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Un enquêteur de l'ONG de défense des droits de l'Homme Licadho rapportait mardi 18 novembre, sous couvert d'anonymat, qu'environ trois cents familles avaient été expulsées manu militari la veille en fin d'après-midi, du district de Chhouk, situé à Anlong Krom, dans la province de Kampot. Des expulsions qui se sont terminées mardi, par la destruction de la totalité des cabanes en bois occupées par des Cambodgiens qui vivaient déjà dans des conditions extrêmement précaires. La force mixte chargée de cette offensive, composée d'une centaine de soldats du 31e bataillon d'infanterie des forces de l'armée royale du Cambodge, de policiers militaires et de personnes appartenant à l'unité de protection des forêts, a ordonné aux habitants de quitter les lieux dans la soirée. A l'issue de ces évictions, cinq personnes ont été blessées, dont trois gravement, et conduites à l'hôpital par la Licadho, alertée par un habitant du village qui appelait pour signaler qu'une centaine de maisons étaient en train de brûler. Selon l'ONG, ce n'est pas la première fois que le 31e bataillon d'infanterie s'attaque aux habitants du district de Chhouk, qui s'étend sur une dizaine d'hectares. Depuis le début de l'année, cette brigade a plusieurs fois tenté de prendre le contrôle de terrains situés autour d'Anlong Krom et aux environs du village de Chey Sena. En avril, un affrontement avec les villageois avaient provoqué plusieurs tirs armés tandis qu'en juin, 200 familles avaient été expulsées dans la même zone. A chaque fois, les autorités arguent que ces personnes sont établies sur des réserves forestières protégées et bloquent le passage des organismes de défense des droits de l'Homme. "La situation continue d'empirer de jour en jour, il faut absolument agir avant que d'autres villageois ne soient blessés ou tués, a déclaré la présidente de la Licadho, Kek Galabru. Personne ne devrait jamais utiliser d'armes contre des civils ni bloquer les accès aux ONG."
La Licadho appelle à la suspension immédiate des expulsions tant que les dossiers des familles n'ont pas été étudiés. En effet, selon la loi, quiconque vivant sur un terrain depuis au moins cinq ans devrait avoir un droit de propriété dessus. Elle demande également la levée des barrages coupant l'accès à cette zone.
"Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, nous répond Thlang Thearin, le commissaire de la police de Kampot. Je n'ai pas encore reçu de rapport mais ces gens se sont installés là illégalement, certains ont même coupé des arbres !" Prom Veasna, l'inspecteur du district de Chhouk, a déclaré quant à lui qu'il n'était pas là au moment des faits car il s'occupait alors de la sécurité du Premier ministre Hun Sen, qui devait se déplacer hier à Kampot pour une cérémonie finalement annulée à cause du mauvais temps.
En attendant, des centaines de personnes n'ont trouvé de refuges que sous les arbres, l'Etat ne leur ayant proposé encore aucune solution.
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