
Siège de l'ONG Adhoc (Phnom Penh, Cambodge), le 16 février 2009. Les déclarations de Phork Khan, partie civile, devant la cour différaient de celles qu'il avait précédemment faites par écrit. "C'est ce que je vous ai déclaré oralement qui est la vérité !" ©John Vink/ Magnum (archives) La journée d'audience de mardi 7 juillet a fait écho à celle de la veille. Des rescapés de S-21, jusque-là inconnus, se succèdent à la barre et livrent des témoignages qui ne recoupent pas toujours les dépositions écrites qu'ils ont faites dans leurs dossiers de demande de constitution de partie civile, ou les récits de leurs histoires qu'ils ont confiés à des journalistes. Ils donnent en outre des détails qui ne collent pas avec ce que l'on sait, à ce jour, du tristement célèbre centre de détention et, ne manque pas de relever la défense, leur passage à S-21 n'aurait été consigné nulle part. On les croit sincères quand ils racontent les souffrances qu'ils ont endurées mais le doute est là : ont-ils bien été détenus à S-21 ou dans une autre prison ? Un doute embarrassant qui peut jeter le discrédit sur leurs témoignages mais également sur ceux des survivants incontestables entendus la semaine passée. Et d'aucuns de s'interroger sur le travail en amont qui aurait dû être effectué par leurs avocats.
Pas grand-chose dans le dossier Comme la veille, la défense indique d'entrée de jeu qu'elle émet des doutes quant au fait que le témoin à venir ait été détenu à S-21. Lay Chan, 55 ans, est un paysan qui a rejoint avant 1975 les forces révolutionnaires au sein desquelles il est devenu un messager. Courant 1976, il est arrêté et incarcéré quelque trois mois durant à S-21, raconte-t-il, accusé d'avoir participé à "un vol de riz pour le compte de l'ennemi". Durant son séjour à ce qu'il croit être la prison gérée par l'accusé, les gardes lui demandent de creuser à l'extérieur et la nuit des trous destinés, lui explique-t-on alors, à la plantation de bananiers. Les yeux la plupart du temps bandés, il n'a rien vu d'autre que sa cellule individuelle, sans air et à la puanteur sans nom, dans laquelle il ne pouvait se tenir debout tant le plafond était bas, explique-t-il. "Avez-vous pu savoir comment s'appelait le lieu de votre captivité ?", lui demande le président Nil Nonn. "Je l'ignorais au début. Mais, un jour, j'ai surpris une conversation entre deux gardes qui disaient que c'était l'école de Tuol Sleng. [...] C'est ainsi que j'ai pu le savoir", répond le témoin, qui s'est constitué partie civile. Et depuis la chute du régime khmer rouge, il n'est retourné qu'une fois sur les lieux. "L'endroit avait déjà été modifié. Il ne ressemblait plus tout à fait à ce qu'il avait été avant", commente-t-il. Il sera interrogé deux fois et par deux fois passé à tabac, et ce jusqu'à perdre connaissance. Des sévices dont il dit souffrir encore aujourd'hui, ayant notamment perdu l'usage de son oreille gauche. Après trois mois, il est embarqué dans un véhicule qui le jette à Phnom Penh, sur la chaussée et, là, il est récupéré par une moto qui l'emmène dans un endroit où durant un an il est rééduqué par le travail, affecté au ramassage de bois de chauffage. Ensuite, raconte-t-il, il est réintégré à son unité où on l'assigne au potager.
 Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 7 juillet 2009. Lay Chan, partie civile, a décrit avec émotion et en détails les conditions terribles de détention à "l'école de Tuol Sleng". Mais pour Me Kar Savuth, co-défenseur de Duch, il y aurait "peut-être confusion entre deux prisons"... ©Stéphanie Gée
Le dossier de Lay Chan en main, le président constate qu'il "n'y a pas grand-chose" comme documents en appui de la demande de réparations de cette partie civile. Ses avocats, du groupe 3 des parties civiles, interviennent : "Nous n'avons pas été à même de trouver d'autres documents mais nous lui poserons des questions qui pourront faire la lumière sur son cas", promettent-ils. De la déposition écrite à la déposition orale Le juge Thou Mony : "Quel terme les deux gardes, dont vous avez surpris la conversation, ont-ils exactement utilisé quand ils parlaient de l'école ou la prison de Tuol Sleng ?" "Ecole de Tuol Sleng", affirme, catégorique, Lay Chan. "En dehors de cette discussion, d'autres sources vous ont permis d'indiquer que vous vous trouviez bien à S-21 ?" "J'ai pu observer que c'était un centre de détention parce que j'entendais des cris et des pleurs de plusieurs personnes, même si je ne les voyais pas", répond le témoin. "Durant les trois mois de votre détention, avez-vous vu d'autres prisonniers ?" "Pendant cette période, je n'ai pas eu le droit de circuler librement ou de m'approcher d'autres détenus." Le président rebondit avec d'autres questions et demande, de manière inattendue, si le témoin a entendu un groupe électrogène en marche durant les séances d'interrogatoire musclées. Lay Chan a bien entendu un bruit mais quant à dire s'il s'agissait du moteur d'un véhicule ou d'un groupe électrogène, il ne sait pas. "Dans votre plainte, vous avez dit qu'un groupe électrogène était branché de sorte à couvrir les cris des personnes torturées. C'est ce qui est écrit dans votre demande de constitution de partie civile, c'est pourquoi je vous demande cela." Côté accusation, qui présente encore une nouvelle tête au procès, côté international - Anees Ahmed -, on demande au témoin s'il connaissait la ville de Phnom Penh avant son arrestation. "Pas très bien", confesse Lay Chan. Interrogé par l'un de ses avocats, Me Kim Mengkhy, il souligne ne s'être jamais ouvert à ses proches sur ses souffrances, même aujourd'hui. Quand un autre avocat le questionne sur les rations alimentaires - "cela faisait penser à de la nourriture pour animaux" - et sur la façon dont il a pu survivre s'il n'avait pas accès à de l'eau, le témoin s'écroule d'un coup. Il porte ses mains à son visage comme pour retenir ses sanglots. Se reprenant avec courage, il répond : "Quand j'avais soif, je n'osais pas demander de l'eau alors, quand je devais faire mes besoins, je buvais ma propre urine". Duch : "Rien ne prouve qu'il a été détenu à S-21" L'accusé est invité à faire quelques observations. Bien droit derrière son bureau, Duch déclare ne pas savoir "comment [Lay Chan] a pu être relâché [de S-21]. Toutes les prisonniers sous mon contrôle, j'avais reçu l'ordre de les écraser." Et il ajoute n'avoir pas trouvé dans la liste des détenus de S-21 le nom de la partie civile et, comme avec le témoin de la veille, assène un "il n'y a rien qui me prouve qu'il ait été détenu à S-21". Tuol Sleng ou S-21 ? Son co-avocat cambodgien, Kar Savuth, revient sur le terme "école Tuol Sleng" que le témoin aurait entendu dans la bouche de jeunes gardes. "A l'époque, sous le régime khmer rouge, cet endroit était connu sous le nom de code S-21 et on ne l'appelait pas autrement. [...] Comment les gardes entre eux pouvaient-ils parler de la prison de Tuol Sleng ?" Lay Chan s'en tient à sa déposition, il est sûr de ce qu'il a entendu. Une confusion entre deux prisons, selon la défense Me Savuth reprend la description de la cellule par le témoin : un mètre de large, plafond en ciment et très bas. "Peut-être confondez-vous S-21 et un autre endroit car, à S-21, les cellules étaient petites, certes, mais de plafond assez haut. Les cellules individuelles ont été construites dans des salles de classe et avaient la même hauteur que la salle de classe. Et vous auriez beau sauter, votre tête ne pourrait pas toucher le plafond !", fait observer, avec maladresse, l'avocat. Lay Chan maintient ses dires, et Me Kar Savuth insiste : "Je pense qu'il y a peut-être confusion entre deux prisons car, sous le régime khmer rouge, il y a eu de nombreux centres de détention". "Les preuves, je les porte tangiblement sur mon corps" L'avocat tente de faire valoir son point de vue. "Avez-vous des preuves de votre détention à S-21 et de votre libération de S-21 car toute personne entrée à S-21 devait se voir rédiger une biographie et aucune de ces personnes ne devait se voir libérée ? Duch a bien dit qu'il reconnaît les souffrances que vous avez endurées du fait de la torture mais vous nous dites que vous n'avez pas été photographié et que vous avez été interrogé deux fois, mais il n'y a pas de rapport dans les archives de S-21. Comment pourriez-vous étayer votre affirmation selon laquelle vous avez été détenu à S-21... ?" Réponse du témoin : "Je ne suis pas en possession de documents, je n'y ai aucun accès mais les preuves, je les porte tangiblement sur mon corps. J'ai une cicatrice à la cheville gauche qui est un document permanent et qui ne disparaît pas." "Je ne conteste nullement que vous ayez souffert sous le régime khmer rouge, précise l'avocat. Mais toutes les questions que je vous pose visent à vérifier si vous auriez fait erreur entre S-21 et votre lieu effectif de détention d'autant plus que vous aviez les yeux bandés et que vous n'aviez guère la possibilité de voir quoi que ce soit. [...] Vous n'avez pas eu une connaissance visuelle de S-21. Vous dites que vos cicatrices sont la preuve matérielle de vos souffrances, je l'accepte tout à fait, mais de là à dire que, de manière probante, vous avez été détenu à S-21, c'est peut-être aller trop loin !" Le témoin est remercié. Un autre prend sa place en début d'après-midi. Un rescapé de Choeung Ek Il s'agit de Phork Khan, 57 ans, un soldat khmer rouge dès avant 1975 - année où il a participé à la libération et l'évacuation de Phnom Penh - , qui commence par évoquer le sort de sa femme et d'un cousin, "envoyés" à S-21 et qu'il n'a jamais revus. Il explique avoir retrouvé la biographie du deuxième à Tuol Sleng, mais pas de son épouse. En 1978, il est arrêté, bien qu'il ait toujours fait son "travail le mieux possible pour l'Angkar", et échoue à ce qu'il apprendra plus tard être S-21 où il sera interrogé et fouetté. Il entend parler de "frère Est" (Duch) dont l'arrivée dans la salle d'interrogatoire est annoncée par ses bourreaux, "Hor et Seng", lors de son premier interrogatoire. "Je ne savais pas qui il était. J'étais toujours allongé par terre, face contre le sol, et cette personne est entrée et s'est assise sur une chaise. J'ai été interrogé longtemps. [...] Frère Est est encore resté assis quinze à vingt minutes dans cette pièce, il a émis un son du type 'hum', et il est parti." Sa détention dure "peut-être de trois à quatre mois". Un jour - le témoin ne sait plus exactement quand -, avec d'autres prisonniers, ils sont "jetés comme des cochons" dans un camion pour une destination inconnue. Après une heure de trajet, ils sont placés dans une maison en bois d'où ils disparaissent les uns après les autres. Figurant parmi les tout derniers, il sent sa dernière heure venue. Yeux bandés et corde attachée au cou, ils sont poussés vers le bord d'une fosse. En s'inclinant, Phork Khan esquive le coup qui devait lui arriver sur la nuque et s'abat finalement sur ses côtes. Il tombe dans le trou et est vite recouvert par les corps des autres prisonniers frappés à leur tour. "Je suis resté inconscient toute la nuit." Quand il reprend ses esprits, il est affaibli et désorienté. Il parvient à se hisser hors de la fosse, et plus tard à se débarrasser de ses liens aux poignets. Il entend des détonations provenant du pont Monivong, c'est pourquoi il "suppose que c'était le 6 janvier 1979". "Je ne savais pas alors que j'étais à Choeung Ek", ce terrain en périphérie de Phnom Penh où les détenus de S-21 étaient exécutés. Au prix d'efforts considérables, il gagne le fleuve et s'agrippe à une planche de bois pour se laisser porter par le courant jusqu'à atteindre le pont de Chroy Changvar. Plus tard, il rencontre des soldats vietnamiens et cambodgiens, qui le confient à un homme "qui avait un bateau" et s'occupera de lui jusqu'à sa guérison. Deux mois plus tard, il rentre à son village natal dans la province de Battambang. Il raconte son récit d'une traite, durant plus de trente minutes, les yeux baissés et le visage marmoréen, et avec une grande économie de gestes. "Pouvez-vous nous éclairer ?" Le président Nil Nonn revient sur la fuite de Phork Khan. De quel fleuve s'agissait-il ? "Je pense que c'était le Tonlé Sap." "Pourquoi ne pas vous être échappé par la route, le fleuve était dangereux car c'était l'époque où l'eau sort du Tonlé Sap. A la saison d'étiage, l'eau va dans le sens contraire. Comment pouviez-vous flotter contre le courant ?" Phork Khan répond ne pas avoir nagé mais s'être laissé flotter sur un bout de bois, "ce qui a pris deux ou trois jours".  Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 7 juillet 2009. Le président Nil Nonn a relevé les incohérences entre les déclarations écrites et orales de Phork Khan ©Stéphanie Gée
Nil Nonn poursuit. "Dans votre plainte, vous décrivez les faits en disant qu'en 'octobre 1978, M. Kang Guek Eav, alias Duch, a ordonné à ses soldats de m'interroger. Je ne pouvais pas marcher, ils m'ont donc transporté dans un hamac pour que je puisse aller le rencontrer'. Est-ce que cet incident a eu lieu ? Votre déposition orale ne fait aucune mention de ceci..." "Il y a de nombreuses années qui se sont écoulées, il peut y avoir confusion ou erreur, concède le témoin. [...] Cette scène du hamac dans lequel on m'aurait transporté, je ne m'en souviens pas." Dans cette plainte encore, relève le juge, le témoin a écrit que Duch lui avait demandé s'il voulait mourir de la même manière que sa femme. "Vous décrivez cela dans votre requête relative à la demande de constitution de partie civile. Donc, est-ce que ces faits sont véridiques ou pas ?" "D'après mon souvenir, non", répond Phork Khan, qui se souviendra plus tard que ce sont en fait les propos tenus par ses interrogateurs. Nil Nonn continue la lecture du rapport des faits dressé par le témoin. "'En novembre 1978, la situation était empreinte de confusion. Un soir, Duch a ordonné à tous les prisonniers, y compris le requérant, de se mettre en file pour qu'ils soient exécutés un par un. Le requérant était un des derniers de la file. Comme il faisait noir, il a glissé dans un étang proche. Cela n'a pas attiré l'attention des gardiens et, vers 1 heure du matin, il a pu escalader une clôture avec les mains encore liées, a traversé une bananeraie et est arrivé au bord de la rivière. [...] Et il est allé à Prek Khmer avec un oncle qui lui a permis de se cacher dans la forêt et l'a gardé dans sa maison la nuit jusqu'au 7 janvier 1979. Il est alors rentré dans son village natal.' C'est quand même une histoire qui est en contraste assez net avec les faits que vous nous avez relatés ? [...] Moi non plus, je ne comprends pas ! [...] Et Prek Khmer, cela se trouve dans la province de Kompong Cham ! Pouvez-vous nous éclairer ? Quelle série d'événements est la bonne ? " "C'est ce que je vous ai déclaré oralement qui est la vérité !", clame le témoin. "Savez-vous lire ?" "Oui, je sais lire", confirme Phork Khan, précisant avoir été interviewé dans son village par un représentant de l'ONG de défense des droits de l'Homme Adhoc. "Je ne pense pas avoir déclaré les faits tels que vous m'en avez donné lecture. [...] Je ne sais pas si ce texte a été écrit clairement. Etant données mes difficultés, je n'ai pas relu ce qui est écrit ici, je vous présente mes excuses." S-21 ou pas S-21 ? "Maintenez-vous que vous étiez détenu à S-21 ou bien avez-vous quelques incertitudes concernant le lieu de votre détention ?", lui demande sans ambages le président. "J'ai été mis dans un lieu de détention. A l'époque je ne savais pas que cela s'appelait S-21 ou Tuol Sleng car j'avais les yeux bandés. Cependant, j'ai pu présumer que c'était un bureau de sécurité. C'est seulement en 2008, quand je suis allé avec l'ONG [Avocats sans frontières] chercher la trace des biographies de mon cousin et de ma femme que j'ai appris le nom du lieu." Nil Nonn l'invite à donner plus de détails sur les bâtiments qu'il a vus. "Le bâtiment était en bois et la salle d'interrogatoire était au rez-de-chaussée et il y avait des arbres aux alentours..." Confusion dans les pièces versées au dossier de la partie civile Le juge Lavergne revient sur des documents qui ont été joints à l'appui de sa demande de constitution de partie civile, notamment une analyse d'aveux d'un certain Sok Nam, nom qui n'évoque rien au témoin. "Savez-vous comment ce document est parvenu jusqu'au tribunal, jusqu'aux mains de vos avocats ? Peut-être vos conseils pourraient nous expliquer ce mystère." Me Mengkhy, l'un de ses avocats, dit alors avoir fait des recherches sur le site web du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) et avoir fourni certains documents à examiner à leur client, estimant qu'ils avaient un lien avec son cas. L'explication est assez embrouillée. Sa collègue internationale, Me Jacquin intervient pour faire "une observation générale". Des modifications de déclarations sans importance ? "MM. les juges, vous avez constaté, entre hier et aujourd'hui, parfois avec un certain énervement, que les témoins devant vous avaient des déclarations beaucoup moins précises que les témoins que vous avez pu entendre précédemment. Je crois qu'il faut bien remettre chacune de ces situations dans leur contexte. Les témoins que vous avez entendus précédemment ont eu l'occasion d'être entendus par le juge d'instruction, par des enquêteurs du tribunal. Ainsi ils ont également pu préciser leur témoignage, les services de recherches ont pu préciser les documents et cela vous permet d'obtenir des témoignages extrêmement complets. [...] Nous n'avons pris en charge ces dossiers que lorsque les constitutions de parties civiles ont été régularisées et je rappellerai, dans certains cas, avec des délais d'urgence nous mettant dans des conditions assez difficiles. Nous avons constaté, nous-mêmes, en découvrant ces dossiers un par un, en prenant la peine de rencontrer ces parties civiles, qu'en fait le travail d'enquête effectué était juste sur beaucoup de points mais erroné sur certains. Il n'en demeure pas moins que ces témoignages sont extrêmement intéressants et apportent, à mon avis, une information importante." Après avoir rappelé tenter de réunir le maximum de données complémentaires, "ce qui est beaucoup plus difficile pour nous à réaliser car nous n'avons pas les moyens matériels des enquêteurs du tribunal", Me Jacquin poursuit : "Aujourd'hui, vous avez constaté ces modifications de déclarations. Je crois que ce qui est important c'est ce que déclare cet homme aujourd'hui et je pense effectivement que, dans le recueil écrit des témoignages, il y a eu des erreurs." Ce qu'elle justifie par le fait que ce travail a été effectué par des associations de défense des droits de l'Homme du Cambodge, par "de jeunes enquêteurs, non expérimentés et mal équipés", ce qui a néanmoins permis "le rétablissement d'un certain nombre de dossiers". Et l'avocate d'ajouter que, dans la tradition romano-germanique, "on ne prépare pas un témoin à son audition". En face, Duch s'est, lui, bien préparé à son dossier. L'audition de Phork Khan se poursuit demain et il sera intéressant de voir ce que l'accusé a à dire sur son témoignage.
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