Kambol (Phnom Penh), 23 avril 2008. Khieu Samphan devant les Chambres préléminaires des CETC © John Vink / Magnum
Voir aussi dans K7Media, "Parole à la défense", un diaporama sonore sur l'intervention de Me Jacques Vergès après la première comparution de son client, Khieu Samphan, le 23 avril 2008 (par John Vink / Magnum)
La Chambre préliminaire du tribunal pour juger les dirigeants khmers rouges a décidé le report de l'audience consécutive à l'appel déposé par les avocats de l'ancien président du régime khmer rouge contre l'ordonnance de sa mise en détention provisoire. Cette audience a marqué l'entrée en scène du tumultueux Me Vergès, qui a connu son client dans les milieux marxistes de la France des années 50.
A la suite de cette séance qui se tenait mercredi 23 avril en huis clos, l'avocat français a expliqué s'être abstenu de parler, expliquant aux juges qu'il n'avait pas accès au dossier. "J'ai souligné devant le tribunal que la défense de M. Khieu Samphan n'était pas possible pour une raison simple : 16 000 pages d'accusation en anglais contre lui n'étaient pas traduites en français. Or le français est une langue officielle du tribunal. [...] Je leur ai fait remarquer que c'était une nullité de cette procédure. Le tribunal n'a pas pu contester." Kambol (Phnom Penh), 23 avril 2008. Me Jacques Vergès, avocat de la défense, lors de la conférence de presse suivant la première comparution de Khieu Samphan© John Vink / Magnum Me Vergès s'est également offusqué qu'il ait été demandé à son client de changer d'avocat. "C'est un scandale ! J'ai cinquante ans de barreau et c'est la première fois que je vois une telle requête. [...] La robe que je porte n'est pas celle d'un coursier [...]. Vous comprenez que je sois non pas en colère mais ému, indigné." Il a promis de saisir la Commission des droits de l'Homme de l'Onu sur ce point, ajoutant qu'il ne manquerait pas également d'avertir les autorités françaises "pour leur dire le mépris avec lequel le français est traité devant ce tribunal."
Du côté des co-procureurs, on souligne que le confrère de Me Vergès est Cambodgien, et parfaitement francophone, et peut donc lui servir de traducteur. D'ailleurs, font-ils valoir, les mémoires envoyés par la défense étaient signés des deux co-avocats, ce qui signifie, selon eux, que Jacques vergès "comprend la procédure". Quant au problème de traduction des documents en français, ont-ils expliqué, il est à imputer à un budget insuffisant pour mener de telles traductions dans les temps voulus.
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