| Lutte contre le trafic d'êtres humains : le Cambodge mieux noté par les Américains |
| Par Stephanie Gee | |
| 05-06-2008 |
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Le Cambodge progresse dans la liste établie pour la huitième année consécutive par le Département d'Etat américain, qui classe 170 pays du monde en fonction de leurs efforts en matière de lutte contre le trafic d'êtres humains et qui a jeudi 5 juin publié son rapport. Bloqué dans la "catégorie 2 sous surveillance" depuis 2006, le royaume se hisse en 2008 à la "catégorie 2", sans plus de réserves émises. Depuis 2004, il n'avait pas connu tel rang, ayant même été rétrogradé en 2005 à la critique catégorie 3.
Cette bonne notation a été annoncée dans une conférence conjointe du ministère cambodgien de l'Intérieur et de l'ambassade américaine. Elle est justifiée, explique le Département d'Etat américain, par les "efforts significatifs" déployés par le gouvernement cambodgien en la matière. La création l'an dernier d'une Task Force nationale de lutte antitrafficking, l'adoption en février 2008 d'une nouvelle loi sur la suppression des trafics d'êtres humains et de l'exploitation sexuelle à but commercial ou encore les déclarations de hauts fonctionnaires du gouvernement assurant appliquer dorénavant une politique de "tolérance zéro" à l'égard des hauts fonctionnaires impliqués dans le trafic d'êtres humains ont nettement pesé dans la décision des Etats-Unis de faire passer dans la catégorie supérieure le Cambodge. De même que l'ordre donné par le Premier ministre Hun Sen en février 2008 au ministère du Commerce d'annuler les licences commerciales aux agences matrimoniales, commerce qu'il a qualifié de "forme de trafic d'êtres humains".
Le rapport commandé par le Congrès américain appelle toutefois le Cambodge à poursuivre l'application de l'arsenal législatif en matière de lutte contre le trafic de personnes et à améliorer le nombre de poursuites judiciaires et de condamnations d'auteurs de tels crimes.
Il est noté dans le rapport que "le gouvernement n'a pas fourni de statistiques fiables en matière de mises en examen". Le ministère de l'Intérieur a fait état de 53 plaintes pour trafic d'êtres humains entre avril 2007 et mars 2008. Le rapport salue cependant la vaste campagne d'information sur le sujet mené parles autorités cambodgiennes en début d'année.
Le bon classement du Cambodge intervient au lendemain d'une conférence de presse menée par une centaine de prostitués qui ont tenu à dénoncer les violences physiques et sexuelles dont ils se disent victimes de la part des policiers, notamment depuis l'adoption de la nouvelle loi contre le trafic d'êtres humains qu'ils n'ont pas manqué de dénoncer.
Depuis cette date, les coups de filet se multiplient dans les maisons de passes comme sur la voie publique, les prostitués étant emmenés dans un centre de réinsertion en périphérie de la capitale Phnom Penh où ils disent subir des sévices.
Le ministre de l'Intérieur Sar Kheng ne s'est guère prononcé sur le sujet, poussé à le faire par des journalistes, affirmant qu'une enquête allait être menée, que les arrestations ne concernaient que de petits groupes et que la police ne faisait qu'appliquer la loi.
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Par hachem
Par Achey
Par Ben du Cambodge