| Adhoc et Licadho dénoncent l'attitude du gouvernement du Cambodge face aux manifestations pacifiques |
| Par Ka-set | |
| 18-08-2008 |
Les deux principales organisations de défense des droits de l'Homme au Cambodge, Adhoc et la Licadho, ont condamné, dans un communiqué commun, la répression policière menée contre des ouvriers et enseignants, dimanche 17 août, qui n'ont pu participer à une manifestation organisée par deux syndicats pour protester contre l'occupation de la zone de Preah Vihear par des militaires thaïlandais.
Pour les deux ONG, l'interdiction de cette manifestation ainsi que la détention provisoire "d'une douzaine d'ouvriers" qui, en périphérie de Phnom Penh, avaient tenté de se joindre au mouvement, représentent "une violation directe de la constitution du Cambodge qui garantit la liberté de mouvement de tous les citoyens".
Rappelant que les autorités cambodgiennes avaient déjà "empêché ou interdit" depuis le début de l'année au moins deux autres tentatives de "rassemblement pacifique" - une manifestation contre l'inflation et un cortège pour la fête du Travail -, la Licadho et Adhoc appellent le gouvernement "à changer radicalement son attitude envers les citoyens qui tentent d'exprimer leur opinion de manière pacifique et de cesser les déploiements injustifiés de forces armées lors de tels événements".
Le fait que "les gens se voient systématiquement empêchés d'exprimer leurs opinions ne peut conduire qu'à l'instabilité sociale", dénonce la présidente de la Licadho Kek Galabru, dans ce communiqué cosigné avec Adhoc.
La manifestation organisée dimanche 17 août par l'Association indépendante des enseignants du Cambodge (AIEC) et le Syndicat indépendant des ouvriers du Cambodge (Siorc), interdite par les autorités municipales, a tourné court après l'intervention de militaires et de policiers qui ont bloqué l'accès au lieu de rendez-vous, l'ancienne Assemblée nationale. Les deux leaders des syndicats ont alors tenté de se rabattre sur le siège du Siorc, dans le quartier de Tuol Sleng, où ils ont de nouveau été empêchés de manifester. Selon la Licadho et Adhoc, une centaine d'ouvriers et d'enseignants ont été contenus à l'intérieur des locaux du Siorc, pour les empêcher de manifester dans la rue, tandis que "la police menaçait les gens qui voulaient se joindre à la manifestation ou qui se tenaient simplement à proximité pour regarder".
Rong Chhun, président de l'Association indépendante des enseignants du Cambodge, et Chea Mony, président du Syndicat indépendant des ouvriers du Cambodge (Siorc), espéraient réunir quelque 300 personnes pour "demander à la Thaïlande de cesser d'envahir le territoire cambodgien et de retirer ses troupes du Cambodge", la veille du départ du ministre des Affaires étrangères du Cambodge Hor Namhong qui doit rencontrer son homologue thaïlandais lundi 18 et mardi 19 août au sujet du retrait des troupes armées de Preah Vihear. |