| Si dimanche 27 juillet les Cambodgiens se sont rendus aux urnes dans le calme, preuve de leur engagement pour la démocratie, "il est décevant que cet engagement ne se soit pas reflété dans l'ensemble du processus électoral qui n'a pas atteint nombre de standards internationaux clés", a commenté mardi 29 juillet Martin Callanan, à la tête de la mission d'observation électorale de l'Union européenne (UE).
Glyn Ford, chef de la délégation du Parlement européen, s'est montré plus élogieux : "Malgré quelques problèmes durant la campagne électorale, et je parle au nom de quelqu'un qui était là en 2003 [année des précédentes législatives], j'ai le sentiment que le climat électoral s'est beaucoup amélioré, avec moins d'incidents violents et moins de plaintes que lors des précédentes élections au Cambodge." Avant la publication d'un rapport final annoncé pour octobre, les observateurs de l'UE ont présenté mardi 29 juillet leurs conclusions préliminaires, en demi-teintes, au cours d'une conférence de presse. Ils ont souligné d'un côté une amélioration en matière de transparence, de l'autre le manque de confiance chez les citoyens dans l'impartialité de l'administration électorale. En écho des organisations d'observation électorale locales, ils ont à leur tour affirmé que la campagne avait été marquée par l'utilisation à grande échelle des biens d'Etat par le PPC, par la distribution de dons et d'argent à des fins électorales, et son corollaire, une vague de défections de responsables et membres de l'opposition vers le PPC, et une couverture médiatique largement en faveur du parti au pouvoir. Si le parti du Premier ministre Hun Sen se fait égratigner par les observateurs de la mission de l'UE, le Comité national électoral (CNE) se voit décerner un bon point, ayant "prouvé sa compétence à organiser de bonnes élections sur un plan technique" et, par souci de transparence, ayant "décidé de publier les résultats de chaque bureau de vote sur son site internet". Cependant, regrette la mission de l'UE, les dispositions concernant les procédures d'appel et de plaintes sont par "trop complexes". La mission de l'UE rappelle en outre que "le CNE a refusé de rétablir les noms de quelque 50 000 électeurs jusque-là enregistrés, qui ont de fait été privés de leur droit de vote", un problème aujourd'hui au coeur d'une large polémique, notamment alimentée par l'opposition. Elle affirme néanmoins que ses observateurs "n'ont pas trouvé la preuve d'une suppression systématique des noms de militants de l'opposition" comme cette dernière l'affirme. Par ailleurs, les opérations de sensibilisation auprès des électeurs menées par l'administration électorale ont été jugées "inadéquates" par les observateurs européens, et nombre de chefs de villages ont, selon eux, présenté aux électeurs le processus électoral "de manière biaisée". |