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Les législatives au Cambodge dans l'ombre de Preah Vihear : les électeurs appelés à se mobiliser
Par Ros Dina   
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25-07-2008

Cambodge - elections - legislatives 2008 © John Vink / Magnum
Phnom Penh, le 25 juillet 2008. Sympathisante au dernier jour de campagne menée par le parti au pouvoir, le PPC
© John Vink / Magnum
 

Dans une conférence de presse conjointe, cinq organisations et collectifs d'ONG ont évoqué le "climat tendu et peu sûr" qui prévaut à la veille du scrutin de dimanche, résultat, selon eux, d'une série de menaces et meurtres politiques, du déploiement de troupes armées thaïlandaises et cambodgiennes à la frontière, autour du temple de Preah Vihear, et du manque de neutralité de la plupart des représentants du gouvernement, des autorités, des forces armées et de la police.


Le risque d'un désintérêt pour les élections
"L'impasse militaire à Preah Vihear retient davantage l'attention des électeurs. C'est pourquoi il est absolument crucial de les mobiliser à nouveau", a affirmé vendredi 25 juillet Thun Saray, président du comité directeur de l'ONG d'observation électorale Comfrel. Le niveau de participation électoral  pourrait en subir les effets, redoute-t-il, particulièrement dans la province de Preah Vihear.

Des craintes qu'expriment également Kul Panha, directeur de l'organisation. "Avec le conflit qui nous oppose à la Thaïlande, les législatives ont été reléguées en seconde position ! Au point où les électeurs n'ont pas vraiment suivi cette dernière semaine les activités des partis politiques en lice. Ils vont se rendre aux urnes sans trop connaître les enjeux, voire resteront chez eux."

Où voteront les militaires déployés à Preah Vihear ?
Pour Thun Saray, les soldats en poste à la frontière, et originaires d'autres provinces, devraient pouvoir voter dimanche dans un bureau de vote "spécialement mis en place pour eux". Une idée qu'il dit avoir soumise au Comité national électoral (CNE).

Hang Puthea, directeur de l'ONG Nicfec, a rapporté que le Comité provincial électoral de Preah Vihear avait écrit au Comité national électoral pour demander l'ouverture de deux bureaux de vote supplémentaires à l'attention des soldats afin qu'ils puissent accomplir leur devoir électoral en uniforme, disant ignorer ensuite de quelle manière ces voix pourraient être redistribuées.

Les deux observateurs disent attendre des réponses à ces requêtes. Contacté par Ka-set, le CNE affiche une position tranchée sur cette question. "Ces soldats sont en mission, ils perdent donc leur droit de vote", explique Tep Nitha, le secrétaire général du CNE.

"La nuit des chiens hurlants"
Comme à la veille de chaque élection, les observateurs disent redouter "la nuit des chiens hurlants", une expression utilisée pour désigner l'octroi de divers cadeaux électoraux aux électeurs à la faveur de la nuit dans le but d'acheter leur voix ou bien leur abstention.

Kul Panha, directeur de Comfrel, devant la difficulté à rassembler des preuves de cette pratique illégale, a appelé les électeurs à « coopérer » avec les observateurs afin que des plaintes motivées puissent être déposées auprès du CNE.

Hang Puthea a quant à lui donné comme consigne à ses équipes d'observateurs d'appeler le siège de l'ONG pour obtenir des renforts s'ils venaient à surprendre en flagrant délit certaines personnes invitant chez elles des habitants dans le but de les soudoyer. Car parfois, a-t-il souligné, "la police s'interpose et il faut donc être en nombre".

La directrice thaïlandaise d'Anfrel a ajouté que "la nuit des chiens hurlants" n'était pas propre au Cambodge mais se tenait dans presque tous les pays d'Asie à la veille d'importants scrutins.

Les violences, moindres qu'en 2003

Au cours de la seule campagne électorale, lancée le 26 juin et qui se termine vendredi 25 juillet au soir, six affaires de meurtres sont à déplorer, dont quatre ont des membres du parti au pouvoir, le PPC, pour victimes, et deux du Parti Sam Rainsy.

Les cas d'agression physique et d'intimidation, au nombre de 56, se sont produits "dans presque toutes les provinces et municipalités" du Cambodge, ajoutent les ONG, qui ont également identifié 151 cas de fonctionnaires, forces armées et représentants des autorités locales qui, dans le cadre de leurs fonctions, ont participé à des opérations électorales en faveur du PPC et contre les autres partis en lice.

Thun Saray a cependant reconnu que la situation pré-électorale cette année avait été plus sereine qu'en 2003, lors des précédentes législatives.

Pour en savoir plus

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La nuit des chiens hurlants

Avant chaque élection, les observateurs électoraux disent redouter la "nuit des chiens hurlants". Cette expression désigne la soirée de veille des élections, durant laquelle les électeurs se voient proposer des cadeaux contre un vote favorable ou une abstention le lendemain. Pour remettre leurs cadeaux électoraux, les militants font du porte-à-porte nocturne, faisant hurler sur leur passage la gente canine.

 

 


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