rappelé que Pol Pot et Ieng Sary avaient été condamnés par contumace en 1979 par un tribunal cambodgien mais que le verdict prononcé - la peine capitale - n'avait pas été reconnu par la communauté internationale. "Or aujourd'hui, on assiste à un procès qui engloutit des millions de dollars et se révèle très compliqué", a-t-il ironisé.
"Moi, je considère ma tâche accomplie parce que je suis parvenu à renverser le régime de Pol Pot en 1979 et j'ai fait en sorte que cela ne se reproduise pas. Ma politique de gagnant-gagnant a porté ses fruits et a mis fin à la révolution. J'ai aussi livré les cinq [anciens leaders et responsables khmers rouges] à la justice. C'est moi également qui ai négocié avec l'ancien secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, pour mettre en place ce tribunal avec la participation de juges cambodgiens et internationaux. Et après, on reproche au gouvernement de ne pas vouloir juger les anciens Khmers rouges !", a-t-il tempêté.
|
Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier