|
L'avocat cambodgien de Ieng Sary réclame des pauses toutes les 90 minutes pour son client "fatigué" |
|
|
|
|
Par Chheang Bopha
|
|
08-05-2008 |
La Chambre préliminaire des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) a fixé l'audience de l'ancien chef khmer rouge de la diplomatie Ieng Sary au 30 juin, au cours de laquelle sera examiné l'appel contre son ordonnance de mise en détention provisoire. Elle sera ouverte au public. Me Ang Udom, le co-avocat cambdgien de Ieng Sary, inquiet de l'état de santé de son client, expliquait jeudi 8 mai que celui-ci ne pourrait certainement pas participer à l'audience, ou alors sous certaines conditions : "Il ne peut pas rester assis plus d'une heure et demi sans quoi il a mal au dos". Et le défenseur de laisser entendre qu'il solliciterait auprès de la cour des pauses toutes les 90 minutes pour respecter l'état de son client.
Le 13 mars dernier, les co-avocats de Ieng Sary avaient demandé l'hospitalisation de leur client, le temps qu'il se rétablisse. "Il est de plus en plus faible ; il a déjà perdu 8 kilos depuis son arrestation par les CETC [le 12 novembre 2007]. S'il pouvait être pris en charge dans un hôpital, il pourrait se remettre sur pied et se présenter sans difficulté à l'audience. Mais toutes nos demandes en ce sens ont été rejetées", regrette Me Ang Udom. Depuis son incarcération au centre de détention des CETC, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Pol Pot a déjà été admis sept fois à l'hôpital, rappelle l'avocat, qui précise que son client souffre de problèmes cardiaques, rénaux et de dos.
Enfin, Me Ang Udom précise que son client s'est, "jusque-là", abstenu de répondre aux questions des co-juges d'instruction. "Peut-être ne voudra-t-il jamais parler de ses activités passées... jusqu'à la fin de la procédure ?", s'interroge le défenseur.
Par ailleurs, la Chambre préliminaire a décidé mardi 6 mai d'annuler la tenue d'une audience à huis clos pour Nuon Chea (dit Frère n°2), prévue le 20 mai. Avec l'accord de la défense, cet appel sera examiné sur la base de propositions écrites, a-t-elle statué. L'avocat cambodgien de Nuon Chea, Me Son Arun, avait alerté la Chambre préliminaire qu'aucun de ses collègues internationaux ne pouvait assister à cette audience, et suggérait que l'échange des points de vue se fasse à l'écrit. |