Les ministres des Affaires étrangères du Cambodge et de Thaïlande se sont rencontrés lundi 13 octobre à Phnom Penh pour évoquer, essentiellement, la question du différend frontalier qui oppose leurs pays depuis le 15 juillet et s'est depuis étendu à plusieurs endroits de leur frontière commune. Cette entrevue n'a débouché sur aucune décision mais se voulait une mise au point entre les deux royaumes en vue de relancer des négociations au point mort, la Thaïlande étant secouée par une crise intérieure depuis des mois. Le chef de la diplomatie cambodgienne, dans une conférence de presse donnée à l'issue de cette entrevue, a déclaré avoir mis en garde son voisin quant à l'éclatement possible d'un conflit ouvert s'il s'entêtait à renforcer sa position militaire à la frontière.
Un calendrier de négociations proposé Le chef de la diplomatie cambodgienne, Hor Namhong, a soumis à son holomogue un calendrier de négociations bilatérales pour les mois à venir. Ainsi, une réunion doit "immédiatement" se tenir - entre le 21 et le 24 octobre à Siem Reap - entre les groupes de travail des deux royaumes qui examineront la question du redéploiement de leurs troupes encore postées dans les zones frontalières contestées par la Thaïlande. Depuis le 29 août, cette rencontre avait été reportée sine die.
Ensuite, entre le 3 et le 7 novembre, rendez-vous doit être pris au Cambodge pour la commission mixte khméro-thaïlandaise de délimitation de leur frontière terrestre en vue d'accélérer l'étude et le travail de démarcation conformément, notamment, au Protocole d'accord signé entre les deux voisins en 2000. "Aujourd'hui, 50 bornes ont déjà été mises au jour mais les deux pays ne s'entendent pas sur l'emplacement de 17 d'entre elles, et 25 autres restent encore à découvrir", a précisé le ministre cambodgien des Affaires étrangères.
Enfin, les chefs de la diplomatie des deux pays devraient se revoir le 19 ou le 20 novembre, en Thaïlande cette fois-ci, afin de jeter les bases d'un premier règlement de leur contentieux frontalier dans son ensemble, a encore suggéré Hor Namhong.
En cas d'échec de ces négociations, prévient-il, le Cambodge soumettra ce litige à un arbitrage international "en vue de résoudre le problème de manière définitive, pacifique et amicale".
Des incidents qui pourraient conduire à la guerre Hor Namhong a par ailleurs signalé avoir reçu, lors de l'entrevue avec la délégation thaïlandaise, un coup de fil du chef de l'armée cambodgienne l'avertissant d'un nouveau coup de force, ce lundi, des troupes thaïlandaises, à l'endroit même où était survenu un incident vendredi 3 octobre (dans la zone de Prorleam Intry). "Elles ont tenté de pénétrer le territoire cambodgien mais nos soldats ont réussi à les refouler. J'en ai alors informé mes interlocuteurs en leur demandant d'ordonner à leurs forces de ne plus mener de telles incursions, sans quoi ce sera la guerre, les ai-je averti! Ils m'ont dit qu'ils approuvaient mais devaient avant cela en référer à leur Assemblée nationale. [...] Nous comprenons qu'il faille attendre une décision de leur pays mais il ne faut en aucun prolonger indéfiniment cette situation", a-t-il insisté.
Son homologue thaïlandais, Sompong Amornvivat, a-t-il rapporté, lui a expliqué vouloir résoudre ce problème sur un plan bilatéral, et a fait valoir que cette situation causait des difficultés à leurs populations, et en causerait encore davantage si la Cour internationale pénale devait être saisie du dossier. "J'ai répondu qu'il fallait mettre un terme à ce conflit dans des délais raisonnables - lesquels seront déterminés par le Cambodge - mais que nous ne laisserions pas la situation s'enliser si aucune solution n'émergeait de nos négociations."
Les exigences de Phnom Penh Hor Namhong a soulevé en outre d'autres points de négociation qu'il juge primordiaux et sur lesquels il exige un engagement de son partenaire : le retrait des troupes thaïlandaises de la zone englobant les temples de Ta Moane Touch et de Ta Moane Thom, "situés sur le territoire cambodgien" (dans la province d'Oddar Meanchey), a-t-il cru bon de rappeler; le départ du temple de Ta Krabey (province d'Oddar Meanchey) des forces armées des deux pays, qui doivent dorénavant être positionnées à plus de 400 mètres de l'édifice suite à une décision prise en ce sens dimanche 12 octobre entre les chefs des deux armées; l'accélération de l'achèvement de la première étape de mise en oeuvre des mesures spécifiées dans les Termes de référence de 2003 signés par les deux pays, commencée le 6 juin 2006, et visant à identifier la location des bornes frontalières.
Selon Hor Namhong, Sompong Amornvivat aurait promis de tout faire pour que les négociations menées entre les deux pays passent à la vitesse supérieure.
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier