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Une accalmie entre Cambodgiens et Thaïlandais à la frontière
Par Stéphanie Gée (Phnom Penh) et John Vink (Preah Vihear)   
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20-07-2008

Dimanche 20 juillet en fin de journée, le climat à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande semblait à l'apaisement. Plus tôt dans la journée, Phay Siphan, le porte-parole du Conseil des ministres cambodgien en charge du dossier du temple de Preah Vihear, a sur place échangé une franche poignée de mains avec le commandant en chef  thaïlandais à la tête des troupes déployées sur le sol cambodgien, Chay Annan. Le premier a fait valoir au second qu'ils étaient "amis", et appelé au contrôle des soldats pour éviter tout affrontement armé. Et chacun des deux camps s'en est retourné dans ses tentes respectives, toujours dressées autour de la pagode cambodgienne de Preah Vihear, située en contrebas du temple.

 

L'appel au retrait des troupes thaïlandaises du sol cambodgien, dans la zone du temple de Preah Vihear, lancé jeudi 17 juillet par le Premier ministre cambodgien Hun Sen à son homologue thaïlandais n'a toujours pas été entendu. Samedi 20 juillet, les troupes des deux royaumes ont continué de se renforcer tant en hommes qu'en artillerie lourde.

Dans les médias thaïlandais, le commandant suprême des Forces armées royales thaïlandaises s'est cependant voulu, samedi, rassurant, gageant qu'aucun affrontement armé ne surviendrait entre les deux camps, qui cohabitent sur le promontoire de Preah Vihear depuis mardi, dans un climat tendu. Au cœur de la controverse, une zone de 4,6 km2 dans la périphérie du temple dont les deux royaumes voisins s'attribuent la propriété.

Phnom Penh écrit à l'Onu
Le gouvernement cambodgien a envoyé une lettre au Conseil de sécurité de l'Onu "pour attirer son attention sur les événements récents survenus à la frontière khméro-thaïlandaise", rapportait, dimanche 20 juillet Khieu Kanharith, porte-parole de Phnom Penh. "C'est un document officiel mais en aucun cas une plainte", précisait-il, soulignant que c'était là "respecter la directive du Premier ministre Hun Sen, qui veut essayer de résoudre le problème entre les deux parties sans l'intervention d'une tierce personne".

Par ailleurs, les autorités cambodgiennes ont accompagné sur place les attachés militaires de plusieurs représentations diplomatiques comme la Chine, le Vietnam et la France, "non pas pour les impliquer mais afin qu'ils puissent juger par eux-mêmes de la situation et en rendre compte à leurs pays", souligne Khieu Kanharith.

Le PSR fait connaître sa position sur "l'invasion" du Cambodge
Les parlementaires du Parti Sam Rainsy (PSR) - disant reconnaître, dans un communiqué publié dimanche 20 juillet,  "l'invasion de l'armée thaïlandaise près du temple de Preah Vihear comme une violation du droit territorial du Cambodge et du droit international" -, ont quant à eux appelé le gouvernement cambodgien à agir. Tout d'abord, en portant plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies afin qu'il fasse immédiatement valoir la souveraineté cambodgienne, comme stipulée dans les Accords de paix de Paris de 1991. Ensuite, en adoptant "une position forte" en refusant de négocier avec le gouvernement thaïlandais tant que des troupes de ce pays demeurent sur le territoire khmer. Enfin, en rappelant son ambassadeur cambodgien de Thaïlande en signe de désapprobation de cette "invasion".

Le PSR saisit cette affaire pour encourager le renforcement des forces armées cambodgiennes au sein d'une armée nationale capable et correctement équipée en matières d'armes "pour résister à l'invasion des pays voisins". Une armée, poursuit le communiqué, où les salaires offerts seraient "décents" et où les promotions se feraient au mérite et ne seraient pas décidées à coups de pots-de-vin ou guidées par le népotisme.

Négociations attendues lundi 21 juillet

Le porte-parole du gouvernement cambodgien ne tenait pas, dimanche, à détailler les effectifs envoyés par Phnom Penh à Preah Vihear, l'important étant que "les deux parties puissent discuter demain [lundi 21 juillet] tranquillement, sans qu'il y ait quelque quiproquos que ce soit". Interrogé sur son niveau d'optimisme quant à l'issue des négociations prévues lundi, il a répondu : "Quelle qu'elle soit, la situation n'empirera pas !".

Certains malgré tout s'interrogent  : est-ce là une éclaircie avant l'orage ?

 

 

Analyses

A propos des tensions entre le Cambodge et la Thaïlande
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