|
A l'occasion du 13e Forum "Gouvernement - Secteur privé" organisé mercredi matin 23 avril au Palais du gouvernement, le Premier ministre du Cambodge Hun Sen a présenté une batterie de mesures censées aider à lutter contre l'inflation.
Au cours d'une allocution qui a duré plus de quatre heures et a porté essentiellement sur la question de la hausse des prix, le chef du gouvernement a tout d'abord annoncé, en réponse aux demandes de groupes de travail composés d'entrepreneurs et de représentants du gouvernement, l'exemption de taxes douanières sur les importations de produits agricoles et destinés à l'agroindustrie. A cette décision, adoptée le 11 avril, s'ajoute la prise en charge par le gouvernement de l'intégralité du montant de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur ces mêmes produits, aussi bien des machines agricoles que des composants de l'alimentation animale.
Le Premier ministre a aussi rendu publique une autre décision prise le 11 avril concernant l'exemption totale de taxes d'importation sur les matières premières plastiques et métalliques et un abaissement de 35% à 7% des tarifs douaniers sur les importations de "produits chimiques organiques" (vitamines, hormones et éthanol).
Après avoir dressé un inventaire des causes, selon lui, de l'inflation (hausse des cours du pétrole, augmentation de la demande de biens et de produits alimentaires, forte croissance économique au niveau national et régional, détournement des produits agricoles vers la production de biocarburants, ralentissement de la production agricole par rapport aux besoins et dévaluation du dollar), Hun Sen a présenté les "recommandations et mesures futures" que devront prendre conjointement la Banque nationale du Cambodge et le gouvernement.
Parmi les mesures monétaires, il est prévu notamment d'augmenter la part de capital requis pour les banques commerciales de 8 à 16%, afin de limiter l'approvisionnement monétaire sur le marché et les crédits au secteur privé ; de réduire et contrôler les prêts dans des secteurs "à haut risque", tel que l'immobilier ; et d'engager progressivement et "prudemment", une politique de dédollarisation.
Sur le plan fiscal, parallèlement aux dédouanements des produits agricoles, le gouvernement envisage, entre autres, de réduire les taxes sur d'autres biens de première nécessité et inversement, d'augmenter celles sur des "produits de luxe", tels que "les voitures, l'alcool, les cosmétiques et autres produits non nécessaires". |