| Le Parti de Kem Sokha accuse le gouvernement cambodgien d'exploiter l'affaire de Preah Vihear |
| Par Duong Sokha | |
| 05-01-2009 |
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Le Parti des droits de l'Homme (PDH) de Kem Sokha s'offusque dans un communiqué publié lundi 5 janvier du fait que ses trois députés aient été empêchés de se rendre au temple de Preah Vihear. Lors d'un récent séjour sur le continent nord-américain, Kem Sokha avait collecté des fonds à destination des soldats, bonzes et citoyens mobilisés à la frontière pour défendre le territoire contre d'éventuelles incursions thaïlandaises. Des dons qu'il entendait leur remettre en mains propres le 2 janvier.
Or, est-il expliqué dans le communiqué, la délégation parlementaire du PDH, bien que munie d'une lettre de mission signée par le président de l'Assemblée nationale, a été stoppée par un barrage militaire au pied de la colline au sommet de laquelle se dresse le temple inscrit il y a six mois à la liste du patrimoine mondiale.
"Cela veut donc dire que cette lettre de mission n'a aucune valeur puisqu'elle n'est pas respectée par eux [les militaires] !" Le parti d'opposition accuse le gouvernement de vouloir l'empêcher de distribuer des dons aux combattants sur le front, et de "ne pas avoir l'intention de trouver une solution" au différend frontalier qui l'oppose à la Thaïlande, "qui serve l'intérêt de la nation et soit conforme au droit international". En résumé, reprend le PDH, ce n'est là qu'un "prétexte pour exploiter la situation à des fins politiques". "Le temple de Preah Vihear appartient au peuple khmer et non pas à un individu ou à un parti ! Donc quiconque aime la nation a le droit de s'y rendre et le gouvernement doit assurer sa sécurité."
Non sans ironie, le PDH fait mine de s'interroger : si à l'Assemblée nationale, le règlement exige des députés qu'ils soient regroupés au sein d'un groupe d'au moins dix membres pour avoir droit à la parole, cette règle s'applique-t-elle aussi aux parlementaires qui veulent se rendre au temple de Preah Vihear ? "A-t-on besoin d'être dix élus ensemble pour y monter ?"
Srey Doeuk, commandant de la division 3 basée à Preah Vihear, appelé à réagir aux accusations du PDH, explique que le chemin menant au temple est actuellement fermé en raison de travaux de rénovation. "Même les simples citoyens ne sont pas autorisés à monter ! Nous avons expliqué aux élus du PDH la situation mais ils n'ont rien voulu entendre ! De plus, le sommet est désormais considéré comme une zone militaire secrète où plus personne n'a le droit d'accéder, à l'exception des ouvriers de construction."
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