
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 25 août 2009. Sotheara Chhim, psychiatre, lors de sa déposition sur un écran dans la salle de presse au 64e jour du procès de Duch aux CETC © John Vink/ Magnum Le psychiatre Sotheara Chhim, directeur cambodgien de l'organisation TPO (Transcultural Psychosocial Organization), basée à Phnom Penh, a été entendu à titre d'expert, mardi 25 août. Un témoignage nécessaire pour évaluer le traumatisme des victimes des Khmers rouges dans la société cambodgienne et son impact sur un plan autant individuel que collectif. Malheureusement, la traduction a patiné, amputant certaines réponses du médecin et s'embrouillant dans le vocabulaire technique. L'expert a expliqué comment le tribunal khmer rouge pouvait constituer un point de départ vers la guérison et la réconciliation, estimant que cette procédure devrait être complétée par un autre mécanisme, ultérieur, de réparation.
Le travail de destruction des Khmers rouges Le Dr Sotheara Chhim a commencé par dresser un tableau social des plus noirs de la situation sous les Khmers rouges, revenant sur le climat de méfiance et de crainte instauré notamment par une catégorisation de la population, la destruction de la culture khmère et de ses fondements religieux, l'interdiction des libertés cultuelles, décidées par les nouveaux maîtres du pays, soucieux de faire table rase du passé. "Les Cambodgiens ont ainsi souffert d'un immense impact psychologique. Les gens se fondaient sur leurs croyances pour régler leurs problèmes et donner un sens et une explication logique à ce qui se passait autour d'eux. Mais la destruction de ces croyances a entraîné un déficit psychologique. Et lorsqu'ils rencontraient un problème, les gens ne pouvaient plus trouver de solution. Les Khmers rouges ne les autorisaient en effet pas à rendre hommage comme la tradition leur avait appris à le faire ou à pratiquer leur religion. Les Khmers rouges ont également obligé les familles à se séparer. Les enfants ont été retirés à leurs parents. Or, à un jeune âge, ils ont besoin de l'amour de leurs parents mais en ont été privés. De plus, les gens ont été torturés, privés de nourriture et cela a aussi contribué au traumatisme. [...] [Les enfants] ont également été obligés d'espionner leurs propres parents et certains d'entre eux ont été jusqu'à les tuer. Cette expérience a laissé un goût plus qu'amer dans la bouche de ces enfants car les Khmers rouges ont détruit la santé de chacun de ces êtres en les forçant à travailler de manière excessive, en ne leur donnant pas de logement suffisamment salubre. A cela s'ajoute l'état de peur constant dans lequel vivaient les gens, et cela sur une longue période." Beaucoup de traumatisés pour peu de psychiatres Le professionnel avance le taux de 40%, chez les Cambodgiens âgés de plus de 18 ans, à avoir souffert et souffrir de troubles de stress post-traumatique (TSPT). Une récente étude, dirigée sous la direction de l'universitaire américain Jeffrey Sonis, fait état d'une prévalence de TSPT de 11,2% dans l'ensemble de la population cambodgienne. Une proportion importante au vu du petit nombre de psychiatres que compte le royaume, soit 32, quand ils étaient à peine 10 en 1994, pour une population de 14 millions d'habitants, souligne le Dr Sotheara Chhim. Un traumatisme présent, ou prêt à ressurgir Les patients que traitent son ONG, TPO, a-t-il expliqué, revivent en permanence les événements du passé, qui sentant les larmes lui monter quand la pluie se met à tomber, lui rappelant que sous les Khmers rouges, ils étaient constamment exposés aux éléments, qui répétant le même cauchemar dans lequel il est poursuivi par des hommes de Pol Pot qui veulent le tuer. "Certaines victimes, qui ont vécu ces événements, souffrent de dépression et ont du mal à s'accrocher à la vie, ils perdent le sens de l'effort pour être des parents pour leurs enfants. [...] Etant donné ces événements traumatisants, de nombreuses personnes se sont plongées dans l'alcool, certaines ont développé des troubles d'hypertension, des maladies chroniques." Et l'absence, après le régime khmer rouge, de services psychologiques et psychiatriques dans le pays n'a fait qu'amplifier le traumatisme des victimes, reconnaît le médecin. De même que la préoccupation, pour beaucoup, de subvenir aux besoins immédiats de leur famille, dans une logique de survie. "Ceci ne signifie pas que les personnes ne sont pas traumatisées mais qu'elles n'ont pas eu la possibilité d'être traitées et, un jour, ce trauma va ressurgir, ou ressurgit. [...] Cependant, suite à la création de ce tribunal, les gens peuvent se rappeler le passé et mettre de côté leur subsistance au quotidien et se concentrer à présent sur leurs problèmes mentaux car ces traumas ressurgissent. Le tribunal peut les aider à faire face et à se concentrer sur le traitement de leur trauma." Une société entière marquée par la tragédie khmère rouge L'impact de cette tragédie se ressent inévitablement sur les générations qui n'ont pas directement vécu le régime khmer rouge, même si aucune étude sur ce sujet n'a été réalisé, fait valoir le Dr Sotheara Chhim, qui donne comme exemple les répercussions sur une famille entière que peut avoir un parent survivant, en proie à l'alcoolisme. Les pays qui ont connu des conflits importants, rappelle-t-il, font souvent face à une montée en puissance de la violence, notamment domestique, et le Cambodge ne fait pas exception. En démantelant la cellule familiale, les Khmers rouges ont plongé les enfants dans une "crise identitaire". "Ils ne savaient plus s'ils étaient les enfants de leurs parents ou de l'Angkar", qui de surcroît les a endoctrinés de sorte à ce qu'ils exécutent toutes sortes d'ordres, y compris les plus barbares. "Maintenant, insiste le psychiatre, ils sont à leur tour parents et reproduisent envers leurs enfants ce qu'ils ont vécu, plus jeunes." La vérité et la justice, à l'origine de la guérison Au juge Lavergne qui l'interroge sur l'impact d'un procès comme celui de Duch sur les victimes présentant des troubles psychologiques, le Dr Sotheara Chhim répond que cela peut les aider à surmonter leur traumatisme pour se voir rendre justice et leur permettre d'obtenir les réponses à leurs questions par le biais des débats en audience. Mais il prévient : si ce processus judiciaire peut leur permettre de panser leurs plaies, le chemin reste long pour surmonter leur traumatisme, nombre de rescapés continuant à fonctionner comme si de rien n'était. Sous le Kampuchea démocratique, l'Angkar suprême, l'instance dirigeante abstraite derrière laquelle se dissimulait en fait le Parti communiste du Kampuchea, était constamment invoquée dans toutes les décisions appliquées. Or, note l'expert, "lors du procès, on a entendu d'anciens Khmers rouges rejeter eux-mêmes la faute sur l'Angkar. Et certains s'abritent derrière l'Angkar pour nier leurs responsabilités sous le régime. Ce qui peut créer plus de souffrances encore pour les victimes, lesquelles se heurtent à ce déni de responsabilité. Par conséquent, le processus de guérison dépend de la bonne volonté de l'accusé notamment, pour ce qui est de révéler la vérité, pour ce qui est de montrer qui se trouvait derrière les crimes commis sous ce régime. Si cela ne se produit pas, les blessures psychologiques infligées à la population ne pourront se cicatriser. On l'a vu, certaines parties civiles n'acceptent pas les excuses qui leur sont faites car elles jugent ces demandes de pardon inappropriées et non sincères. Là, il n'y a pas de processus complet qui puisse se faire. Cela dit, elles peuvent par ailleurs trouver en quelque sorte un soulagement à exprimer ce qu'elles ont à dire." L'importance de la participation des victimes au procès Le co-procureur international, Vincent de Wilde, égrène alors une série de questions sagaces. "Pour les victimes qui se sont constituées parties civiles et pour la société cambodgienne en général, quelle est l'importance de leur participation active au procès, en public, devant la nation ? Est-ce que les autres victimes peuvent se reconnaître à travers la démarche de ces parties civiles et est-ce que cela peut jouer le rôle de catharsis pour la société cambodgienne sans pour autant constituer la solution miracle ?" Le Dr Sotheara Chhim répond par l'affirmative. "En venant déposer, ces victimes font en quelque sorte de ce procès leur forum où elles peuvent exprimer, publiquement, des émotions enfouies depuis toutes ces années, et montrent que ce qui s'est passé sous les Khmers rouges s'est effectivement réellement produit." Et il ajoute que, à ce jour, ce chapitre de l'histoire cambodgienne n'avait pas figuré aux programmes scolaires, pas plus qu'on en parlait. "Il y avait comme une conspiration du silence. La population évitait d'en parler." Et les dépositions faites devant cette Chambre contribuent à briser ce silence, veut-il croire. Une guérison difficile à mener à l'extérieur du pays La tristesse ressentie par les survivants de la perte de proches sous les Khmers rouges, en même temps que leur colère, semblent s'accroître avec le temps. "On a constaté, reprend le co-procureur, que c'était notamment le cas des personnes qui étaient à l'extérieur du pays pendant la période du Kampuchea démocratique et qui y ont perdu des proches, alors même qu'elles avaient accès à des soins psychologiques. Pensez-vous qu'il y a un transfert sur la partie civile de la peur et des souffrances que la partie civile imagine avoir été celles des défunts ?" Pour les victimes résidant à l'étranger, précise l'expert, c'est tout aussi difficile pour elles de surmonter leur traumatisme, se trouvant loin de chez elles, dans des pays qui ne partagent pas les mêmes traditions ou croyances ni la même langue ni le même passé. Ainsi, même si elles y connaissent des conditions de vie meilleures, "elles ont néanmoins perdu quelque chose". Pour illustrer son propos, il évoque ce patient cambodgien basé en Australie, pour qui les traitements qu'il recevait n'étaient d'aucun secours pour apaiser ses souffrances. "Il lui était en fait difficile de pratiquer sa religion. Il est rentré au Cambodge et a pu prier pour l'âme de ses parents. Et cela l'a soulagé sur le plan psychologique. Quand il est rentré en Australie, il se sentait beaucoup mieux." Pourquoi l'absence de pardon vis-à-vis de l'accusé ? Vincent de Wilde enchaîne. "Comment expliquer l'absence de pitié [...] des parties civiles (à une exception près) vis-à-vis de l'accusé ainsi que l'absence totale de pardon vis-à-vis d'un accusé qui a pourtant coopéré et exprimé des regrets, du moins dans une certaine mesure. Faut-il donc, d'abord, que justice soit faite, que le verrou de l'impunité saute, avant d'envisager d'autres étapes, peut-être, vers l'acceptation d'excuses ou, plus tard encore, vers le pardon et la réconciliation ? Autrement dit, sommes-nous seulement au début d'un très long processus vers une réconciliation ?" Pour le Dr Sotheara Chhim, il est important en premier lieu de comprendre quels sont les besoins des victimes, les causes de leur stress post-traumatique et leurs souhaits. Ensuite, "si justice est rendue, les parties civiles pourront en tirer les conséquences et éventuellement donner leur pardon. Ce pardon est une clé essentielle pour ouvrir la porte à une guérison psychologique. Et, en l'absence de pardon, il est très difficile pour cette guérison psychologique de se faire, ce qui a un impact sur la réconciliation nationale. Il y a donc ici une volonté à faire montre de la part et de l'accusé et des victimes d'une volonté d'oeuvrer ensemble à la manifestation de la vérité, et d'une vérité qui puisse être acceptée par les victimes." Bourreau et victime à la fois ? Le magistrat belge l'interroge ensuite sur la rencontre entre les parties civiles et l'accusé qui a lieu dans un procès. "Si un accusé, n'importe lequel, par ses paroles répétées, tente de se placer lui aussi du côté des victimes et de partager ainsi leurs souffrances, dans quel état psychologique les victimes ou les parties civiles peuvent-elles se retrouver face à ce brouillage des rôles qui pourrait leur faire croire que le bourreau est lui aussi une victime ou que les victimes auraient pu également être des bourreaux ? Quel est l'impact sur les parties civiles de ce type de discours ?" L'expert reconnaît l'importance de premier plan d'une telle question. Ne voulant pas s'aventurer sur le cas des anciens responsables khmers rouges et encore moins sur ceux mis en examen par le tribunal, il aborde la situation des enfants enlevés par l'Angkar à leurs parents qui ont été enrôlés de force et envoyés au combat ou encore se sont retrouvés en poste à S-21. "A prime abord, ce sont à la fois des victimes et des auteurs de crimes. [...] Il s'agit là d'un cercle complexe." L'équilibre entre la justice des hommes et celle de Bouddha "Une partie civile nous a parlé de l'opposition entre ses souffrances personnelles et la notion de karma, mettant également en relief une certaine opposition entre la justice des hommes et la justice de Bouddha, rappelle Vincent de Wilde. Pourriez-vous nous éclairer là-dessus, d'un point de vue psychologique. Est-ce que, du fait de la religion dominante dans ce pays, le karma peut jouer un rôle dans le fait qu'un certain nombre de victimes n'osent pas participer à un processus judiciaire devant la justice des hommes et préfèrent seulement s'en remettre à la justice de Dieu et aussi de ne pas lutter autant qu'elles le feraient dans une autre culture ?" Le Dr Sotheara Chhim met en avant le fait que la majorité des Cambodgiens adhèrent au bouddhisme, et partant au principe du karma, et considèrent que "la vengeance n'est pas une solution aux problèmes". Selon lui, "il faut établir un équilibre entre la notion de karma et la notion de justice des hommes pour arriver à ce que justice soit rendue". Cependant, estime-t-il, cela relève d'une approche, d'un choix propre à chacun. La peur des victimes à témoigner en public La guérison psychologique des victimes du régime khmer rouge est fonction de l'honnêteté de l'accusé et des anciens dirigeants du Kampuchea démocratique, répète plus tard l'expert. "Nous savons qui sont les responsables mais l'absence de prise de responsabilité est un fardeau supplémentaire qui pèse sur les épaules des victimes [...]. Les Cambodgiens sont en colère face à cette incapacité à les voir reconnaître leurs responsabilités." Ils sont par ailleurs également réticents à venir témoigner devant la Chambre. Comme le fait ainsi observer Me Werner, co-avocat des parties civiles, certains de leurs clients s'étant sentis, à la dernière minute, "trop fragiles" pour venir s'exprimer et affronter l'accusé. "Il y a plusieurs causes à cela, explique le Dr Sotheara Chhim. Tout d'abord, il y a l'aspect psychologique et le fait que les victimes n'ont pas été soignées. Je suis admiratif devant les parties civiles qui ont trouvé le courage de comparaître. [...] Certaines disent qu'en voyant le procès et en voyant l'accusé, elles ont des flash-back, se souviennent et, du coup, la douleur est ravivée. [...] Elles manquent aussi de confiance en elles-mêmes et ne se sentent pas suffisamment en sécurité pour pouvoir parler en public et continuent de vivre aujourd'hui dans la crainte. Les Khmers rouges ont appris aux gens à se méfier les uns des autres, ils les ont fait s'espionner les uns les autres. [...] Les victimes nous ont souvent dit qu'elles n'avaient confiance en personne." La justice doit être rendue "en plusieurs étapes" Me Kar Savuth, co-avocat national de Duch, met en question pour sa part une possible guérison des survivants, étant donné que les responsables des 200 autres prisons qui existaient sous les Khmers rouges, parmi d'autres bourreaux connus, ne sont pas aujourd'hui poursuivis. Il est important, souligne le psychiatre, que la justice soit rendue en plusieurs étapes. "Il y a les CETC [Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens], qui constituent une justice un peu symbolique car nous jugeons ici les principaux responsables des crimes commis par les Khmers rouges, et pour guérir sur le plan psychologique toutes les victimes au niveau de la collectivité, il faudra mettre en place un autre mécanisme de réconciliation." Il ignore quelle forme celui-ci doit prendre mais se dit convaincu que les ONG, les pouvoirs locaux et le gouvernement doivent joindre leurs efforts pour mettre en place "un forum commun de réconciliation". Et il suggère comme option la création de tribunaux locaux. Trop tôt pour parler de pardon ? Son collègue international, Me Roux, revient quant à lui, sur le pardon - "un lent processus", comme l'a décrit le témoin -, "qui va certainement bien au-delà de cette audience". "Je ne comprends pas très bien qu'on puisse, ici même, dire à une victime qui vient exprimer sa souffrance : êtes-vous prêt à pardonner ? Cela n'est pas le débat d'aujourd'hui. Et vous avez rappelé que c'est à partir du moment où justice sera passée que, peut-être, des choses pourront advenir entre les victimes et l'accusé. Mais ai-je raison de dire qu'il est trop tôt, aujourd'hui, pour demander brutalement à une victime : Etes-vous prête à pardonner ?" "Je ne suis pas expert en pardon !", précise le Dr Sotheara Chhim. Cependant, il convient qu'il est "trop tôt" pour parler de pardon "car rien n'a encore été clairement montré". "Peut-être ce processus pourra-t-il survenir une fois le procès terminé ? Le pardon est un processus à la fois individuel et collectif. [...] Mais certains resteront enfermés dans leur colère jusqu'à la fin de leurs jours." Et cette question du pardon est récente dans l'esprit des gens, ajoute-t-il. Pour l'heure, "la chose la plus importante est de révéler la vérité", martèle-t-il. Préparer les victimes à voir certaines de leurs attentes déçues Puis, Me Roux avance qu'il est important d'enlever "quelques illusions" aux victimes, en les prévenant qu'elles n'auront pas forcément toutes les réponses à leurs questions, "pourtant légitimes", et que, "malgré cela, il faudra qu'elles recherchent leur guérison". "Qui pourra comprendre Pol Pot ? Que nous essayons d'établir la réalité des faits, oui. Mais le pourquoi du régime des Khmers rouges, quelqu'un sera-t-il, un jour, en mesure d'expliquer le pourquoi du régime des Khmers rouges ?" Il est important, considère l'expert, "de connaître la vérité et que justice soit faite. C'est ce que les victimes souhaitent. Et ce sont les conditions qui peuvent mener à la guérison des plaies psychologiques. Je pense qu'il est difficile d'atteindre cet objectif. Selon moi, tout le monde peut projeter, en fonction de sa compréhension, une version de la vérité. Cela dépend du degré d'acceptabilité de la vérité de la part des victimes. En bref, il est difficile de révéler la vérité et ceux qui la connaissent sont les bourreaux et Dieu." Aucun avocat des parties civiles ne reviendra sur la question du pardon et de son acceptation, si habilement récupérée à l'avantage de la défense. Duch, prêt à entendre les victimes évoquer leur traumatisme Au tour de l'accusé de s'exprimer sur la teneur des propos de l'expert. D'emblée, Duch précise ne "pas posséder de connaissances dans le domaine de la psychologie" mais considère que ce qui a été dit est "positif" car "sans parti pris". Il reconnaît que les conséquences "immenses" des crimes contre l'humanité perpétrés par les Khmers rouges "feront sentir leurs effets encore longtemps". Il dit alors, à nouveau, accepter la responsabilité des crimes commis à S-21 et mériter "la peine qui sera jugée juste par le peuple cambodgien". "Quand je me retrouve face aux victimes, aux veuves, aux orphelins, je comprends qu'ils me condamnent et je m'incline devant ces victimes. [...] Je regrette que toutes n'aient pas eu l'occasion de parler." C'est ainsi le cas de la veuve de M. Chau Seng (ancien ministre sous le Sangkum Reastr Niyum, interné à Boeung Trabek et éliminé à S-21), qui n'a pas choisi de se constituer partie civile, note-t-il, pour lui "jeter la pierre". Cependant, il se dit prêt à croire qu'elle a vécu "quelque chose qui a un impact psychologique à long terme", et s'incline "à distance" devant elle. Et Duch termine sa déclaration en présentant ses "respects" au public massé dans la galerie, et constitué notamment... d'habitants de son village natal, de la province de Kompong Thom. 
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 25 août 2009. Visiteurs de Stung, le district de l'accusé, ayant quitté leurs maisons à 3 heures du matin afin d'assister au 64e jour du procès de Duch aux CETC © John Vink/ Magnum
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