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 Phnom Penh, 11 avril 2008. Un incendie a ravagé la communauté de Trapeang Chhoup © John Vink / Magnum
Voir aussi dans K7Media : Diaporama sonore "Incendie Eau Claire" (fichier Flashplayer - 3,2Mo)
Un incendie s'est déclaré à l'aube vendredi 11 avril dans trois villages du quartier de Toeuk Thla ("Eau claire"), devant l'hôpital Kossamak, dans l'arrondissement phnompenhois de Russey Kéo. Les maisons de plusieurs centaines de familles de ce quartier situé à l'ouest de Phnom Penh sont parties en fumée. Aucune victime n'est à déplorer. Les pompiers ont mis plusieurs heures avant de maîtriser les flammes, gênés dans leur travail par la densité des constructions que seules des venelles séparent.
Les autorités enquêtent sur l'origine de l'incendie mais, selon plusieurs habitants, le feu aurait démarré d'une maison de passes. De jeunes clients insatisfaits d'une séance de "grattage" (koh kchol) auraient mis le feu à l'établissement.
La municipalité réfléchit actuellement où reloger « provisoirement » ces habitants, précise le vice-gouverneur de Phnom Penh Man Sarin, et entend reconstruire ce quartier de manière « moins anarchique ». A la question de savoir si les familles pourront revenir s'y installer, il répond que seules celles munies de « documents officiels » le pourront. Il semble qu'une majorité de ces habitants ne soient que des locataires... Et selon le chef du quartier, les autorités n'ont jamais délivré de titres fonciers, bien que de rares habitants clamaient, sur les décombres de leurs maisons, en posséder.
© John Vink / Magnum Mme Proum Sopheak, les yeux rougis, quelques maigres biens à la main, attend penaude sur le bord de la route. "Je dormais avec ma fille quand le feu a commencé. Vu les passages étroits entre les maisons, il était impossible de sauver beaucoup d'affaires", bredouille-t-elle avec difficulté. Un peu plus loin, une octogénaire fouille les décombres de sa maison. Son fils a bien tenté de soudoyer les pompiers pour que leur eau tombe sur leur maison mais aussitôt l'argent empoché, ils se sont fait appeler par des plus fortunés, déplore-t-elle.
Comme lors de chaque incendie, les victimes se plaignent de la corruption des pompiers qui n'arrosent les maisons que des plus offrants. "On entend ces reproches contre les pompiers depuis le Sangkum !, se défend Sok Vannara, chef adjoint du bureau des incendies de Phnom Penh. On ne peut pas être sur tous les feux ! L'accès à ce genre de quartiers est en plus difficile et puis, nous ne sommes pas assez nombreux."
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