| Un retour à la normale à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande |
| Par Duong Sokha | |
| 06-10-2008 |
Phay Siphan, nouveau secrétaire d'Etat et porte-parole du Conseil des ministres cambodgien, assure, lundi 6 octobre, que la situation est revenue à la normale à quelque 2 kilomètres du temple de Preah Vihear, où s'est produit, vendredi après-midi, un accrochage entre soldats des deux royaumes voisins.
"Nous nous sommes rendus sur place. Les responsables des deux armées se sont rencontrés samedi. La partie thaïlandaise nous a présenté des excuses pour l'incident survenu vendredi, et a reconnu que ses hommes l'avaient provoqué. A ce jour, la rencontre entre les deux Premier ministres [cambodgien et thaïlandais] prévue le 13 octobre à Phnom Penh, au Conseil des ministres à 9h30, n'est pas remise en cause. J'espère que la question frontalière sera abordée dans les discussions", explique Phay Siphan, précisant que les troupes cambodgiennes déployées à la frontière restent en poste.
Samedi, le ministère cambodgien des Affaires étrangères s'était fendu d'un courrier à l'ambassade thaïlandaise de Phnom Penh pour lui signifier son courroux. Rappelant les faits - à savoir que des soldats thaïs ont pénétré vendredi le territoire cambodgien de Phnom Trap et tiré sur des soldats cambodgiens postés dans la zone contestée de Preah Vihear, blessant un Cambodgien - il explique que les troupes cambodgiennes ont répliqué "en self-défense". Cet échange de coups de feu entre les deux camps est le premier depuis le début de la crise frontalière, qui s'est ouverte le 15 juillet entre les deux pays.
"Le gouvernement royal du Cambodge considère l'acte commis par les soldats thaïs comme une grave provocation armée", contraire aux engagements pris durant les réunions des ministres des Affaires étrangères des deux pays le 28 juillet à Siem Reap, au Cambodge, et les 18 et 19 août à Cha-am, en Thaïlande, relève le ministère.
Et le gouvernement de "protester violemment", expression écrite en lettres capitales dans le communiqué, contre cette "provocation armée déplorable et intentionnée" des soldats thaïs. Il appelle le gouvernement thaïlandais à éviter que de tels incidents se reproduisent à l'avenir, mettant en garde que ceux-ci pourraient avoir "de très graves conséquences, notamment l'ouverture d'hostilités armées généralisées qui affecteraient de manière néfaste les efforts actuels des deux gouvernements à trouver une solution pacifique et amicale des problèmes frontaliers actuels".
Par ailleurs, plusieurs associations de Cambodgiens établies à l'étranger ont lancé dimanche 5 octobre une pétition conjointe en vue de rassembler un million d'empreintes digitales de leurs compatriotes dans le but d'appeler les Nations unies et ses pays membres à revoir "la question de l'intégrité et de la souveraineté du Cambodge violée par les pays voisins", expliquent-elles dans un communiqué.
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