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Le secrétaire d'Etat au Conseil des ministres Chan Tani a réaffirmé vendredi 20 juin à l'occasion d'une conférence de presse au sujet de la demande d'inscription du temple de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial que cette requête cambodgienne n'aurait aucune conséquence sur la définition des frontières entre le Cambodge et la Thaïlande.
"Nos discussions ne portent que sur l'inscription du temple de Preah Vihear et non sur la question des frontières. [...] Seul le pays propriétaire d'un site peut en demander l'inscription. Or, le temple de Preah Vihear appartient au Cambodge, selon la décision de la Cour internationale de justice du 15 juin 1962", a rappelé Chan Tani.
"Ce temple n'appartient pas à la Thaïlande, ce que d'ailleurs elle reconnaît. Et même si la Thaïlande voulait posséder le temple, cela serait impossible. La décision de la Cour internationale de justice est définitive", a-t-il ajouté, en rappelant que la Thaïlande, qui disposait d'un délai de dix ans après ce jugement pour faire appel, n'en a pas fait usage.
"Même s'il y a des divergences, le dossier avance. Ce que nous faisons, c'est notre affaire. La Thaïlande, c'est la Thaïlande ; le Cambodge, le Cambodge", a poursuivi le secrétaire d'Etat qui n'a pas souhaité faire de plus ample commentaire sur la récente demande du Comité du Sénat thaïlandais sur les Affaires étrangères de reporter une nouvelle fois le classement du temple. "C'est une affaire qui ne concerne que nos deux gouvernements et aucune autre institution. J'espère donc que l'Unesco ne reportera pas ce dossier. Mais que le temple soit inscrit ou non, il appartiendra toujours au Cambodge", a-t-il conclu.
Le Cambodge avait fini par obtenir le soutien de la Thaïlande en vue de l'inscription du temple hindouïste de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial, à la suite d'une réunion tenue le 22 mai à Paris entre Sok An, vice-Premier ministre du Cambodge et Noppadon Pattama, ministre des Affaires étrangères thaïlandais, et après avoir limité sa demande de classement aux seules vestiges du temple et non à la zone frontalière environnante dont la Thaïlande conteste la propriété. Ce soutien a cependant déclenché une vague de protestation orchestrée par l'opposition politique thaïlandaise.
Le Cambodge a présenté un premier dossier en vue d'inscrire le temple de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial en 2002, demande qui a jusque-là échoué en raison de l'opposition du royaume voisin. Le Comité du patrimoine mondial fera connaître le nom des sites nouvellement inscrits sur la prestigieuse liste de l'Unesco lors de sa 32e session, organisée à Québec (Canada), du 2 au 10 juillet 2008. |