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La saison rizicole 2008 devrait se révéler meilleure que la précédente, a estimé le ministre de l'Agriculture du Cambodge, Chan Sarun, à l'occasion d'un séminaire sur les innovations dans le domaine agricole, organisé à Phnom Penh jeudi 27 novembre.
Selon le ministre, la production de l'année 2008 s'élèverait à 6,8 millions de tonnes, soit 100 000 tonnes de plus que pour la saison 2007. Une progression que Chan Sarun explique par un accroissement des surfaces cultivées combiné à une utilisation des techniques de cultures intensives et à une amélioration des connaissances des riziculteurs cambodgiens.
Des résultats inférieurs aux projections Cette première estimation, dont le ministre de l'Agriculture cambodgien s'est publiquement réjoui, est pourtant en deçà des projections de l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et de l'Institut international de recherche rizicole (IRRI) initialement prévues pour 2008, qui tablaient sur près de 7 millions de tonnes.
"Quand les semences sont de meilleure qualité, le rendement s'en ressent et s'accroît", a relevé Chan Sarun, devant une assemblée constituée d'agriculteurs "modèles" et des organisations non gouvernementales qui les ont formés. D'après le ministre, le rendement actuel moyen s'élève à 2,614 tonnes par hectare, contre 2,49 tonnes par hectare en 2006 et 2,37 en 2007. Un taux qui demeure très inférieur à la moyenne régionale (4,21 tonnes par hectare en Asie en 2007) et reste le plus bas du Sud-Est asiatique.
Le Cambodge parvient cependant à dégager un important surplus, qui devrait s'élever cette année à 2,8 millions de tonnes de riz brut contre 2,5 l'année dernière, soit 1,8 millions de tonnes de riz décortiqué. Le gouvernement estime disposer d'une capacité d'exportation de 2 millions de tonnes de riz non décortiqué à destination des pays asiatiques mais aussi d'acheteurs de l'Union européenne et de pays arabes comme le Qatar ou le Koweït.
Pas de pénurie Aucune province ne fait face, désormais, à des pénuries de la précieuse céréale, a par ailleurs annoncé le ministre de l'Agriculture. Phnom Penh, Kep, Païlin et Koh Kong ont toutefois une production moindre, en raison de la réduction des superficies cultivées au profit d'une utilisation des terres pour des projets immobiliers.
Mieux vaut attendre... Dans son discours, Chan Sarun a conseillé aux agriculteurs de ne pas se hâter, sitôt la moisson achevée, de vendre leur riz : "Si vous mettez en vente la totalité de votre production tous en même temps, les prix vont baisser, a-t-il averti. Mieux veut attendre un peu et entreposer le riz dans les greniers, afin de bien le faire sécher. Il peut attendre deux ans sans problème, selon moi." Un argument repris par Yang Saing Koma, président du Centre d'études et de développement de l'agriculture au Cambodge (Cedac) : "Les coopératives de producteurs doivent aider à entreposer le riz et soutenir financièrement les plus pauvres en attendant de vendre leurs récoltes. C'est la condition sine qua none qui permettra de préserver la stabilité des prix de vente", a-t-il souligné.
Actuellement, le kilo de riz non décortiqué est vendu autour de 800 riels (0,2 dollars), contre 1 100 riels (0,275 dollars) en juillet 2008.
Le riz parfumé très demandé Pour Chan Sarun, les riziculteurs doivent de plus se tourner vers des productions à forte valeur ajoutée et dont la demande est croissante, tel le riz parfumé plutôt que les céréales de type "IR" à rendement élevé mais de moindre qualité. Une position que soutient également Yang Saing Koma, les riz de deuxième et de troisième catégories ayant connu, selon lui, une forte baisse tarifaire au contraire du riz parfumé de première qualité, dont le prix ne fléchit pas. Cela ne doit cependant pas détourner le Cambodge de la production de catégories de moindre qualité qui sont susceptibles de trouver des débouchés en Afrique, comme dans les pays de l'Union européenne, aux Etats-Unis et en Asie.
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