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Les leaders d'opposition Sam Rainsy et Kem Sokha devraient entamer la semaine prochaine une tournée à l'étranger pour porter sur la scène internationale leur contestation des résultats provisoires des élections législatives, a annoncé jeudi 28 août Mu Sochua, secrétaire adjointe du Parti Sam Rainsy (PSR) et élue député à Kampot. Ce projet de mobiliser la communauté internationale prend forme alors que le Conseil constitutionnel a décidé, mardi 26 et mercredi 27, de rejeter les deux plaintes électorales du PSR, l'une demandant un recomptage des voix dans la province de Svay Rieng, l'autre contestant les résultats provisoires des élections législatives du 27 juillet et réclamant la réorganisation du scrutin dans les provinces de Kampot, de Svay Rieng et de Pursat. "Le Conseil constitutionnel a débouté le PSR de ses plaintes au motif que les preuves n'étaient pas suffisantes", rapporte Mu Sochua. Dans la ligne de mire de Sam Rainsy et de Kem Sokha, les chefs d'Etat de la France et de l'Indonésie, les deux pays qui ont co-présidé la Conférence internationale de Paris sur le Cambodge, qui a conduit à la signature des Accords de paix de Paris le 23 octobre 1991. Dans les courriers qu'ils ont adressés au président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono et au président français Nicolas Sarkozy - en leur "qualité de présidents des deuxième et troisième partis politiques du Cambodge qui au lendemain des élections législatives du 27 juillet dernier, devraient constituer l'opposition parlementaire dans la nouvelle législature 2008-2013" - ils dénoncent "la fraude électorale systématique et massive qui ne peut que discréditer les résultats du scrutin du 27 juillet". Or, écrivent-ils, "ce type d'élections truquées est en contradiction avec les Accords de Paris qui prévoient pour le Cambodge 'la tenue d'élections périodiques et authentiques' ainsi que des 'procédures électorales' permettant à tous les citoyens de participer 'pleinement et de manière équitable au processus électoral'". Ensuite, ils reviennent sur leur intention "tant que nos plaintes électorales n'auront pas été résolues convenablement" de ne "pas participer à la cérémonie de prestation de serment fixée par le Parti du peuple cambodgien (PPC) au 24 septembre et normalement présidée par le Roi". Un boycott qui serait lourd de sanctions, le PPC ayant "fait savoir publiquement" que si les élus du PSR et du Parti des droits de l'Homme ne participaient à cette cérémonie, "il s'emparerait de nos 29 sièges de député pour les redistribuer entre lui-même qui dispose déjà de 90 sièges (sur 123)". Si ce scénario se produisait, les deux leaders d'opposition y verraient une autre entorse aux Accords de Paris. "Si le PPC mettait effectivement sa menace à exécution, en nous accusant faussement d'abandonner nos sièges de député et en interprétant la loi électorale d'une façon spécieuse, il n'y aurait plus d'opposition parlementaire dans notre pays, ce qui contreviendrait de nouveau et gravement aux Accords de Paris qui prévoient pour le Cambodge 'un système de démocratie libérale, fondé sur le pluralisme'." |