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Plusieurs échanges de tirs sont survenus vendredi 3 avril à la frontière khméro-thaïlandaise, non loin du temple de Preah Vihear, que la Thaïlande dispute à son voisin cambodgien. Le premier a eu lieu le matin vers 7 heures, le second, plus long, vers 14 heures. Ces incidents se sont produits au lendemain d'un accident : un soldat thaï a sauté sur une mine et perdu une jambe dans la zone "Veal Entry", située à 5-6 km du temple du XIe siècle.
Selon le porte-parole du gouvernement, Khieu Kahnarith, après un premier échange matinal de coups de feu, il a été convenu que les chefs des deux armées devaient aussitôt négocier quand, plusieurs heures plus tard, des soldats thaïlandais auraient ouvert le feu. Selon un responsable militaire cambodgien, qui souhaite s'exprimer sous couvert d'anonymat, il y aurait deux morts côté thaïlandais et des blessés. "Les Thaïlandais ont eu recours à des armes lourdes. En visant le marché de Prasat [en contrebas du temple de Preah Vihear], ils y ont mis le feu", confiait-il.
En début de soirée, Srei Dek, le général cambodgien en charge de la grande division n°3, basée à Preah Vihear, affirmait qu'il n'y aurait aucun mort à déplorer côté cambodgien et que, pour l'heure, il ignorait quel était le bilan des blessés. Il a confirmé qu'une centaine de cabanons du marché Prasat étaient partis en fumée lors de l'attaque de l'après-midi. "Pourquoi ces tirs ? La Thaïlande essaie tout simplement d'avancer un peu plus loin sur le territoire cambodgien", a-t-il expliqué.
Le conflit frontalier qui oppose les deux royaumes voisins a démarré au lendemain de l'inscription, le 7 juillet 2008, du temple de Preah Vihear à la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Une inscription qui ne s'était pas faite sans mal. La Thaïlande avait, presque à la veille de l'enregistrement, fait volte-face et retiré son soutien à la candidature du Cambodge. Bangkok revendique en effet la souveraineté sur l'édifice. Une semaine plus tard, des militaires thaïlandais étaient déployés le long de la frontière et un bras de fer commençait entre les deux camps. Dans ce climat de tension et qui plus est dans une zone encore minée, les accrochages sont inévitables. Le 15 octobre, un échange de tirs avait fait trois morts côté cambodgien. Le 18 février, la Thaïlande présentait ses excuses à son voisin pour avoir tiré des roquettes dans sa direction. L'incident de vendredi s'ajoute ainsi à la liste.
Les négociations, que les deux royaumes disent vouloir bilatérales et pacifiques, avancent à très petits pas. Le processus pour mettre un terme à ce contentieux frontalier sera long et périlleux. Sans doute prendra-t-il plusieurs années.
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier