|
Le différend entre le Premier ministre du Cambodge Hun Sen et le ministre des Affaires étrangères thaïlandais Kasit Piromya, le premier reprochant au second de l'avoir "injurié" lors de débats parlementaires en Thaïlande, n'est dû qu'à un "malencontreux problème d'interprétation" et de traduction, selon une lettre d'excuse envoyée par le diplomate thaïlandais le 1er avril au chef du gouvernement cambodgien.
D'après le chef de la diplomatie thaïlandaise, le mot thaï qu'il a utilisé pour décrire le Premier ministre du Cambodge, "Nak Leng", "signifie une personne qui a un cœur de lion, un gentleman courageux et magnanime", et non "un homme gentil au cœur de gangster" selon la traduction d'une cellule de veille du Conseil des ministres cambodgien qui avait déclenché cet incident diplomatique.
Ce "Cœur de lion" était donc "une expression de l'appréciation et du respect que je porte à Votre Excellence", écrit Kasit Piromya à "Samdech Techo le Premier ministre" Hun Sen, le priant de bien vouloir "accepter [ses] profondes excuses pour un aussi malheureux incident, source involontaire de malentendu".
Des excuses auxquelles le Premier ministre cambodgien a répondu ainsi : "J’ai reçu la lettre de son Excellence datée du 1er avril destinée à me présenter des excuses sur l’utilisation de termes qui portent atteinte à mon honneur et à ma dignité lors d’un débat à l’Assemblée thaïlandaise. Les Cambodgiens qui me soutiennent et m’ont élu, ainsi que moi-même sommes apaisés après avoir vu la lettre d’excuses de son excellence. Nous croyons sérieusement que les relations entre son excellence et moi-même ainsi que celles de nos deux pays sont meilleures aujourd’hui et à l’avenir. Par la lettre de son excellence et la mienne, je montre à son excellence notre point commun : il vaut mieux se lier d’amitié que se faire ennemis".
Dans un communiqué diffusé également le 1er avril sur le site du ministère des Affaires étrangères de Thaïlande, le porte-parole de la diplomatie thaïlandaise Tharit Charungvat livre quelques précisions supplémentaires : "En thaï, le mot 'Nak Leng' [...] a plusieurs significatons, notamment, parmi d'autres, un dur, une personne au grand-cœur, endurante [...]. Quand le ministre des Affaires étrangères a combiné ce mot avec le terme 'Suparb Burut', qui signifie gentleman, pour faire l'expression 'Suparb Burut Jai Nak Leng', cela montre clairement qu'il voulait dire que Son Excellence Samdech Hun Sen est 'un gentleman' ('Suparb Burut') au 'grand cœur' ('Jai Nak Leng') ou un 'gentleman sportif'. Tout Thaïlandais, si on lui demandait ce que 'Suparb Burut Jai Nak Leng' signifie, serait d'accord pour dire que ce terme est un compliment", détaille le diplomate.
La veille de la publication de ce communiqué, le Premier ministre cambodgien s'était emporté contre les propos "inconvenants" de Kasit Piromya. Hun Sen avait, par la même occasion, souligné que Thaksin Shinawatra, l'ancien Premier ministre thaïlandais renversé par un putsch militaire en septembre 2006 et aujourd'hui dans le camps adverse du pouvoir en place en Thaïlande, était toujours son "ami".
Egalement sur Ka-set - Hun Sen réplique au ministre des Affaires étrangères thaïlandais et promet de "frapper" (01-04-2009)
|
Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier