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Mu Sochua-Hun Sen : le Premier ministre se présente en victime, des ONG condamnent ses menaces
Par Duong Sokha, avec LLG   
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29-04-2009

Mu Sochua ©John Vink/ Magnum

Phnom Penh (Cambodge), le 24 septembre 2008. Mu Sochua, députée du Parti Sam Rainsy, lors d'une conférence de presse du Premier ministre Hun Sen à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle session parlementaire
©John Vink/ Magnum

Lors d'un discours prononcé mercredi 29 avril à Phnom Penh, le Premier ministre du Cambodge s'est présenté en victime dans l'affaire qui l'oppose à Mu Sochua, la députée du Parti Sam Rainsy qui a porté plainte contre lui pour diffamation et injures. Hun Sen a notamment rappelé à son opposante qu'il serait aisé d'obtenir la levée de son immunité parlementaire, les députés étant majoritairement affiliés au Parti du peuple cambodgien et donc acquis à la cause du chef de l'exécutif. Plusieurs organisations de la société civile cambodgienne ont vivement réagi, condamnant les pressions et menaces du pouvoir en place à l'encontre de l'opposition.


"Je suis une simple victime qui ne souhaite que me défendre devant la loi et trouver la justice", a déclaré haut et fort le Premier ministre cambodgien, devant un public d'étudiants fraîchement diplômés. Affirmant n'avoir méprisé "aucune femme", Hun Sen s'est défendu d'avoir attaqué directement Mu Sochua. Les propos qu'il a prononcés à Kampot, au début du mois d'avril, sur une femme à l'attitude "provocante" qui se serait "élancée vers un homme pour l'embrasser, à s'en faire arracher les boutons [de chemisier]", ne visait nullement la députée, a-t-il assuré...

Le Premier ministre a tenu à justifier le fait qu'à son tour il avait porté plainte contre l'élue d'opposition. "Jeudi [23 avril], elle a tenu une conférence de presse [sur cette affaire]. J'ai donc suffisamment de preuves. J'ai signé vendredi [24 avril] une plainte [contre elle] pour diffamation avant même le début de la procédure judiciaire [engagée par Mu Sochua contre Hun Sen]", a-t-il déclaré, précisant que sa plainte visait aussi l'avocat de Mu Sochua, Me Kong Sam Onn, qui était au côté de sa cliente lors de la conférence de presse. Le Premier ministre réclame à chacune des deux personnes visées dix millions de riels (2 500 dollars) de dommages et intérêts. Une somme qu'il reversera, a-t-il annoncé, aux bonnes œuvres en faveur des orphelins.

Le Premier ministre a également affirmé que si la justice demandait la suspension de son immunité parlementaire, il serait prêt à l'accepter, tout en rappelant qu'une telle procédure à son encontre aurait peu de chances d'aboutir. "Je ne crois pas que les députés du Parti du peuple cambodgien [PPC, qui dispose de 90 sièges sur 123 à l'Assemblée nationale] voteront à main levée la suspension de mon immunité. Comme pour Lok Chumteav Men Sam On [vice-Premier ministre PPC], ils ne le feront pas", a parié avec assurance Hun Sen. L'"homme fort" du Cambodge ne s'est en revanche pas privé de signaler que si la justice formulait une demande similaire à l'encontre de Mu Sochua, il serait aisé de lui donner satisfaction, le vote des deux tiers des députés étant déjà quasiment acquis.

Plusieurs organisations cambodgiennes de défense des droits de l'Homme et d'observation de la vie politique ont vivement réagi, avant même ce dernier discours du chef du gouvernement, contre la menace de levée de l'immunité parlementaire de la députée du Parti Sam Rainsy (PSR).

"Menacer arbitrairement de suspendre l'immunité de Mu Sochua, sans preuve qu'elle ait commis un quelconque crime, est un acte flagrant d'intimidation contre un député d'opposition, a dénoncé le président du Centre cambodgien des droits de l'Homme (CCHR), Ou Virak, dans un communiqué daté du 29 avril et co-signé par neuf organisations locales. Cela vise clairement à la réduire au silence et à la dissuader de faire valoir son droit légitime d'engager une poursuite pour diffamation."

Pour Kek Galabru, présidente de l'ONG de défense des droits de l'Homme Licadho, cette "menace à l'encontre de Mu Sochua est un exemple de plus de l'environnement dangereux auquel sont confrontés les parlementaires d'opposition au Cambodge". "Les députés de tous les partis doivent être libres d'exercer leur fonction, de représenter les intérêts de leurs électeurs et de s'exprimer publiquement sur des sujets d'intérêt public, sans craindre des arrestations et détentions arbitraire", a-t-elle rappelé, tandis que Yeng Virak, directeur exécutif du Centre d'éducation légale communautaire (Clec), a souligné que l'immunité parlementaire "n'est pas quelque chose que l'on peut retirer sur un coup de tête de représentants du gouvernement".

"Si l'immunité de Mu Sochua est levée, cela prouvera simplement ce qu'elle cherche à démontrer : que les députés d'opposition ne sont pas libres de faire leur travail sans craindre des intimidations et des persécutions", commente encore Koul Panha, directeur du Comité pour des élections justes et libres au Cambodge (Comfrel). Thida Khus, directrice exécutive de l'organisation Silaka regrette quant à elle une "menace [...] doublement triste [...] contre l'une des rares femmes politiques actives dans un pays où les voix des femmes sont fréquemment étouffées et ignorées".

Contactée par Ka-set, l'élue PSR de Kampot, Mu Sochua, a simplement indiqué qu'elle entendait laisser la justice juger cette affaire et qu'elle accueillerait avec bienveillance une éventuelle demande de suspension de son immunité parlementaire de la part des autorités judiciaires. "Je fais confiance à la volonté des députés, de tous les partis, et respecterai leur décision", a-t-elle promis. Son défenseur Kong Sam Onn a expliqué quant à lui n'avoir agi que dans le cadre de sa profession d'avocat et a nié avoir tenu des propos diffamatoires à l'égard du Premier ministre cambodgien. 

 


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5 Commentaire
Par Anonyme 2009-04-30 01:05:10
Il y en a qui vit encore au Moyen-âge et qui croit comme fer que "la raison du plus fort est toujours la meilleure"! Et vous les députés du PPC, est-ce que c'est cela votre justice sociale? Est-ce que c'est cela votre idéal de société? Au moins c'est ce que lui a laissé entendre. Quelle honte et très triste pour le Cambodge!
[anonyme svp]
Par Reastr neou Tê Yum! 2009-04-30 06:20:22
Cela me dépasse, comme attitude d'un homme d'état! (à moins qu'il s'en fouterait!)
Mais quand le lion fait semblant de rentrer ses griffes n'aurait-t-il pas assez mangé ou pourquoi fait-il ses "rots"?
Faudrait-il attribuer ce signe ou cette intelligence à une débilité incurable ayant pour origine le bruit des explosion de Napalm US, des tirs de RPD ou 122mm ou déception quelconque?
Ou encore simplement parce que la vie trop facile?
Ce sont tous les séquelles nées du polpotisme comme DUCH, devenu un assez "célèbrement funeste" maître tortionnaire par le fait d'avoir été emprisonné et torturé par les agents d'état de Sangkum des année 68! Combien d'autres cas existeraient-ils au Cambodge, voire dans le GRC?
Le "reastr" avoue que ça ne doit pas être marrant!
Comme le corrompu ne pourra jamais exister sans le corrupteur, que veut-il de plus le peuple?
Par Anonyme 2009-05-02 04:20:31
Madame, Monsieur,

je ne suis pas d'accord pour le premier ministre ou d'autres hommes khmers qui trouvent que les femmes khmers sont provocantes. Non, pas du tout elles portent le chemisier, c'est très modeste pour moi par rapport aux femmes dans le pays développés. elles sont très sexy mais ce ne veut dire qu'elles veulent embrasser les hommes mais pour être bien dans leur peau, être confiantes en elles et être agréables à regarder. Les hommes khmers ont peurs si les femmes sont sexy car ils veux que les femme khmers soumissent à leur pouvoir. ils critiquent les femmes pour qu'elles soient déstabilisées et hésitent de travailler avec eux.
A mon avis, Il faut que les femmes khmers maquillent bien le matin avant d'aller au travail ou à la maison. Si on laisse tomber notre corps, personne ne nous aime même le mari, après ils sortent le soir pour leur plaisir. Et voilà. Ensuite ils peuvent transmettre les maladies à leurs femmes.
Par ky 2009-05-02 16:13:05
Un chef du gouvernement en exercice actuellement au Cambodge assigné en justice par une députée de l'opposition,formation politique qui plus est très minoritaire au pays, on n'a jamais vu çà, ni sous LON NOL , ni sous POL POT.

C'est un signe positif et encourageant pour tout le monde que le Cambodge va dans le bon sens en matière de construction de l'Etat de Droit même s'il y a des gens qui trouvent que çà va pas assez vite.

Je dis bravo à M. Hun Sen .

Mais je pense que, sauf exception, Madame la députée sera déboutée de sa demande et sera condamnée à verser au premier Ministre 1 Riel de dommage et intérêt pour disons ...procédure abusive.
Par Un lyceen 2009-05-08 00:09:37
Mes aines, vous vous trompez! J'ai ecoute le discours du Premier Ministre a ce jour-la, il a dit qu'il n'y a qu'une femme forte a l'attitude provocante. Donc cela n'exprime pas que tous les femmes sont provocantes. En plus, cette deputee ne peux pas etre representante des femmes khmeres.
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