Phnom Penh (Cambodge), le 30 avril 2009. Les huit dernières familles refusant de quitter leur logement situé dans l'enceinte du lycée Descartes protestent devant l'Ambassade de France ©Vandy Rattana Des familles cambodgiennes installées depuis plusieurs années dans un bâtiment situé dans l'enceinte du lycée français de Phnom Penh René Descartes refusent toujours de quitter les lieux, exigeant des indemnités supérieures à celles jusque-là proposées par le gouvernement cambodgien contre leur départ. Après la manifestation organisée par une une trentaine de lycéens cambodgiens et français devant leur établissement le 9 avril, en faveur du droit au logement des 37 familles menacées d'expulsion, la majorité de celles-ci ont, une à une, consenti à déménager contre des indemnités initialement fixées, selon la superficie de leur logement, entre 5 000 et 10 000 dollars, ainsi qu'un terrain de 4 mètres sur 4 dans le quartier de Stung Meanchey. Mais huit d'entre elles résistent encore et l'ont fait savoir devant le bâtiment de l'ambassade de France au Cambodge, jeudi 30 avril.
Alors que mercredi 29 avril, au terme d'une rencontre à la municipalité de Phmom Penh avec le secrétaire d'Etat et porte-parole du Conseil des ministres, Phay Siphan, et le vice-gouverneur de la capitale, Mann Choeurn, seize des vingt-quatre dernières familles résidant dans l'enceinte du lycée Descartes finissaient par accepter l'ultime proposition des autorités cambodgiennes de leur verser des compensations de 8 000 à 15 000 dollars, selon la superficie de leur logement actuel et selon qu'elles souhaitaient ou non recevoir le terrain proposé dans le quartier de Stung Meanchey, huit représentants d'autant de familles se rassemblaient dès le lendemain, jeudi 30 avril, devant l'Ambassade de France à Phnom Penh, pour manifester leur désaccord et faire signer une pétition appelant à l'intervention du gouvernement français en leur faveur. Devant l'entrée principale de l'Ambassade, les protestataires ont dressé trois banderoles sur lesquelles étaient inscrits, en khmer, les messages suivants : "Amitié entre le Cambodge et la France = justice pour le peuple", "Vous avez besoin d'école, nous avons besoin de logement" et "Nous soutenons la politique du gouvernement royal du Cambodge pour remettre l'ancien institut des affaires [Institut national des affaires, dont le lycée Descartes a récupéré les locaux dans le centre de Phnom Penh] à l'Ambassade française, mais nous vous prions de nous aider à trouver un logement convenable". "Hier [mercredi 29 avril], seize familles ont accepté [les compensations] parce que la municipalité de Phnom Penh leur a dit qu'il s'agissait d'un ordre du Premier ministre [Hun Sen]. On leur a dit que ce dossier allait être envoyé au vice-Premier ministre Sok An pour lui demander ses recommandations en vue de lancer une action judiciaire contre les habitants. Ils ont alors eu peur du système judiciaire", dénonçait l'un des manifestants, Kim Vicheth. "Dans ma famille, nous sommes une dizaine. Le gouvernement nous offre 10 000 dollars d'indemnités. Avec cela, nous ne pouvons pas acheter une maison convenable. Nous sommes donc venus à l'Ambassade de France pour solliciter son intervention, que ce soit humainement ou financièrement. Nous espérons qu'elle pourra nous aider", expliquait le jeune homme, accompagné de son père, aux journalistes. Pour pouvoir loger l'ensemble des membres de sa famille dans des conditions identiques à celles de leur appartement actuel, Kim Vicheth réclame des compensations quatre fois plus conséquentes que celles proposées par l'Etat : un terrain de 8x16m et une somme de 40 000 dollars. Les manifestants ont ensuite bien remis à des représentants de l'Ambassade de France au Cambodge la pétition adressée à l'ambassadeur Jean-François Desmazières. Les diplomates français se sont toutefois gardés de prendre un quelconque engagement vis-à-vis des représentants de ces familles. Contacté par Ka-set, le vice-gouverneur de Phnom Penh, Mann Chhoeurn, soulignait de son côté que les familles qui avaient accepté de partir avaient bien reçu, dès ce jeudi 30 avril, les sommes correspondant aux indemnités promises, "sur un compte de la banque Acleda", afin de leur permettre d'acquérir dès à présent un nouveau logement. Concernant les dernières familles, le représentant de la municipalité n'a pas souhaité s'étendre : "Il s'agit de leur droit [de manifester], mais ils en partiront". "L'objectif des gouvernements français et cambodgien est de former les ressources humaines, par le biais de cette école, dans l'avenir", a commenté le haut fonctionnaire cambodgien. Les autorités cambodgiennes auront en tout cas certainement à cœur de voir cette affaire réglée avant la visite en France, prévue fin mai... du chef du gouvernement cambodgien, Hun Sen.
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