| Montée des violences contre des militants politiques au Cambodge : la société civile s'inquiète |
| Par Duong Sokha | |
| 02-06-2008 |
Le Comité cambodgien d'action des droits de l'Homme (Chrac), une coalition de 21 organisations non gouvernementales (ONG), les organisations d'observation électorale Comfrel, rassemblant dix associations, et Nicfec, regroupant sept ONG, ont fait part, lundi 2 juin, de leurs inquiétudes face à une montée des violences à l'encontre des militants politiques depuis le début de l'année.
Dans une déclaration commune, lue par Thun Saray, coordinateur du Chrac et président de l'ONG de défense des droits de l'Homme Adhoc, ces représentants de la société civile disent avoir relevé entre janvier et mai 2008 "5 cas de meurtres et 21 cas de harcèlement et de menaces dont ont été victimes des militants politiques, ainsi que 21 décrochages de panneaux de partis politiques". Des actes, relèvent-ils, qui surviennent généralement dans des zones reculées du Cambodge et dont les auteurs n'ont, pour la plupart, pas encore été inquiétés. Un mauvais signe envoyé à deux mois du scrutin des législatives.
Ce regroupement d'ONG appelle le gouvernement et les autorités concernées à prendre des mesures pour enrayer ce phénomène, et prévenir tout dérapage dans ce contexte préélectoral. Thun Saray dit attendre de recevoir de vraies conclusions des enquêtes ouvertes dans le cadre de ces affaires, refusant la version des autorités qui invoquent selon lui trop facilement "les conflits personnels" pour expliquer ces crimes et délits.
Comme le soulignait Koul Panha, directeur de Comfrel, il se trouve que la plupart des victimes n'appartiennent pas au parti au pouvoir mais aux formations de l'opposition comme le Parti Sam Rainsy, le Parti Norodom Ranariddh ou encore le Parti des droits de l'Homme de Kem Sokha.
Appelé par Ka-set à réagir, Tep Nitha, secrétaire général du Comité national électoral, expliquait que c'était une habitude chez la société civile de se plaindre de l'organisation des élections, droit qu'il leur accorde toutefois. Il rappelle de son côté que le CNE et le gouvernement ont émis en 2007 une circulaire destinée à renforcer la sécurité des partis politiques. "Nous ne négligeons rien, et prenons toutes ces affaires au sérieux, jusqu'au décrochage de pancartes", fait valoir le secrétaire général avant de citer en exemple le cas d'un militant du PNR qui, selon la police, serait décédé de causes naturelles et, selon les ONG, aurait été assassiné. "Même si elles contestent les conclusions de l'enquête, le CNE continuera à travailler avec elles pour assurer la sécurité des militants", promet-il.
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