
Le 25 décembre 2007, les nonnes ont marché de Pochentong jusqu'à Kambol © John Vink / Magnum Plus de 400 nonnes, accompagnées d’une poignée de bonzes et d’une centaine de lycéens, ont choisi le jour de Noël pour marcher sur le tribunal mis en place pour juger les anciens dirigeants khmers rouges et situé à près de 20 kilomètres de la capitale Phnom Penh. Une initiative très symbolique, initiée par le Centre cambodgien de documentation, une organisation spécialisée dans la documentation des crimes et atrocités commis sous Pol Pot.
Dans le cortège de nonnes, toutes de blanc vêtues, une majorité de femmes à qui le régime génocidaire a pris mari et enfants. Sur leurs banderoles, elles ont appelé à « chercher la justice ensemble », ou encore à « marcher pour la paix », et remercié les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), le nom officiel donné au tribunal à caractère international, pour être « un remède au cycle de vengeance ». Pour Ba Nouv, une bonzesse de 63 ans, l’objectif de cette procession est d’attirer l’attention du public, et plus particulièrement des plus jeunes, sur le jugement à venir des anciens cadres khmers rouges. La jeune génération est en effet souvent ignorante de ce chapitre noir de l’histoire du pays qui n’a toujours pas sa place dans les manuels scolaires. Les assistants des co-procureurs, qui sont allés accueillir les religieux dans la cour du tribunal, ont salué leur rôle dans ce long processus qui doit rendre justice aux victimes des crimes perpétués sous les Khmers rouges. Au cours des 3 ans 8 mois et 20 jours durant lesquels ces derniers ont régenté le pays, de tradition bouddhiste, ils ont éradiqué toute forme de culte religieux et anéanti le clergé. Ces nonnes pourraient venir témoigner devant le tribunal qui, au 25 décembre 2007, avait déjà reçu plus de 400 plaintes de victimes des Khmers rouges. |