Le porte-parole du Conseil des ministres du Cambodge en charge du dossier de Preah Vihear, Phay Siphann, s'est déclaré "prêt à recevoir la déclaration officielle" du Comité du patrimoine mondial concernant le classement du temple hindouïste cambodgien, malgré l'injonction de la cour administrative thaïlandaise au gouvernement thaïlandais de suspendre tout soutien en faveur de ce dossier.
"Nous ne rétorquons pas à ce qui se passe en Thaïlande. Nous avons déjà fait connaître notre position. Nous avons accompli notre devoir en envoyant notre rapport sur la conservation de Preah Vihear et un nouveau plan du temple", affirmait lundi 30 juin par téléphone Phay Siphann, précisant qu'il ne préférait pas commenter les derniers événements en Thaïlande sur ce dossier.
Samedi 28 juin, neuf juges sur douze de la cour administrative thaïlandaise ont estimé que le gouvernement thaïlandais ne pouvait soutenir le dossier cambodgien d'inscription de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial tant que les opérations de démarcation frontalière entre les deux pays n'étaient pas achevées. La cour administrative enjoint ainsi au gouvernement de Samak Sundaravej de suspendre tout soutien au dossier qui sera présenté par le Cambodge lors de la 32e session du Comité du patrimoine mondial, à Québec (Canada), du 2 au 10 juillet. Le Comité avait jusque-là fait du soutien thaïlandais une condition à l'acceptation de cette demande du Cambodge, rejetée à plusieurs reprises depuis une première requête en 2002.
Cette décision de la cour administrative thaïlandaise intervient à la suite de nombreuses protestations de l'opposition politique thaïe qui a notamment lancé une pétition par l'intermédiaire du groupe de l'Alliance populaire pour la démocratie contre la décision officielle du gouvernement thaïlandais de soutenir le Cambodge dans sa démarche, annoncée par le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Noppadon Pattama le 18 juin.
Des juristes et analystes politiques thaïlandais se sont toutefois montrés eux-mêmes sceptiques quant à la portée de cette injonction émanant d'un organe judiciaire habilité à ne statuer que sur des actes administratifs et non sur des décisions politiques et de portée internationale relevant de la Cour constitutionnelle, pouvait-on lire lundi matin dans le quotidien thaïlandais anglophone Bangkok Post.
"Tout ce que nous savons, c'est que le temple appartient au Cambodge", a souligné pour sa part le porte-parole du Conseil des ministres cambodgien, rappelant que la délégation menée par le vice-Premier ministre Sok An était partie le 24 juin à Paris (France), où se trouve le Centre du patrimoine mondial, avant de se rendre à Québec. Par ailleurs, le groupe de travail cambodgien en charge de ce dossier est arrivé à Québec dimanche 29 juin.
Le Comité du patrimoine mondial, composé de représentants de 21 pays, mettra à jour la liste officielle des sites classés au patrimoine mondial dans une semaine très exactement, lundi 7 juillet, selon le calendrier provisoire publié par le Comité. |