 Prasat Preah Vihear (Cambodge), le 21 juillet 2008. Soldats cambodgiens et thaïlandais face-à-face près d'une pagode à proximité du site du temple © John Vink / Magnum
Appels au boycott de produits thaïlandais, démonstrations de force, diffusion d'images télévisées de citoyens thaïlandais se préparant à la guerre... Le ton n'était pas à l'apaisement, dans la journée du mercredi 23 juillet, entre le Cambodge et la Thaïlande, alors que des responsables des deux royaumes ont fait des déclarations contradictoires quant à la tenue d'une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Onu sur la crise opposant les deux royaumes dans la zone disputée de Preah Vihear.
Tandis que le ministre des Affaires étrangères cambodgien Hor Namhong avait annoncé publiquement mardi 22 juillet, à l'issue d'un point avec des ambassadeurs étrangers au Cambodge, que cette réunion extraordinaire "pourrait se tenir lundi [28 juillet]", annonce qu'il a depuis réaffirmée, l'ambassadeur thaïlandais auprès des Nations unies, Don Pramudwinai, déclarait à l'Agence thaïlandaise d'information, mercredi, que les membres du Conseil de sécurité ne décideraient que jeudi 24 juillet s'ils tiendraient ou non une réunion extraordinaire sur le sujet. La Thaïlande a réaffirmé mercredi son souhait de mener des discussions bilatérales, uniquement avec le Cambodge, pour résoudre la crise de Preah Vihear, comme elle l'a exprimé lundi 21 juillet dans un courrier de l'ambassadeur thaïlandais auprès des Nations unies au président du Conseil de sécurité, puis à l'occasion de la réunion interministérielle de l'Asean, qui se tient à Singapour depuis le début de la semaine. Un appel thaïlandais entendu par l'Asean : le président de la réunion interministérielle, le ministre des Affaires étrangères singaporien George Yeo, a demandé officiellement au Cambodge, dans une lettre adressée à Hor Namhong, de résoudre ce différend par des négociations bilatérales, en dépit de l'échec d'une réunion du comité mixte de la frontière dirigé par les ministres de la Défense des deux royaumes lundi. Les regards sont donc désormais tournés vers les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies, dont la présidence est assurée durant le mois de juillet par le voisin oriental du Cambodge, le Vietnam. Quelques jours auparavant, le Secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon, avait déclaré dans un communiqué suivre "de près la situation à la frontière du Cambodge et de la Thaïlande, près du temple de Preah Vihear" et s'était dit "préoccupé par l’actuelle escalade des tensions entre les deux pays, notamment la concentration de troupes". La Thaïlande a envoyé, depuis le 15 juillet, plusieurs centaines de soldats au pied du temple de Preah Vihear et près de 4 000 le long de la frontière. Une initiative qualifiée "d'agression" par le Cambodge, qui a également dépêché sur place près d'un millier d'hommes armés, et dont le ministre des Affaires étrangères estimait mardi que seule une intervention du Conseil de sécurité permettrait d'éviter tout affrontement armé. Par ailleurs, le Premier ministre thaïlandais Samak Sundaravej a déclaré ne plus souhaiter répondre aux négociateurs cambodgiens avant la tenue au Cambodge, dimanche 27 juillet, des élections législatives, reprochant au gouvernement cambodgien, à commencer par le Premier ministre Hun Sen, d'utiliser le conflit à des fins électorales, rapportait mercredi le quotidien anglophone thaïlandais The Nation. Parallèlement à ces tractations diplomatiques, les chaînes de télévision thaïlandaises continuent de diffuser des images montrant des soldats thaïlandais déployant l'artillerie lourde. Elles diffusent également des scènes d'entraînement de civils, notamment d'écoliers, prêts à fuir ou à se protéger en cas de conflit armé. Au Cambodge, les appels au boycott des produits thaïlandais se sont multipliés mardi et mercredi, notamment via des messages diffusés par téléphone adressés à "tous ceux qui ont du sang khmer". Un tract anonyme a également été distribué dans plusieurs marchés de Phnom Penh et de Battambang appelant à "arrêter de consommer, d'acheter ou de vendre tous services et produits thaïs" et à utiliser ce procédé pacifique plutôt que de recourir à la violence. Un document dont le ministère des Affaires étrangères du Cambodge a tenu à se désolidariser.
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier