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Une trentaine de paysans représentant des milliers de familles concernées par des conflits fonciers, venus des vingt-quatre provinces et villes du Cambodge, se sont réunis jeudi 5 juin dans les locaux du bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme à Phnom Penh, afin de déposer une pétition signée des empreintes digitales de 42 000 personnes.
Le but de l'opération, souligne Mme Hang Chenda, l'une des représentantes de ces familles venue de Sihanoukville, est de mettre en application les propos du Premier ministre Hun Sen "qui a appelé publiquement les riches et les gens de pouvoir à cesser de spolier les habitants de leurs terres, des forêts et des zones de pêche et à les restituer à la population". Un discours qui, localement, n'est jamais appliqué par les autorités, dénonce-t-elle.
"Si nous venons aujourd’hui à Phnom Penh, ce n’est pas pour manifester", affirme Loa Chhean, âgé de 61 ans, représentant d'une communauté de pêcheurs de la province de Kampot. "Nous estimons que le bureau des Nations unies pour les droits de l’Homme est un lieu sécurisé pour défendre nos dossiers et nous espérons que cette organisation pourra nous aider à porter ce message et à négocier avec le chef du gouvernement".
Seam Phan, 50 ans, venu de la province de Steung Treng, a ainsi pu raconté comment "certains militaires et policiers ont déboisé de façon anarchique des zones forestières jusque-là conservées par des communautés paysannes, puis occupé ces terres sans être inquiétés par les autorités, malgré les plaintes de la population".
Christophe Peschoux, représentant du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme au Cambodge, a reçu plusieurs membres de ces communautés qui lui ont remis la pétition.
Hor Samath, qui comptait parmi eux, a confié à Ka-set avoir reçu un accueil favorable de la part du représentant onusien. Selon lui, Christophe Peschoux leur a promis de chercher un moyen pour qu'ils parviennent à rencontrer des membres du cabinet du Premier ministre et fassent entendre eux-mêmes leur voix, les Nations unies ne devant pas se subsituer à l'une ou l'autre des deux parties. |