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Le chef de la diplomatie cambodgienne, Hor Namhong, a rapporté à la presse, jeudi 20 novembre, les réponses faites par Phnom Penh à trois "aide-mémoire" qui lui ont été soumis les 7, 11 et 12 novembre par la Thaïlande. Un argumentaire qu'il a présenté dans l'après-midi à l'ambassadeur de Thaïlande au Cambodge, lequel en a pris bonne note et en référera à son gouvernement. "Nous venons seulement de répondre à ces aide-mémoire car nous avons été pris par l'organisation, à Siem Reap, de la conférence annuelle ministérielle des pays les moins avancés, et nous voulions également prendre le temps de vérifier les bases légales et juridiques des dossiers", a expliqué le ministre cambodgien des Affaires étrangères, tout en relevant la fâcheuse habitude qu'avait la Thaïlande de ne se baser sur aucun cadre juridique pour asseoir ses revendications, "au contraire du Cambodge". Dans le premier aide-mémoire, a précisé Hor Namhong, "la Thaïlande conteste le fait que nous ayons construit un hôtel et des maisons à Poïpet entre les bornes 48 et 49, une zone qu'elle revendique comme sienne. En réponse, nous invoquons le procès-verbal de la 5e réunion mixte franco-siamoise du 6 juin 1908 ainsi que la carte qu'elle a établie. Conclusion : cette zone relève de la souveraineté cambodgienne, avons-nous expliqué à la Thaïlande !" Dans le deuxième aide-mémoire, a-t-il poursuivi, "la Thaïlande nous reproche d'avoir accroché au temple de Preah Vihear les drapeaux de l'Unesco, du patrimoine mondial et du Cambodge et nous accuse d'avoir pénétré sur son territoire pour agir ainsi. Cette accusation est ridicule !". Il a fait valoir qu'il relevait de toute façon du droit du Cambodge de hisser ces drapeaux sur le temple et qu'il n'avait pas besoin pour cela de demander l'autorisation à un autre pays. Hor Namhong a ensuite fait part de l'agacement du Cambodge face à l'appellation systématiquement retenue par la Thaïlande pour désigner le temple de Preah Vihear, celle de "Khao Phra Viharn". "Je leur ai dit que nous ne connaissions pas ce nom mais seulement celui de Preah Vihear, utilisé depuis la construction du temple entre le IXe et XIe siècle ! C'est ce même nom auquel fait référence la Cour internationale de justice de La Haye dans une annexe à la carte qui accompagnait sa décision de reconnaître la souveraineté du Cambodge sur le temple de Preah Vihear, et c'est encore ce nom qu'a utilisé le Comité du patrimoine mondial pour inscrire le temple à sa liste !" Enfin, le ministre cambodgien a abordé le troisième aide-mémoire, dans lequel "la Thaïlande nous accuse cette fois-ci d'avoir organisé une fête de kathen [cérémonie d'offrandes aux bonzes] dans la pagode de Preah Vihear et d'avoir à cette occasion violé son territoire ! ". A nouveau, Hor Namhong a mis en avant les accords franco-siamois signés en 1907 et 1909, dans lesquels le Siam, ancien nom de la Thaïlande, reconnaissait l'actuelle démarcation entre leurs deux pays. "Pourquoi, depuis l'inscription du tempe de Preah Vihear à liste du patrimoine mondial le 7 juillet dernier, la Thaïlande nous cherche-t-elle des noises ? [...] Si nous restons néanmoins décidés à résoudre ce différend par la voie pacifique, la Thaïlande doit cesser de formuler des protestations sans fondements juridiques !" Quant au prochain sommet de l'Asean, qui se tiendra courant décembre en Thaïlande, il n'abordera pas le conflit khméro-thaïlandais, a annoncé Hor Namhong. "A l'ordre du jour, il n'y aura que la crise financière mondiale, les négociations avec la Thaïlande se poursuivant à un niveau bilatéral", a-t-il expliqué.
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