| Le Cambodge va continuer d'utiliser tous les mécanismes de négociation bilatérale à sa disposition et n'a pas l'intention d'entrer en guerre contre son voisin thaïlandais, a martelé le Premier ministre Hun Sen vendredi 17 octobre, à la sortie d'une réunion du conseil des ministres. L'homme fort du Cambodge s'est voulu rassurant, estimant que la situation était "redevenue normale" le long de la frontière khméro-thaïlandaise et à proximité du temple de Preah Vihear.
"La tension a diminué après les négociations entre les commandants militaires cambodgiens et thaïlandais hier [jeudi 16 octobre], a-t-il déclaré. La réunion s'est bien déroulée et, même si les objectifs souhaités n'ont pas été atteints, nous avons au moins pu réduire les tensions armées."
"On ne peut pas parler de guerre [entre le Cambodge et la Thaïlande], a précisé le chef du gouvernement cambodgien, soulignant que, lors des échanges de tirs qui ont causé la mort de deux soldats cambodgiens, "les deux pays n'avaient pas utilisé l'artillerie lourde". "Les affrontements qui ont eu lieu sont un incident mais pas une guerre comme celles qu'a connues le Cambodge auparavant. J'ai connu les champs de bataille et ce qui vient de se passer, je peux vous dire que ce n'est pas une guerre", a déclaré Hun Sen. Interrogé sur les importants déploiements de forces armées côté thaïlandais, le Premier ministre cambodgien a affirmé ne pas être "impressionné par ces démonstrations de muscles". "La Thaïlande peut déployer ce qu'elle veut sur son territoire. C'est son droit. Mais rien n'impressionne le Cambodge. Ces armes-là [chars et lances-roquettes] n'existent pas uniquement en Thaïlande. Au Cambodge, nous avons déjà vu tout cela, avec les Américains notamment, et nous connaissons bien ces armes". Hun Sen a précisé que le Cambodge, "un pays pauvre", n'avait pas l'intention de faire à son tour de telles démonstrations de force et ne souhaitait pas recourir à de "grands moyens" militaires. "La Thaïlande compte 300 000 soldats, ce qui est normal pour une population de 60 millions d'habitants. Le Cambodge, lui, dispose de 100 000 soldats pour seulement 13 millions d'habitants", a poursuivi le chef du gouvernement, en réponse à des critiques sur la faiblesse des moyens armés du Cambodge. "La Thaïlande a les moyens qu'elle a... Mais elle ne peut pas faire la guerre". Le Premier ministre a par ailleurs estimé qu'il était trop tôt pour que ce conflit soit discuté avec des pays tiers lors de réunions internationales, telles que le prochain sommet Asie-Europe - une proposition initialement formulée par l'Indonésie tandis que la Malaisie a proposé sa médiation. "Je remercie les bonnes volontés de ces pays qui tentent de résoudre ce problème. Mais je pense que ce n'est pas encore le bon moment [...] Nous [Cambodgiens et Thaïlandais] ne sommes pas encore des ennemis qui ne pourraient plus se parler. L'incident à la frontière est quelque chose dont nous pouvons discuter." "Nous nous efforçons de continuer à faire preuve de patience et à résoudre ce problème pacifiquement, par la négociation" bilatérale, a poursuivi le Premier ministre, qui a également appelé la population cambodgienne vivant le long de la frontière thaïlandaise à entretenir "de bonnes relations avec les Thaïlandais".
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier