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Quelques mois à peine après avoir été confirmé dans ses fonctions de Premier ministre du Cambodge, Hun Sen a déclaré qu'il serait de nouveau candidat à ce poste en 2013, puis en 2018.
Dans son discours d'ouverture du forum du développement et de coopération du Cambodge, qui réunit le gouvernement et les pays donateurs, mercredi 3 décembre à Phnom Penh, le Premier ministre cambodgien a souligné qu'il ne serait âgé "que de 61 ans" en 2013 et pourrait donc parfaitement se maintenir au pouvoir, porté par le Parti du peuple cambodgien (PPC). "Même si le PPC perd dix sièges [aux élections de 2013], il lui restera encore 80 sièges. Et en 2018, s'il perd de nouveau dix sièges, il en conservera 70. Nous gagnerons donc !", a-t-il anticipé.
Hun Sen est également revenu sur ses vingt-quatre années passées à la tête du gouvernement du royaume, s'estimant aujourd'hui bien plus à l'aise que lors des trois précédents mandats, durant lesquels il était contraint de partager le pouvoir au sein d'une coalition gouvernementale. "Je me considère comme un prisonnier que l'on vient de libérer", s'est-il exclamé.
"L'homme fort" du Cambodge a évoqué la "situation budgétaire difficile" dans laquelle se trouvait le pays vingt ans auparavant, "endetté", "contraint d'émettre des nouveaux billets", "obligé d'emprunter aux banques" et parfois incapable de payer à temps ses fonctionnaires. "En ce temps-là, nous n'avions que 10 riels en poche et nous nous endettions de 500 riels. Aujourd'hui, nous avons 1 000 riels et une petite dette de seulement 10 riels", a-t-il expliqué, pour mieux mettre en valeur son bilan.
Sur le plan budgétaire, le chef du gouvernement a pris trois engagements : ne pas faire "exploser" l'enveloppe budgétaire ; ne pas faire fonctionner la planche à billets ; et ne pas emprunter auprès des banques.
Hun Sen s'est ensuite félicité d'avoir pu augmenter les traitements des fonctionnaires de 5%, puis de 10%, avant de se présenter en bon économe, promettant de "ne pas acheter de voitures aux ministres" et de "garder cet argent pour développer des infrastructures" dans l'éducation, l'agriculture, l'irrigation... De même, il a affirmé s'être opposé à ce que l'Etat cambodgien finance la construction du nouveau bâtiment du Conseil des ministres, qui devrait coûter entre 20 et 30 millions de dollars. Une facture qui sera finalement réglée par... la Chine.
Enfin, Hun Sen a conclu en déclarant qu'il lui restait "encore une chose à vivre" en tant que chef du gouvernement : "être un Premier ministre qui donne de l'argent aux pays étrangers comme le font la Chine, la Corée ou le Japon". "Au moins, aujourd'hui, nous envoyons des démineurs à l'étranger. Mais si nous avions de l'argent, j'en donnerais plus que le Japon pour atteindre le seuil de 0,7% du PIB [somme que les pays donateurs se sont engagés à plusieurs reprises à consacrer à l'aide au développement]. Je suis bien conscient cependant que nous ne pouvons pas le faire..." |