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En fin d'après-midi, lundi 13 octobre, c'était au tour du Premier ministre Hun Sen de rencontrer le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sompong Amornvivat, en visite à Phnom Penh. Le matin, le diplomate s'entretenait avec le chef de la diplomatie cambodgienne Hor Namhong pour s'entendre sur une reprise rapide des négociations entre leurs deux pays au sujet du contentieux frontalier qui les oppose depuis plus de trois mois.
Le matin également, des troupes armées thaïlandaises avaient tenté de forcer le passage sur le sol cambodgien. Plus tard dans la journée, a affirmé Hun Sen, ce sont 80 soldats qui ont finalement pris position sur le territoire cambodgien. "J'ai dit au ministre thaïlandais des Affaires étrangères qu'ils avaient jusqu'à demain [mardi 14 octobre], dernier délai, pour quitter les lieux! Ils violent la souveraineté cambodgienne!"
Et si ce nouveau groupe de soldats thaïs, équipés de tanks et postés à 30 mètres des soldats cambodgiens, s'aventuraient à entrer plus en profondeur, et passaient de la zone de Prorleam Intry à celle dite du "5 janvier", située à mi-chemin de la voie d'accès au temple de Preah Vihear, "j'ai prévenu le ministre que ce sera la guerre et qu'il y aura des morts!". "S'ils veulent passer, ils seront reçus par les armes. Donc j'espère que demain, ces troupes regagneront leur campement en Thaïlande", a insisté Hun Sen, qui a mis en alerte son ministre de la Défense, le chef de l'état-major et les commandants postés sur le front.
Sompong Amornvivat, a rapporté le Premier ministre cambodgien, lui a fait part des difficultés de son gouvernement et de l'obligation de soumettre toute décision aux députés thaïlandais. "Je lui ai demandé si l'incursion des forces thaïlandaises qui s'est produite aujourd'hui et celle du 15 juillet avaient été votées par l'Assemblée nationale! Je ne comprends pas pourquoi attendre! Mais en tant que voisins nous nous devons de rester calmes..."
Hun Sen a par ailleurs affirmé aux journalistes que la discussion qu'il avait eue avec le ministre thaïlandais avait été "très franche". Il lui a rappelé qu'il fallait éviter que des coups de feu soient tirés pour éviter tout affrontement armé. Il lui a également demandé de respecter les effectifs décidés dans la zone de Preah Vihear, à savoir 10 soldats de chaque camp dans la zone de la pagode et 20 soldats de chaque camp dans la zone en contrebas. "Il faut réduire le conflit et renforcer la coopération, à commencer sur le terrain", a-t-il ajouté, avant de préciser que la partie thaïlandaise avait promis ne vouloir rester qu'une nuit sur le sol cambodgien.
"Chacun des pays revendique ce territoire. Si aucune solution n'est trouvée, nous saisirons la Cour pénale internationale, une solution qui est 'raisonnable' afin que je ne sois pas accusé par la population de céder du territoire cambodgien à la Thaïlande", a tenu à souligner le chef du gouvernement cambodgien.
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier