| A la lecture des quotidiens cambodgiens, jeudi 16 octobre, qui consacrent tous l'essentiel de leur édition à l'accrochage meurtrier survenu la veille entre troupes armées thaïlandaises et cambodgiennes à la frontière, un constat s'impose : la presse a, dans son ensemble, abandonné le terme "thaïlandais", préférant affubler ses voisins du surnom à connotation péjorative "Siems" (dérivé de Siam). Le ton est donné, les photos prises sur le front pléthore. Malgré tout, les journalistes s'en tiennent à un récit des faits, s'abstenant le plus souvent de faire des commentaires.
Le Rasmei Kampuchea, premier quotidien du Cambodge, affiche à sa Une une photo de soldats thaïlandais s'affairant autour d'un mortier et rapporte que ce sont eux, les "Siems", qui ont initié les hostilités. Il souligne que cette "violation du territoire cambodgien viole trois traités, pourtant reconnus par la Thaïlande". Le Koh Santepheap, deuxième plus gros tirage du Cambodge, a choisi de consacrer une pleine page intérieure aux photos de militaires des deux camps, prises dans la zone de Preah Vihear, où les affrontements armés ont eu lieu la veille, le 15 octobre, soit trois mois après le début du conflit entre les deux pays, indique-t-il en manchette. Seul commentaire apporté : "Ce qui est arrivé devait arriver !". C'est la même conclusion à laquelle arrive le Kampuchea Thmey, titre pro-gouvernemental comme les deux précédemment cités : "Si les Siems n'avaient pas déployé plus tôt des forces paramilitaires près de Veal Entry, il n'y aurait pas eu d'affrontements", écrit-il dans ses colonnes. Le ton se veut triomphant sur sa Une : "Après les affrontements, les forces cambodgiennes restent maîtres de la zone de Veal Entry !". Le Yuk Vakchun Khmer (La Voix de la jeunesse khmère), proche du Parti Norodom Ranariddh, estime quant à lui que le Cambodge ne peut pas faire éternellement preuve de patience, et note, bon royaliste, que les Thaïlandais ont lancé leur offensive le jour où le roi Sihamoni quittait le Cambodge, pour se rendre à Québec. Il souligne, comme d'autres titres, que toute activité autour des portes frontalières avec la Thaïlande a cessé peu après l'escarmouche près du temple de Preah Vihear. Enfin, le journal d'opposition Moneaksekar Khmer (La Conscience khmère), proche du Parti Sam Rainsy, rapporte que, selon une source, les forces cambodgiennes auraient "détruit deux chars d'assaut thaïlandais". Il s'applique à faire une éloge du "courage" déployé par les soldats cambodgiens pour défendre l'intégrité territoriale du Cambodge.
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier