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17 avril 1975 : le PSR se souvient... et fait campagne
Par Duong Sokha   
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17-04-2008

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Choeung Ek (Phnom Penh), 17 avril 2008. Commémoration de la prise
de Phnom Penh par les Khmers Rouges
© John Vink / Magnum

Comme chaque année, le Parti Sam Rainsy a organisé à Choeung Ek (en périphérie de Phnom Penh), un charnier reconverti en mémorial, une cérémonie de commémoration de la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges, trente-trois ans après ce fatidique 17 avril. Plus de 800 personnes, militants d'opposition et simples survivants, ont participé jeudi 17 avril à ce rassemblement qui a pris des airs de campagne électorale.

Ne pas oublier
Le maître de cérémonie, l'élu PSR de Phnom Penh, Ho Vann, a rappelé que toutes les familles cambodgiennes avaient été endeuillées sous le régime khmer rouge, et combien il était important d'entretenir cette mémoire. Tout d'abord pour rendre hommage aux 1,7 millions de victimes, ensuite pour attirer l'attention sur le tribunal mis en place pour juger les anciens affidés de Pol Pot et autres criminels qui ont sévi sous son règne, et enfin éveiller les consciences de la jeune génération pour qu'un tel drame ne se reproduise pas.

Des survivants témoignent
Dans ce lieu hautement symbolique qu'est Choeung Ek, plusieurs rescapés ont pris la parole pour exprimer leur colère et appeler le tribunal à juger au plus vite les cinq figures de premier plan déjà en détention provisoire.

"Sur douze enfants, les Khmers rouges m'en ont pris onze ! Plus mon mari, qu'ils ont enrôlé de force et que je n'ai jamais revu. Je demande au tribunal de condamner les Pol Pot, Ieng Sary et autres Khieu Samphan !", a appelé Mme Try Kimhorn, dont la colère n'a rien perdu en intensité au fil des années.

 

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© John Vink / Magnum


M. Tep Bunly lui a succédé au micro. Il a expliqué avoir perdu toute sa fratrie ainsi que ses neveux et nièces. "Soit au total une quarantaine de personnes ! Alors je ne peux que m'indigner quand je vois les anciens responsables khmers rouges demander à être remis en liberté provisoire !"

Sam Rainsy en campagne
Après avoir souligné que le tribunal est une course contre la montre - "le tribunal doit juger au plus vite les anciens cadres khmers rouges avant qu'ils ne meurent" - Sam Rainsy a appelé les participants à voter pour son parti aux législatives du 27 juillet. Le leader de l'opposition s'est également offert à la tribune une petite diatribe dans laquelle il n'a pas manqué d'égratigner ses rivaux : le PPC, le Funcinpec et le Parti des droits de l'Homme de Kem Sokha.

Une récupération politique ?
Bien en retrait de la manifestation, Mme Chanthol se dit agacée par la récupération politique faite de cet événement. "Je suis venue pour me recueillir car la vie de plusieurs de mes proches s'est achevée là, à Choeung Ek. Mais je ne suis pas intéressée par les discours politiques."

Reach Sambath, porte-parole des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, tient à clarifier la situation : "Le tribunal n'est pas un parti politique. S'il s'agit d'un appel à caractère politique, nous ne ferons pas de commentaires car le tribunal est indépendant. La politique ne doit pas s'immiscer dans ces affaires. Mais si c'est un appel émanant des victimes, nous le saluons."