
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 4 février 2008. Nuon Chea, 81 ans, "Frère Numéro Deux", lors de sa première audience publique devant les juges des chambres préliminaires du tribunal chargé de juger les anciens dirigeants khmers rouges © John Vink / Magnum Elections législatives, inscription du temple de Preah Vihear à la liste du patrimoine mondial suivie d'un conflit ouvert avec la Thaïlande, nouvelles étapes décisives dans le cadre du tribunal pour juger les anciens responsables khmers rouges, crise alimentaire puis financière mondiale… L'année 2008 aura été mouvementée pour le petit royaume du Cambodge. Une actualité riche que se sont attachés à rapporter et à analyser les journalistes de Ka-set, dès le début de l'année 2008 et plus particulièrement depuis le 27 mars, jour de la mise en ligne publique du site d'information sur le Cambodge et les Cambodgiens dans le monde, en khmer, en français et depuis peu en anglais, www.ka-set.info. La rédaction de votre nouveau média indépendant vous propose de redécouvrir, en deux parties, les faits marquants de l'année qui vient de s'écouler.
JANVIER : La dengue, le FBI, Mia Farrow et Chea Vichea 4 : Le département de lutte contre la dengue du ministère de la Santé annonce le bilan de 407 morts à la suite de la flambée épidémique que le pays a connue en 2007. Il s'agit de l'épidémie de dengue hémorragique la plus meurtrière depuis 1998.
20 : L'actrice américaine Mia Farrow est empêchée par les autorités cambodgiennes d'organiser au musée du génocide Tuol Sleng de Phnom Penh une cérémonie au nom de l'organisation "Dream for Darfur". Objectif : attirer l'attention sur la crise humanitaire à laquelle est en proie cette région du Soudan et condamner la Chine, l'un des principaux partenaires commerciaux de cet Etat africain. Le gouvernement cambodgien refuse que son allié chinois soit ainsi pris pour cible sur son territoire.
22 : Il y a quatre ans exactement le populaire leader syndicaliste Chea Vichea tombait sous les balles d'inconnus devant un kiosque à journaux sis au cœur de Phnom Penh. Une centaine de militants syndicalistes, de défenseurs des droits de l'Homme et de représentants de l'opposition se retrouvent sur le lieu du crime pour rendre hommage à la figure de proue du mouvement syndicaliste et lancer un énième appel au gouvernement pour que l'enquête soit rouverte, les vrais meurtriers arrêtés et Born Samnang et Sok Sam Oeun, condamnés à vingt ans de prison au terme d'un procès très critiqué pour l'assassinat de Chea Vichea, libérés.  Phnom Penh (Cambodge), le 22 janvier 2008. Sam Rainsy, leader de l'opposition politique et président du PSR a participé à la 4e commémoration de l'assassinat du syndicaliste Chea Vichea © John Vink / Magnum
31 : Les Etats-Unis ouvrent un bureau du FBI (Federal Bureau of Investigation) à Phnom Penh, inauguré par le directeur du FBI Robert Mueller. Ce bureau collaborera avec les autorités cambodgiennes dans la lutte contre le terrorisme et les crimes transfrontaliers.
FEVRIER : Khmers rouges et conflits fonciers
7 : La deuxième audition publique du tribunal mis en place pour juger les anciens dirigeants khmers rouges (les CETC) consacre la première participation des parties civiles à la procédure judiciaire, une avancée historique en droit pénal international.
15 : Sam Bith, ancien commandant de la guérilla khmère rouge, meurt à l'âge de 76 ans. En décembre 2002, il avait été condamné à la prison à perpétuité, reconnu coupable d'avoir commandité l'attaque le 26 juillet 1994 d'un train reliant Phnom Penh à Sihanoukville qui avait coûté la vie à seize passagers, et s'était soldée par l'enlèvement puis l'assassinat de trois routards occidentaux.
22 : Des organisations de défense des droits de l'Homme locales et internationales s'émeuvent de nouvelles violences survenues dans le cadre de litiges fonciers. Devant une escalade des méthodes répressives utilisées à l'encontre des habitants, elles appellent à un moratoire immédiat sur les expulsions jusqu'à l'adoption de dispositions légales protégeant les victimes de ces déplacements forcés. Selon un retentissant rapport d'Amnesty International publié le 11 février, plus de 150 000 Cambodgiens à travers le pays seraient exposés au risque de perdre leur toit.  Phnom Penh (Cambodge), le 22 décembre 2007. Des habitants du quartier de Dey Krohom continuent de résister contre leur expulsion par les employés de la compagnie 7NG © John Vink / Magnum 26-27 : Les CETC organisent deux jours de reconstitution des faits au charnier de Choeung Ek, aujourd'hui un mémorial, puis à l'ancien centre de torture S-21, reconverti en musée du génocide, avec Duch, l'ancien directeur de Tuol Sleng où plus de 14 000 personnes ont été soumises à la torture avant d'être exécutées à Chhoeung Ek, et en présence de prisonniers survivants.
Phnom Penh (Cambodge), le 27 février 2008. La police éloigne les journalistes lors de la reconstitution au centre de détention S-21 avec Duch © John Vink / Magnum
MARS : La Déchirure
30 : Dith Pran, dont l'histoire d'amitié avec un journaliste américain dans le Cambodge du début des années 70 et la douloureuse traversée du régime de Pol Pot ont été portées en 1984 à l'écran par Roland Joffé dans La Déchirure (The Killing Fields), décède à l'âge de 65 ans dans le New Jersey (Etats-Unis) des suites d'un cancer.
AVRIL : Heng Pov, mariage et fast-food 4 : La délivrance de contrats et certificats de mariages entre étrangers et Cambodgiennes est provisoirement suspendue par les autorités cambodgiennes. Une mesure prise en vue de lutter contre le trafic d'êtres humains, est-il expliqué. Depuis le début de l'année, trois agences sud-coréennes organisant des mariages entre des Cambodgiennes et leurs compatriotes ont été fermées par le ministère. Cette interdiction ne sera levée que le 17 novembre
22 : Heng Pov, l'ancien commissaire de la police municipale de Phnom Penh, a écopé mardi 22 avril d'une sixième peine de prison, de dix-huit ans, prononcée par la cour municipale de la capitale du Cambodge. Si l'on cumule toutes les peines déjà prononcées à ce stade contre Heng Pov, 52 ans, l'ancien commissaire doit passer cinquante-huit ans et six mois à l'ombre.
28 : Le premier restaurant KFC (Kentucky Fried chicken) du Cambodge est inauguré en grande pompe à Phnom Penh, sur le boulevard Monivong.
MAI : Céréales et corruption 5 : La création d'une communauté de pays exportateurs de riz fait débat. Le Premier ministre Hun Sen envoie un message rassurant aux Philippines, dont les sénateurs verraient d'un œil inquiet la mise sur pied d'une organisation des pays exportateurs de riz (Oper) qui réunirait le Cambodge, la Thaïlande, le Vietnam, le Laos et le Myanmar. Une initiative qui s'inscrit dans un contexte de hausse des prix mondiaux du riz. Kompong Som (Cambodge), le 25 juin 2004. Dans une rizière, d'un polder de Prey Nup. Le Premier ministre Hun Sen rêve d'une organisation des pays exporteurs de riz, cet "or vert" asiatique © John Vink / Magnum
16 : Un cortège de la Ligue de la société civile de lutte contre la corruption marche sur l'Assemblée nationale cambodgienne pour remettre un rapport relatif à la campagne qu'elle a menée au Cambodge. Ce collectif d'une quarantaine d'ONG locales a recueilli entre décembre et avril plus d'un million d'empreintes digitales de citoyens prêts à dénoncer la pratique de la corruption. Une loi anticorruption, réclamée par les donateurs, est dans les cartons depuis plus de dix ans.
Phnom Penh (Cambodge), le 16 mai 2008. Un cortège de la société civile a remis à l'Assemblée Nationale une pétition de 1,98 million de signatures en faveur d'une loi anticorruption © John Vink / Magnum
26 : Le Premier minitre Hun Sen lève l'interdiction sur les exportations de riz cambodgien. Cet embargo avait été décidé deux mois plus tôt pour enrayer la flambée des prix de cette céréale. JUIN : Médias et prostitution
4 : Une centaine de représentants de prostitués dénoncent la nouvelle loi contre le trafic d'êtres humains au Cambodge, adoptée en mars 2008, qui a entraîné, critiquent-ils, la fermeture des maisons closes, l'arrestation jugée souvent violente de prostitués indépendants par la police et leur envoi dans un centre dit de réinsertion en périphérie de la capitale du Cambodge.
11 : L'organisation Reporters sans frontières (RSF) dénonce l'arrestation de Dam Sith, le directeur de publication du quotidien Moneaksekar khmer (La Conscience khmère), proche du Parti Sam Rainsy, qui intervient "à quelques semaines seulement des élections législatives", et appelle à sa libération. Le journaliste, emprisonné à la suite d'une plainte pour diffamation et diffusion de fausses informations déposée contre lui par le ministre des Affaires étrangères Hor Namhong, sera libéré le 15 juin après une intervention du chef du gouvernement. La seconde partie de la rétrospective consacrée à l'actualité du Cambodge, de juillet à décembre 2008, vue par la rédaction de Ka-set, sera publiée vendredi 2 janvier.
|
Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier