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 Choeung Ek (Phnom Penh), 20 mai 2008. Représentation des brutalités khmères rouges lors de la "Journée de la haine", au mémorial des "Killing Fields" ©John Vink/ Magnum
Voir également le diaporama sonore consacré à la "Journée de la haine" : rubrique K7Media
Des centaines de victimes du régime khmer rouge se sont retrouvées mardi 20 mai au mémorial de Choeung Ek, dans le cadre d'une cérémonie religieuse organisée par la municipalité de Phnom Penh pour marquer la "Journée de la haine".
"On veut que la justice soit rendue aux Cambodgiens, et cette journée doit rappeler les efforts du gouvernement pour la mise en place d'un tribunal pour juger les anciens dirigeants khmers rouges", a déclaré aux journalistes le gouverneur de la capitale du Cambodge, Kep Chuktéma. Son adjoint, Mann Chhoeun, expliquait pour sa part que cette célébration était maintenue "pour que le peuple cambodgien n'oublie jamais le passé".
Cependant, d'année en année, les effectifs se déplument, note un employé du centre du génocide. "Quelques années après la chute du régime de Pol Pot, les gens pleuraient abondamment, insultaient avec haine le régime qui leur avait pris autant d'êtres aimés. Maintenant, c'est comme si les gens se sentaient moins concernés. Ils ne versent plus de larmes aux chants lyriques ou au récit fait de cette tragédie", commente-t-il. Ainsi en est-il de So Saveth, qui n'a jamais manqué un de ces rendez-vous mais s'est, au fil des ans, débarrassée de la haine qui l'habitait.
La "Journée de la haine" a été inaugurée en 1984 par un régime en quête de légitimité, en mémoire de la directive du 20 mai 1976 qui lançait la politique de collectivisation planifiée de Pol Pot, rappelle Solomon Kane dans son Dictionnaire des Khmers rouges. Elle fut interdite au lendemain de la signature des Accords de Paris en 1991, interdiction plus ou moins suivie dans le pays, souligne-t-il, ajoutant que cette célébration a malgré tout été remise au goût du jour à Phnom Penh en 1999.
 Choeung Ek (Phnom Penh), 20 mai 2008. Kep Chuktema, gouverneur de Phnom Penh (2e plan) © John Vink / Magnum
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