| La Confédération des syndicats du Cambodge appelle à "changer de dirigeants" |
| Par Duong Sokha | |
| 04-07-2008 |
La Confédération des syndicats du Cambodge a lancé un appel officiel invitant "ouvriers, fonctionnaires et enseignants à bien réfléchir et à voter selon leur volonté le 27 juillet 2008 pour changer de dirigeants", dans un communiqué daté du 2 juillet et signé par son président Rong Chhun.
Cette puissante confédération qui rassemble quelque 85 000 membres du Syndicat indépendant des ouvriers du Cambodge (Siorc) et de l'Association indépendante des enseignants du Cambodge (AIEC), réputée proche du Parti Sam Rainsy, s'était jusque-là abstenue de donner des consignes de vote dans le cadre de ce prochain scrutin. Son président avait toutefois indiqué qu'il se prononcerait durant la campagne.
"Il ne faut pas voter en fonction des dons [que font les partis aux électeurs]", écrit Rong Chhun, appelant à renouveler l'équipe au pouvoir sans mentionner clairement le nom du parti vers lequel il souhaite voir les électeurs se tourner.
"Un nouveau dirigeant aura vraiment de nouvelles idées. Il pourra résoudre l'inflation, réduire le coût des produits pétroliers, augmenter le salaire des ouvriers et des fonctionnaires et mettre un terme à la spoliation des terres des habitants par les riches et les hommes au pouvoir", estime le syndicaliste, par ailleurs à la tête de l'AIEC.
"Le dirigeant actuel n'a pas accompli son devoir en laissant les habitants devenir des victimes. Ces derniers n'ont pas de travail. Les ouvriers, les fonctionnaires, les enseignants, les policiers et les militaires ont des salaires faibles alors que l'inflation ne cesse de grimper. Je vous appelle donc à voter pour les démocrates", conclut-il, laissant entendre que les deux partis composant l'actuelle coalition gouvernementale, le Parti du peuple cambodgien (PPC) et le Funcinpec n'en font pas partie.
Contacté vendredi 4 juillet par Ka-set, Rong Chhun s'est montré plus explicite : "La Confédération des syndicats du Cambodge souhaite que ses membres votent pour Sam Rainsy".
Khieu Kanharith, porte-parole du gouvernement et du PPC, répond à cet appel en mettant en valeur les "expériences et réalisations" du parti au pouvoir. "Cette fonction exige que le dirigeant ait une solide expérience et ait accompli des réalisations. Depuis 1998, le Cambodge est stable et l'économie progresse", avance-t-il, avant de lancer : "Si d'autres partis dirigent le pays, ce dernier s'effondrera". |