
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 18 août 2009. Duch écoute Antonia Tioulong, 56 ans, partie civile au nom de sa sœur exécutée à S21 ©John Vink/ Magnum Les proches de victimes dont la vie s'est brutalement interrompue dans l'enfer de S-21 ont évoqué avec courage devant la Chambre et face à l'accusé, un visage aimé à jamais disparu, un bonheur familial brisé, une détresse sans nom et l'angoisse face à l'ignorance du sort réservé à ces persécutés, ne pouvant qu'imaginer les supplices les plus inhumains qui leur ont été infligés. Ils soulignent l'impuissance face à ces drames individuels qui se sont joués sans eux. Mme Antonya Tioulong, sœur de l'épouse du leader de l'opposition parlementaire Sam Rainsy, a ainsi servi, mardi 18 août, un témoignage d'une grande justesse. Tout en retenue. En fin de journée, un cultivateur, Neth Phaly, rendra un vibrant hommage à son frère, "écrasé" à S-21, dont pour toute dépouille il ne reste qu'un portrait qu'il offre à la cour, tenu fermement entre ses mains, pour ramener l'âme de celui-ci à ses côtés alors qu'il dépose en sa mémoire. (Précision apportée par Mme Antonya Tioulong, indiquée en italique dans le texte, dans le paragraphe "le besoin de justice"; correction apportée le 21 août)
Retrouver coûte que coûte les proches disparus Antonya Tioulong est venue en porte-parole des siens - tout d'abord, les deux filles de sa sœur aînée Raingsi assassinée, mais aussi sa mère, "qui a trouvé le courage de venir se tenir dans la même pièce que l'accusé", et ses cinq autres sœurs. Elle se présente également comme porte-voix de Raingsi, "plus là pour s'exprimer", pour la défendre, "dire qui elle était réellement et combien elle manque cruellement à sa famille".
Raingsi était la deuxième d'une fratrie de sept filles, représentante d'un laboratoire allemande et animatrice radio. Son mari, Lim Kimari, était fondé de pouvoir à la Banque Khmère pour le commerce (BKC). En mars 1970, la République de Lon Nol décrète que la famille Tioulong est interdite de séjour en raison des liens de fidélité unissant son patriarche à Norodom Sihanouk, raconte d'une voix tremblante Antonya, responsable du service documentation de l'hebdomadaire français L'Express. Raingsi Tioulong et son époux passent outre, ils sont les seuls de la famille à décider de rester au pays, s'accrochant à leurs emplois par peur d'un "déclassement" en France où se sont réfugiés leurs proches. En 1973, la guerre civile s'intensifiant et le lycée Descartes où étaient scolarisés leurs enfants fermant ses portes fréquemment, le couple envoie ces derniers à Paris, chez leurs grands-parents. La situation se dégradant, il est prévu qu'ils rejoignent le clan familial à l'été 1975. Il n'en sera rien.
 Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 18 août 2009. Photo de Raingsi Tioulong projetée sur un écran dans la salle de presse des CETC ©John Vink/ Magnum
Le 17 avril 1975, les Khmers rouges s'emparent de Phnom Penh. Chez les Tioulong, à Paris, on ne s'alarme pas, les manchettes de journaux titrent "victoire rose en Asie du Sud-Est". Commence alors un long silence, une attente, qui va se faire de plus en plus inquiétante. La mère engage des recherches, elle est prête à tout : elle sollicite l'aide d'organismes internationaux basés en Thaïlande elle paie des "escrocs pour qu'ils aillent à la recherche [de sa fille] à l'intérieur du pays". Elle y perd des fortunes, dupée par des gens peu scrupuleux qui assurent avoir vu Raingsi. Tous font face pour protéger les trois enfants du couple qui leur ont été confiés. En 1979, les boat-people vietnamiens affluent partout en Europe et leur sort mobilise l'opinion publique, mais pas celui des réfugiés cambodgiens dont les rangs grossissent pourtant rapidement.
Une grève de la faim en faveur des réfugiés cambodgiens "Par démarche citoyenne, avec deux autres Cambodgiens, rapporte Antonya, j'ai mené une grève de la faim d'une douzaine de jours dans la pagode bouddhiste du Bois de Vincennes pour attirer l'attention des autorités françaises sur le fait qu'il fallait accueillir beaucoup plus de réfugiés cambodgiens que le quota que le gouvernement français avait initialement fixé. Je n'aurai pas la prétention de dire que mon action a influé sur le Premier ministre d'alors, Raymond Barre. Mais, quelques semaines après, le quota des réfugiés khmers a augmenté de façon sensible. J'ai cru que j'avais mené cette action par démarche civique vis-à-vis de mes compatriotes mais, ce que j'ai compris plus tard, c'est que je l'avais fait pour ma soeur, que je souhaitais qu'elle soit parmi les réfugiés. C'était ma façon de l'aider comme je le pouvais. Je ne savais pas qu'elle avait déjà disparu. Sans cesse, pendant toutes ces années, j'ai pensé à elle. Sa pensée ne m'a jamais quittée."
Une famille dévastée La quinquagénaire, installée depuis 40 ans en France, ne peut envisager le pire, et imagine ainsi que son beau-frère, sportif accompli, parviendra à organiser leur fuite du pays. "C'était très naïf de ma part." Les Tioulong répondent à l'appel à l'aide de cousines rescapées du régime khmer rouge, qui réussissent à sortir du pays. Ces parentes leur livreront un témoignage terrifiant de ce qu'elles ont vécu, et leur annonceront sans ménagement que Raingsi et son mari ont péri à S-21. Elles ne leur cachent pas que Raingsi a été soumise à des "tortures particulièrement dures". L'annonce a l'effet d'un "choc dévastateur". La famille plonge dans le chagrin. Et le père, - qui, mandaté par Norodom Sihanouk, envers qui il a toujours montré "une fidélité sans faille", avait signé la Convention de Genève sur l'Indochine en 1954 -, se retrouve en 1992 assis à la table des négociations avec les Khmers rouges, notamment Khieu Samphan. Il ne montrera rien de sa peine, accablé à jamais par un sentiment de culpabilité.
Antonya évoque ses nièces et son neveu, qui ont grandi "comme ils ont pu", sans leurs parents à leurs côtés. Les deux filles de Raingsi sont "tellement dévastées qu'elles n'ont pas eu la force de venir témoigner devant la Chambre" bien qu'elles se soient aussi constituées parties civiles, et le fils est mort prématurément en 1999. Le souvenir du couple est, encore aujourd'hui, entretenu. "Nous parlons d'eux au présent."
Morte sans doute pour avoir été trop honnête Antonya a fini par apprendre au moins en partie ce qui était arrivé à sa sœur. A la chute de Phnom Penh, Raingsi est très vite affectée "aux travaux des champs les plus durs". Parlant souvent français, elle attire les soupçons. Elle et des proches subissent un interrogatoire où ils sont tenus de dire la vérité. Et elle la dit : elle s'appelle Raingsi Tioulong, fille de Nhiek Tioulong, ancien chef des forces armées, dont elle attend le retour ainsi que celui du prince Norodom Sihanouk. Elle sent qu'en disant cela, les Khmers rouges se raidissent. C'est trop tard. Triste ironie du sort car Raingsi ne mettait jamais en avant sa généalogie aristocrate, ne se présentait jamais sous son nom de jeune fille, par goût d'une vie simple, raconte sa sœur. La seule fois où elle aura décliné sa véritable identité, cela lui aura coûté la vie.
Quand, en 1994, Antonya remet les pieds au Cambodge, ses pas la mènent très vite à S-21, où elle découvre une photo de sa sœur, exposée au mur. "Dès que je suis entrée dans cette salle, c'est comme si j'avais accroché tout de suite son regard." Elle met aussi la main sur sa biographie, qui établit qu'elle est décédée en avril 1976, avec comme mention : "battue à mort".
"Pourquoi tant de méthodes inhumaines ?" Dans la confession exhumée des archives, il est écrit que Raingsi "dirigeait un réseau de la CIA", qu'elle était "chargée d'espionner", etc., elle qui était une francophone et n'a jamais eu de liens avec les Américains. Face à d'aussi grossières inventions mélangées à de la réalité - "c'était du machiavélisme, [...] c'était un raffinement pour jusqu'au bout décréter que les victimes étaient coupables" - et à l'idée que sa soeur ait enduré de longs mois de torture, Antonya s'exclame : "Elle a dû survivre trop longtemps à ses blessures. Nous sommes révoltés. Nous nous demandons pourquoi tant de cruauté ? Pourquoi tant de méthodes inhumaines ? Pourquoi ce qui s'est produit sous les Nazis a pu se reproduire en étant encore plus amplifié ? Ici, des Khmers ont tué des Khmers, sans raison ! Qui ont fait souffrir jour après jour et ne se sont pas contentés de tuer d'une balle dans la tête leurs concitoyens ! Ils se sont délectés, ils se sont amusés à les faire souffrir ! Ma sœur et mon beau-frère ont enduré cela et c'est insupportable !"
Culpabilité et impuissance Ce qui continue de tarauder cette famille, explique, bouleversée, Antonya, c'est que "pendant tout le temps qu'ils ont survécu, ils ont dû se demander pourquoi leur famille ne leur portait pas secours. [...] Ils ont dû se demander pourquoi les Français, qui jusque-là étaient si présents, qui étaient nos amis les plus proches, n'ont pas réussi à venir chasser les Khmers rouges. C'est un sentiment de culpabilité et d'impuissance terrible. J'imagine le désarroi psychologique de ma sœur et j'imagine également l'incompréhension de mon beau-frère. C'est insupportable pour leurs enfants et je crois qu'ils le traduisent par leur mal-être et leur maladie encore maintenant. Ma sœur a été éliminée pour rien."
Le besoin de justice Un procès, Antonya l'attendait depuis longtemps. Elle a bien porté plainte, en France, après 1999, pour "séquestration suivie de tortures et crimes de guerre contre Duch, Khieu Samphan, Nuon Chea et Ieng Sary [et non contre Chea Sim, comme l'a indiqué Antonya par erreur en audience, dans le trouble de l'émotion]". Deux ans, plus tard, elle est déboutée de sa plainte au motif que la victime n'est pas française. Elle fait valoir que la victime est née sous protectorat français mais cela n'aboutit pas. Elle tourne alors un regard plein d'espoir - et plein de naïveté sur le plan juridique - vers le tribunal de La Haye. Bien sûr, rien ne vient de ce côté non plus. La famille peut seulement reprendre espoir quand les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens voient le jour. C'est le soulagement. Il est double, note-t-elle, car ce tribunal autorise la participation des parties civiles et le Cambodge va donner l'exemple.
"Jamais ma famille ni moi ne pardonnerons à Duch" "Il faut apprendre aux générations futures, à la jeunesse khmère qui n'est pas assez informée, que ce genre de crimes, absolument intolérables, ne peuvent pas rester impunis. Il ne suffit pas de dire 'je m'excuse' pour être absous. Il faut qu'un jugement soit rendu [...] à la hauteur des crimes qu'a commis l'accusé." Après avoir affiché l'une des dernières photos prises de sa sœur, souriante, elle s'adresse indirectement à Duch : "Je ne crois pas à son pardon, je ne crois pas en ses remords. Jamais ma famille ni moi ne lui pardonnerons. Je sais que ça lui est égal. Je sais qu'au mois de février, lorsqu'il a présenté son pardon, officiellement, il a dit 'je le présente au tribunal maintenant le tribunal en fera ce qu'il en voudra'. [...] Je tiens simplement à dire qu'au vu de l'horreur qu'il a fait subir à ma sœur et à mon beau-frère, jamais je ne lui pardonnerai. Ce que je souhaite, s'il éprouve un centimètre de remords, c'est que ces remords soient aussi grands que l'ensemble des souffrances physiques et morales et psychologiques qu'il a fait subir à ses 17 000 victimes. C'est la punition qu'il mériterait. Je trouve que l'accusé a de la chance : il comparaît devant un tribunal équitable, international. Ses victimes n'ont pas eu cette chance. [...] L'accusé dort tous les soirs sur un matelas, est vêtu convenablement, et nourri convenablement, vit convenablement. Il va passer sans doute le reste de sa vie de façon convenable. Ces victimes ont souffert le martyr. Donc, jamais, jamais, jamais, je ne lui pardonnerai !"
Duch serine le même refrain Quand Antonya interroge Duch sur le sort dévolu à sa sœur et son beau-frère, l'accusé reste évasif. Raingsi Tioulong est arrivée à S-21 quand il n'en était encore que le directeur adjoint, précise-t-il. Il pense qu'elle est morte "de maladie" et, quant à son mari, il n'a pas su... Pourquoi ont-ils été éliminés ? "Toute personne envoyée à S-21 finissait par être éliminée", répète, laconique et mécanique, Duch. Quand il prend la parole pour faire part de ses observations, il s'empresse d'exprimer son respect envers la mère de Raingsi. "C'est un honneur." Et il réitère, comme à la fin de chacune de ces dépositions, que ce témoignage, il le considère comme "un document historique", utile pour les futurs chercheurs qui étudieront l'impact du régime khmer rouge sur les familles.
Grandir avec l'absence d'un père et l'espoir de son retour Hao Sophea, 33 ans, cultivatrice, n'a pas connu son père, un cadre khmer rouge rentré de Hanoï. La machine de mort S-21 l'a fauché juste avant qu'elle ne naisse. Sa mère l'élève dans le souvenir et le respect de cet homme adoré, dont elle attendra le retour jusqu'en 1996, année où ses espoirs s'envolent. Elle apprend par le Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) qu'il est décédé à S-21 et elle plonge dans la dépression. Si c'est la fille qui est aujourd'hui à la barre, c'est que la mère refuse de se retrouver face à face avec l'accusé, explique Hao Sophea. L'absence de son père s'est traduite par une lutte quotidienne, "financièrement, physiquement, émotionnellement", tempérée par la certitude maternelle que tout irait mieux au retour du père. La jeune femme a dû ainsi mettre fin à sa scolarité, la mort dans l'âme, faute d'argent. Elle voulait devenir professeur de littérature khmère.
 Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 18 août 2009. Antonya Tioulong, lors de son témoignage au 60e jour du procès de Duch ©John Vink/ Magnum
Après avoir appris l'exécution de son mari à S-21 - où il a été envoyé après un passage au camp de Boeung Trabek -, la mère s'est rendue à Phnom Penh en janvier 2007, avec comme unique destination le musée de Tuol Sleng. "Elle était en état de choc, les yeux pleins de larmes", rapporte sa fille. Et quand elle est arrivée près de la pile de vêtements des ex-détenus, elle a voulu fouiller pour retrouver les derniers habits portés par son défunt mari. Les gardes l'en ont empêchée. A la suite de cette visite, la fille a décidé de se constituer partie civile. A la suite de cette visite, le même rêve a commencé à la hanter : ce père dont elle n'a jamais vu le visage en vie, elle le voit s'enfuir de S-21.
Duch reconnaît à nouveau ses responsabilités et conclut ses observations en disant s'en remettre à la Chambre quant à savoir si Hao Sophea est la fille de celui qu'elle désigne comme son père et qui porte un autre nom.
Une déposition à la mémoire d'un beau-frère Mme So Song, 55 ans, est venue déposer au nom de sa soeur aînée dont le mari compterait parmi les victimes de S-21 et qui a été comme un père pour elle après la séparation de ses parents. Une démarche que la sœur, malade depuis un an, ne pouvait effectuer, et est donc légitime, défend son avocate. Un débat s'ouvre alors sur son lien de parenté avec la victime, prouvée par une seule attestation du chef de la commune de la sœur aînée. La défense demande à en être convaincue. La partie civile, guidée par les questions de son avocate, évoque la peine causée par cette perte et les difficultés économiques rencontrées, la famille étant privée de ce soutien. So Song n'a qu'une photo de son beau-frère, retrouvée à S-21, pour affirmer qu'il y a bien été détenu. Duch n'accepte ce cliché comme preuve que s'il est corroboré par d'autres documents.
"Que mon frère sache que justice est en train d'être rendue" Neth Phaly, un cultivateur de 52 ans, est là pour son frère aîné, Neth Bunthy, incarcéré et tué à S-21. La dernière fois qu'il l'a vu, c'est en 1978, à l'hôpital du 17 avril où il soignait ses blessures. A la chute du régime, il se met à sa recherche et sillonne les districts durant dix mois. Il n'en trouve aucune trace mais est persuadé qu'il est encore vivant. Il perd tout espoir seulement en juin 2004, quand le DC-Cam lui fournit une copie de la biographie de son frère retrouvée à S-21. Il tombe en dépression. Il sait que, dans ce lieu maudit, les détenus mourraient après de grandes souffrances. "Comment une telle personne aussi loyale que lui, qui avait dévoué sa vie à la révolution, a pu être exécuté à S-21 ? Mon père ne s'en est jamais remis. Quelques années plus tard, il est mort. [...] Et moi-même, j'ai participé aux activités militaires mais, en fin de compte, nous avons été trahis. Mon frère a trouvé la mort et il ne reste rien sauf de la tristesse et du chagrin."
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 18 août 2009. Neth Phaly, 52 ans, témoigne à la mémoire de son frère Neth Bunthy © Stéphanie Gée
Neth Phaly semble éteint quand il parle et pourtant, la colère le consume à l'intérieur, lâche-t-il. Il termine sa déposition avec ces paroles magnifiques, serrant un portrait qu'il exhibe devant la Chambre : "Je voudrais montrer une photo de mon frère. Un peu comme s'il était assis à côté de moi et j'espère qu'il est maintenant avec moi et qu'il sait que l'accusé est en train d'être jugé. Je crois que mon frère retrouverait la paix s'il savait que justice est en train d'être rendue ici par ce tribunal. Je fais le vœu que l'âme de mon frère qui a péri à S-21 sache que justice est en train d'être rendue. [...] Il a été emmené à S-21 où on lui a bandé les yeux, on les lui a encore bandés quand on l'a emmené à l'exécution. Aujourd'hui, nous révélons le visage de ceux qui ont commis ces atrocités. Et j'invoque l'âme de mon frère, présente ici avec moi. Qu'avec cette photo, hommage lui soit rendu. Nous ne retrouverons jamais son corps. Il ne reste que cette photo qui représente les cendres et la dépouille de mon frère."
Cherche avocat désespérément... Le groupe 4 des parties civiles est privé d'avocats. Le seul défenseur, un Cambodgien, présent à Phnom Penh est absent pour raisons de santé et ses collègues sont... en France. Une situation un peu surprenante lors de ces deux semaines d'audience cruciales où les parties civiles, leurs clients, déposent.
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