| Le ministre cambodgien des Affaires étrangères va retirer sa plainte contre le journaliste Dam Sith |
| Par Duong Sokha | |
| 27-06-2008 |
Hor Namhong a déclaré, lors d'une conférence de presse vendredi 27 juin, qu'il s'apprêtait à retirer la plainte pour diffamation et diffusion de fausses informations qu'il avait déposée contre le rédacteur en chef du journal Moneakseka Khmer (La Conscience khmère), Dam Sith. Il reprochait à ce dernier d'avoir rapporté dans son quotidien des propos du leader d'opposition Sam Rainsy l'accusant d'avoir dirigé un camp de rééducation, Boeung Trabek, sous le régime de Pol Pot.
Cet heureux dénouement intervient après un règlement à l'amiable entre le chef de la diplomatie et Dam Sith, accompagné de son avocat. "Dam Sith m'a contacté pour que nous nous rencontrions pour résoudre cette affaire. Je suis content de son initiative. Comme je l'avais expliqué dans les colonnes du Rasmey Kampuchea le 22 avril dernier, je ne cherche pas à intenter des actions judiciaires contre les journalistes et hommes politiques. Au contraire, je souhaite que l'ambiance électorale soit des plus tranquilles et que les élections se déroulent bien", a commenté le ministre, regrettant que le Parti Sam Rainsy, sans pour autant le nommer, préfère le déshonorer, et ce à plusieurs reprises et "même sur internet", "au lieu de mener campagne". "J'ai dit à Dam Sith que même si nous n'étions pas du même bord politique, nous étions tous les deux Cambodgiens... "
Dans le cadre de cette affaire, Dam Sith avait été arrêté et détenu une semaine en prison jusqu'à ce que le Premier ministre Hun Sen intervienne en faveur de sa libération provisoire. Appelé à réagir, le journaliste répétait sa détermination à maintenir la même ligne éditoriale de son journal, à savoir pro-PSR. "J'ai effectivement demandé au ministre une entrevue, grâce à l'aide du Club des journalistes cambodgiens, mais ne m'attendais pas à ce qu'il accepte de retirer sa plainte."
Hor Namhong a tenu à défendre son honneur lors de la conférence de presse. "Ces accusations [à mon encontre] sont graves. On m'accuse de crimes de génocide et de crimes contre l'humanité alors que j'ai beaucoup souffert sous les Khmers rouges. J'ai perdu une trentaine de proches, j'ai travaillé dur et n'ai pas toujours mangé à ma faim. J'ai été une victime du régime [de Pol Pot]."
Quant à la plainte identique lancée contre Sam Rainsy, elle reste d'actualité. Le ministre des Affaires étrangères l'a déposée devant la justice française car, explique-t-il, "certains disent que les tribunaux cambodgiens ne sont pas indépendants". "Alors, voyons comment un tribunal français jugera l'affaire!", met-il au défi, ajoutant dans le même temps ne pas avoir encore réfléchi à la suite à donner à cette plainte. |