
Phnom Penh (Cambodge), le 31 janvier 2009. Sam Rainsy, leader du PSR, rejoint les membres de son parti lors du congrès en vue des élections des nouveaux conseils locaux prévues en mai 2009 ©John Vink/ Magnum Le Parti Sam Rainsy a réuni, samedi 31 janvier à son siège à Phnom Penh, plus de 2 000 membres en un congrès extraordinaire destiné à préparer ses troupes aux prochaines élections, celles des nouveaux conseils de la capitale, des provinces, des municipalités, des districts et des arrondissements de l'ensemble du Cambodge. Sur les bancs, essentiellement des conseillers communaux du parti, ceux-là mêmes qui seront amenés en mai à élire les membres des nouveaux conseils. L'occasion pour la formation d'opposition de réaffirmer sa position... et la solidité du Mouvement démocratique pour le changement.
Les instructions de Sam Rainsy Sam Rainsy a ouvert la ronde des discours en rendant tout d'abord un hommage aux membres du PSR œuvrant au niveau local. "Vous êtes mes yeux, mes oreilles, mon cerveau et mon cœur ! J'ai besoin de vos informations pour savoir comment vivent les habitants." Il les a encouragés à "communiquer et collaborer étroitement" et leur a annoncé qu'il avait demandé au secrétariat du PSR de mettre en place un moyen leur permettant de "contacter directement les responsables du parti", dont lui-même. Selon la secrétaire générale du PSR, Ke Sovannroth, au 31 décembre 2008, le parti dénombrait 747 131 membres, et il est intervenu au cours de l'année passée dans 48 affaires de violations des droits de l'Homme (meurtres, arrestations illégales, intimidation, etc.) à l'encontre de ses membres, a-t-elle détaillé. Après cet appel à resserrer les rangs, le leader leur a remis un bulletin traitant de la question de la décentralisation, un processus dans lequel s'inscrivent directement les élections des nouveaux conseils, "à étudier et à présenter aux citoyens". Une revue réalisée par l'Association pour la décentralisation au Cambodge, créée et dirigée par une membre du PSR, chef d'un quartier dans l'arrondissement phnompenhois de Russey Keo. "Aujourd'hui, je veux montrer qu'il existe des fidèles de longue date au PSR, qui n'ont pas rejoint un autre parti même si cet autre parti a tenté de les acheter avant les élections [législatives de juillet 2008]", a souligné Sam Rainsy, avant d'égratigner la chaîne TVK pour avoir mis sous les feux de la rampe les dissidents du PSR. "Je regrette que l'on parle davantage des défections que des fidèles du parti !" Un parti qui se réforme La réforme annoncée du PSR est sur les rails. Sam Rainsy a annoncé que les statuts du parti avaient été amendés ainsi que son règlement intérieur "en vue de le renforcer pour prévenir toute tentative extérieure visant à sa division", a-t-il expliqué succinctement. Un peu plus tard, Eng Chhay Eang, député PSR de Battambang, revenait un peu plus en détail sur un aspect de cette réforme, concernant la nomination du secrétaire général. Jusque-là, il était élu par les membres du comité directeur. Dorénavant, c'est le président du PSR qui le désignera, après toutefois consultation du comité directeur. "Et si le secrétaire général, trois mois après sa prise de fonctions, ne travaille pas correctement aux yeux du comité directeur, ce dernier pourra le révoquer en faisant une pétition." Rien de plus ne sera dévoilé sur les amendements adoptés. Le Mouvement démocratique pour le changement rétorque à Hun Sen Le 20 janvier, soit cinq jours après la création par le PSR et le Parti des droits de l'Homme (PDH) de leur Mouvement démocratique pour le changement, le Premier ministre Hun Sen, depuis la province d'Oddar Meanchey, avait lancé qu'il pouvait désagréger ce Mouvement quand il le voulait. Et le chef du gouvernement s'était alors fait un plaisir de rappeler la vague de défections de membres du PSR vers son parti, le PPC, à la veille des élections législatives... "Ce n'est pas la peine de chercher à vaincre le PPC !", avait-il mis en garde. Le congrès du PSR a donné l'opportunité aux dirigeants des deux partis d'opposition de répondre aux railleries de Hun Sen. Kong Korn, le vice-président de la formation de Sam Rainsy, a ouvert le premier le feu. "Il y a quelques jours, on a tenté par des mots de saper le Mouvement démocratique pour le changement (MDC). C'étaient des propos de Hun Sen. Or il est impossible d'atteindre cet objectif car les citoyens-électeurs nous suivent, nos fidèles restent à nos côtés. Dans ce régime, on se sert maintenant du pouvoir judiciaire pour nous arrêter...", a-t-il commenté au micro. Puis, ce fut le tour de Kem Sokha, le président du PDH, invité à participer au congrès du PSR, qui a martelé la solidarité des liens qui unissaient le PSR et le PDH au sein du MDC. "Nous n'avons pas peur ! Personne ne peut nous acheter ou nous diffamer. Nous continuons à travailler ensemble. Dès 1993, j'avais été attiré par les positions solides que tenait Sam Rainsy. Et aujourd'hui, le temps est venu pour nous de collaborer."
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Par Achey
Par Ben du Cambodge
Par Fournier