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Le Parti Sam Rainsy a organisé dans la matinée du mardi 1er juillet à son siège de Phnom Penh une conférence de presse au cours de laquelle les responsables de la formation d'opposition ont dénoncé des "intimidations" à l'encontre de certains de leurs membres et des "infractions" à la loi électorale appliquée au Cambodge.
Tuon Min, chef du PSR au sein du conseil de district de Phnom Sruoch, dans la province de Kompong Speu, a tout d'abord affirmé avoir été la cible de tentatives "d'achat" de la part de responsables de la division militaire 31 de la province. Ces derniers auraient tenté, a-t-il raconté, d'obtenir son ralliement au parti au pouvoir, le PPC, contre "4 000 à 5 000 dollars" et la promesse d'un « poste au sein de l'armée". Le responsable local PSR a précisé que ces propositions auraient été formulées "par téléphone", puis de visu, à son domicile. "J'ai refusé. Cela est inacceptable", a poursuivi Tuon Min, disant désormais craindre pour sa sécurité : "Je demande au parti de me protéger".
C'était ensuite au tour de la secrétaire générale adjointe du PSR, Mu Sochua, par ailleurs tête de liste du parti d'opposition à Kampot, de prendre la parole pour évoquer plusieurs plaintes qu'elle a déposées ces derniers jours à l'encontre de responsables locaux.
Mu Sochua a notamment porté plainte auprès de la commission électorale de la commune de Stung Kéo, dans le district de Kampot, contre le chef du poste de police de cette commune, pour violation de la procédure électorale. Le 28 juin, ce dernier aurait circulé en uniforme, à moto, avec pour passager le chef adjoint de la même commune qui arborait une casquette aux couleurs du PPC. Un acte contraire à la procédure électorale, selon la secrétaire adjointe du PSR, rappelant que les forces de l'ordre ne doivent pas prendre part à la campagne électorale dans l'exercice de leurs fonctions et a fortiori en uniforme. Mu Sochea a expliqué avoir tenté d'intercepter les deux hommes, tandis que le chef-adjoint aurait, selon elle, "menacé" de la heurter.
Dans le district de Kompong Trach, dans la même province, elle aurait de nouveau tenté, lundi 30 juin, de stopper un véhicule muni d'une plaque d'immatriculation des Forces de l'armée royale du Cambodge et arborant un autocollant estampillé PPC. "J'ai tenté d'arrêter cette voiture, a raconté Mu Sochua. Mais San Smach, secrétaire général adjoint du poste frontalier de Ton Hon, m'a tordu le bras". Elle aurait également, au cours de l'altercation, été légèrement dévêtie, ayant perdu quelques boutons de chemise. Une affaire pour laquelle la responsable PSR dit avoir porté plainte, d'une part auprès de la commission électorale de Kompong Trach, pour violation de la loi électorale, et d'autre part auprès de la cour provinciale pour "tentative de meurtre et agression physique".
Contacté par Ka-set, le commandant adjoint de la division 31 Lay Sroy a rejeté catégoriquement les accusations de Tuon Min, avant de reconnaître cependant que le conseiller PSR s'était simplement vu "proposer de rejoindre le PPC", mais que nul n'aurait tenté de le forcer. "Je ne l'ai jamais rencontré. J'ai juste parlé à sa femme au téléphone. Je vois qu'il est seul et j'ai pitié de lui, a commenté le responsable militaire. Je ne suis pas un politicien. Je ne l'ai jamais forcé."
San Smach n'a pu être joint mardi pour réagir aux accusations de Mu Sochua. |