A en croire les chefs de la diplomatie du Cambodge et de la Thaïlande, réunis en début de semaine à Siem Reap pour un nouveau round de négociations, les deux pays auraient nettement progressé sur la voie d'une résolution du conflit frontalier qui les oppose depuis le 15 juillet. Lors d'une conférence de presse conjointe donnée dans la soirée de mercredi 12 novembre, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sompong Amornvivat, s'est réjoui d'une réunion "fructueuse à 99%". "Il reste encore quelques points, mineurs, à régler, que je dois avant toutes choses soumettre à l'Assemblée nationale." Des éléments "nouveaux" qui, a-t-il expliqué, ne lui avaient pas été exposés avant la réunion et sur lesquels il ne peut pas engager sa seule responsabilité de ministre.
A sa suite, son homologue cambodgien, Hor Namhong, a bien précisé que l'accord sur lequel ont débouché ces derniers pourparlers demeurait "provisoire" dans l'attente d'un feu vert de l'Assemblée nationale thaïlandaise, mais qu'il constituait "une avancée majeure". Si les parlementaires thaïlandais ne font pas obstacle au passage de cet accord, il donnera lieu à une signature entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays et entrera alors en vigueur jusqu'à ce que les deux voisins s'entendent définitivement sur le tracé frontalier.
Entre autres décisions prises, a développé le ministre cambodgien, la promesse que le comité mixte de résolution du litige frontalier tienne réunion courant janvier 2009, de même que le groupe mixte de travail législatif mis sur pied parallèlement pour définir un véritable cadre juridique, et le lancement mi-décembre des opérations de mesurage du tracé frontalier, qui seront complétées par un déminage systématique de la zone frontalière.
"Nous nous efforcerons de résoudre en priorité les problèmes relatifs à la zone de Preah Vihear - très sensible - et réglerons ensuite les autres points de conflit", a souligné Hor Namhong, confiant que tout était désormais mis en oeuvre pour accélérer le processus menant à une résolution du contentieux et exprimant à haute voix son souhait que l'Assemblée nationale thaïlandaise valide bel et bien l'accord trouvé entre les ministres des Affaires étrangères.
Première concession faite, le retrait des forces armées de la pagode de Preah Vihear et de son proche périmètre. Le Cambodge aimerait cependant que cette démobilisation s'étende bien au-delà de cette zone tandis que la partie thaïlandaise appelle davantage à une réduction des effectifs déployés. Deuxième point sur lesquels les deux ministres se sont entendus, la création par la Thaïlande d'une "Task force" sur le modèle de celle déjà établie en juillet par le Cambodge. Au moindre problème qui surviendrait, les deux groupes prendraient contact et se rencontreraient dans les heures qui suivent, ce afin d'éviter tout incident comme il s'en est déjà produit par le passé, a mis en avant Hor Namhong. Sompong Amornvivat a assuré que son pays mettrait prochainement sur pied une telle Task force.
A nouveau, Hor Namhong a réaffirmé la volonté partagée par les deux royaumes voisins "de faire preuve de patience" et de "tout mettre en oeuvre pour résoudre ce problème pacifiquement et dans un esprit de bon voisinage". Il a cru bon de rappeler à ses compatriotes que "ce genre de conflits ne se réglait pas en un jour, et les exemples dans le monde sont nombreux pour venir confirmer cela". Il a cependant assuré que "le Cambodge n'avançait pas les yeux fermés et qu'il suivait un chemin qui puisse préserver l'amitié entre les deux pays tout en garantissant la pleine souveraineté du Cambodge" sur son territoire.
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier