Khmer
    Français


Vendredi 21 Novembre 2008
10:59 (Phnom Penh)
Advertisement
Ka-set est un site d'information indépendant mis à jour quotidiennement en français et en khmer sur le Cambodge et les Cambodgiens d'ailleurs.

Rendez-vous

Ceux Qui Marchent Debout (concert)
 → ven nov 21 @06:00 - :0900:
Danses Apsara
 → ven nov 21 @07:00 - :0800:
"Sauvez l'écosystème" (documentaires)
 → ven nov 21 @08:00 - :1000:
50e anniversaire d'Enfants du Mékong (Paris)
 → sam nov 22 - dim nov 23
L'oiseau de paradis
 → sam nov 22 @04:00 - :0531:

Alerte

Recevez les derniers articles par courriel
Un journaliste d'un quotidien d'opposition et son fils assassinés à Phnom Penh
Par Stéphanie Gée et Duong Sokha   
Convertir en PDF Version imprimable Suggrer par mail
12-07-2008

Le journal proche du Parti Sam Rainsy (PSR), Moneakseka khmer (La Conscience khmère), après avoir vu son directeur Dam Sith emprisonné une semaine durant suite à une plainte pour diffamation et diffusion de fausses informations déposée contre lui par le ministre des Affaires étrangères - un différend qui a été finalement réglé entre les deux parties -, a perdu vendredi 11 juillet, dans la soirée, l'un de ses journalistes.

Alors qu'il quittait à moto le Stade olympique de Phnom Penh, Khem Sambo, 47 ans, a été mortellement blessé par deux balles ainsi que son fils de 21 ans qui l'accompagnait, qui a reçu une balle et est décédé dans la nuit à l'hôpital Calmette où la sécurité avait été renforcée. Journaliste confirmé, Khem Sambo couvrait notamment l'actualité politique et sociale à Moneakseka khmer pour qui il écrivait depuis fin 1997.

Dam Sith, le directeur de la publication, "peiné" d'avoir perdu un de ses collègues, considère que ce crime constitue "une grave menace" à l'encontre de son journal, surtout après son arrestation en juin. "Je m'inquiète pour ma propre sécurité et celle de mon équipe", ajoute le responsable, avant d'appeler le gouvernement à trouver les assassins et à les traduire en justice. Il ne veut pas se prononcer sur les raisons qui auraient pu motiver cet assassinat, préférant laisser la police mener son enquête. Dam Sith n'entend cependant pas fermer sa publication, précisait-il samedi 12 juillet.

"Que ce meurtre intervienne en plein milieu de la campagne électorale est un message adressé à l'opposition, surtout au PSR, et un message décourageant pour la démocratie, déplore Mu Sochua, tête de liste du PSR dans la province de Kampot et secrétaire générale adjointe du parti. Rappelons que ce journal a déjà été la cible d'attaques et que ce n'est pas le premier cas. Un journaliste travaillant à notre radio au siège du parti a été intimidé."

Le journaliste en question, Oum Sara, expliquait samedi 12 juillet avoir échappé, dimanche 6 juillet, à deux hommes armés qui le suivaient. "Ils ont pointé un revolver sur moi mais, heureusement, je ne conduisais pas et ai pu m'échapper dans la foule d'un marché à proximité", rapporte-t-il, ajoutant que des hommes s'étaient rendu le soir près de sa maison et avaient crié : "Ceux qui critiquent Hun Sen dormiront sous terre après les élections !". Il rapporte également avoir fait, fin mai, l'objet de fortes pressions de la part d'un ancien membre du PSR rallié au PPC. "Il voulait me pousser à rejoindre le PPC ou me conseillait alors de démissionner de mon poste de journaliste au programme radiophonique du PSR!" Depuis l'incident de dimanche dernier, il dit limiter au maximum ses déplacements.

Le Chrac, un collectif de 23 ONG locales de défense des droits de l'Homme, a réagi dès samedi 12 juillet en publiant un communiqué dans lequel il presse le gouvernement d'arrêter les auteurs de l'assassinat de Khem Sambo et de les traduire en justice. Il demande au gouvernement d'assurer la sécurité dans le pays, particulièrement en cette période électorale, afin de permettre la tenue d'élections libres et justes et afin que les citoyens, au premier rang desquels les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme, n'aient pas à craindre pour leur vie.