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L'ancien commandant de l'armée cambodgienne intègre le gouvernement aux côtés de 9 nouveaux membres
Par Duong Sokha   
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12-03-2009

Assemblee nationale © John Vink / Magnum

Phnom Penh (Cambodge), le 7 juillet 2007. Des militaires se prennent en photo, lors de l'inauguration de la nouvelle Assemblée nationale. Jeudi 12 mars, les députés ont accordé leur confiance à l'ancien commandant de l'armée cambodgienne récemment limogé, Ke Kim Yan, promu vice-Premier ministre
© John Vink / Magnum

Déjà décrié pour abriter plus de 360 ministres, secrétaires d'Etat et sous-secrétaires d'Etat, le gouvernement cambodgien va accueillir prochainement en son sein dix nouveaux membres. Jeudi 12 mars, lors d'une brève session extraordinaire de l'Assemblée nationale, en présence du Premier ministre Hun Sen, 86 des 87 députés présents (une abstention) ont accordé leur confiance à ces dix nouveaux venus. Parmi eux, Ke Kim Yan, l'ancien commandant en chef des Forces armées royales du Cambodge (Farc) limogé le 22 janvier par décret royal sur proposition de Hun Sen, se voit désigné "vice-Premier ministre chargé de lutte contre la drogue". Un retour en grâce pour ce haut-gradé, qui devient ainsi, comme annoncé une semaine auparavant, le dixième vice-Premier ministre de ce gouvernement pléthorique. Cette session a été boudée par les deux formations d'opposition, le Parti des droits de l'Homme et celui présidé par Sam Rainsy, ce dernier ayant par ailleurs vu son immunité parlementaire restaurée quelques jours avant ce vote.


Entre réhabilitation et promotion
La majorité des députés du Parti du peuple cambodgien (PPC) au pouvoir ainsi que les quatre élus que comptent les deux formations dites royalistes, le Funcinpec et le Parti Norodom Ranariddh, soit 87 représentants de la Nation sur les 123 que compte l'Assemblée nationale, ont répondu présents lors de la session extraordinaire présidée jeudi 12 mars par le hiérarque PPC Heng Samrin, destinée à avaliser les nominations de dix nouveaux membres du gouvernement.

Le général Ke Kim Yan, membre permanent du Comité central du PPC, dont la mise à pied en janvier dernier avait laissé supputer des dissensions entre Hun Sen et d'autres hauts responsables du parti au pouvoir, pénètre donc dans le cercle, qui ne cesse de s'élargir législature après législature, des vice-Premier ministre, occupant un fauteuil nouvellement créé, en charge spécifiquement de la lutte contre les stupéfiants.

Autre "réhabilité", Serei Kosal, ancien membre de la formation royaliste Funcinpec rallié au PPC à la fin de l'année 2008, récupère son fauteuil de ministre d'Etat, "chargé des missions spéciales", tandis que huit autres personnalités ont été désignées à des postes de secrétaires d'Etat auprès de cinq ministères.
 
Une multiplication de postes superflue dénonce l'opposition
Autant de nominations que les élus d'opposition, du Parti Sam Rainsy (PSR) et du Parti des droits de l'Homme (PDH), qui ont boycotté cette session, jugent surperflues alors que le gouvernement actuel compte déjà près de trois fois plus de membres (ministres, secrétaires d'Etat et sous-secrétaires d'Etat confondus) que d'élus à l'Assemblée nationale.

Pour Yim Sovann, porte-parole du PSR, cette inflation gouvernementale est forcément synonyme de gabegie. L'opposant souligne ainsi que le nombre de membres de l'équivalent du Conseil des ministres en Chine populaire, un pays de plus d'1,3 milliard d'habitants, est inférieur à celui du Cambodge, cent fois moins peuplé. "Cela revient à multiplier les dépenses de l'Etat, la bureaucratie et la corruption. Le gouvernement devrait réfléchir à des solutions pour résoudre les questions soulevées par la crise économique mondiale, la baisse du nombre d'investisseurs et de touristes étrangers, et la chute des exportations textiles, plutôt que de multiplier les postes", suggère l'élu PSR de Phnom Penh.
 
De son côté, Kem Sokha, président du PDH, a tenu à justifier le boycott de cette séance par les trois députés portant les couleurs de son parti (dont lui-même). Les sessions extraordinaires sont normalement censées permettre aux élus d'examiner des questions importantes pour la Nation, a-t-il expliqué. Or, selon lui, la désignation de ces nouveaux membres du gouvernement n'était ni urgente ni utile. "L'effectif du gouvernement actuel est déjà excessif par rapport aux autres pays dont certains comptent pourtant plusieurs centaines de millions d'habitants. Tant de sous-secrétaires d'Etat et de secrétaires d'Etat se promènent et n'ont rien à faire !", dénonce l'élu PDH de la province de Kompong Cham.
 
L'immunité parlementaire de Sam Rainsy restaurée
L'ordre du jour de cette session extraordinaire du jeudi 12 mars ne comportait que le vote de confiance sur les dix nouveaux responsables gouvernementaux. Mais c'est pourtant juste à l'issue de cette séance qu'a été discrètement annoncée la restauration de l'immunité du leader de l'opposition Sam Rainsy, actuellement en déplacement en Europe. Le premier vice-président PPC de la chambre basse, Nguon Nhél, a simplement déclaré aux journalistes que, sur proposition de la cour municipale de Phnom Penh et du ministère de la Justice, le Comité permanent (CP) de l'Assemblée nationale avait restauré mardi 10 mars l'immunité parlementaire du président du PSR, suspendue le 26 février. Sam Rainsy s'était vu suspendre son immunité pour avoir refusé de s'acquitter d'une amende de 10 millions de riels (2 500 dollars) après sa condamnation par le Comité national électoral qui lui reprochait d'avoir dénigré les dirigeants du PPC lors de la campagne des élections législatives de juillet 2008. Sam Rainsy avait finalement décidé de payer cette amende, peu après la suspension de son immunité parlementaire. Une affaire désormais bouclée.
 
 


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Assemblée nationale © John Vink / Magnum

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