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La désobéissance civile vue par François Roux, ou comment devenir plus responsable Convertir en PDF Version imprimable Suggrer par mail
Par Stephanie Gee   
16-04-2008
C’est Gandhi, avocat de son état à l’origine, qui a initié la désobéissance civile, rappelle l'avocat François Roux. Un nom et une attitude érigée en mouvement qui reviennent comme une ritournelle dans les interviews que le co-défenseur de l'ancien directeur de S-21, Duch, donne.

 

Désobéir... pas pour le plaisir
"Les désobéissants civils, tels que ceux que je défends en France, sont des gens qui sont engagés dans la lignée de Gandhi, et c’est ce qui m’a toujours plu, à la fois à titre personnel et professionnel. Gandhi disait : ‘La fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la semence.’ Ainsi, si tu cherches la justice, tu utilises des moyens justes pour y parvenir", poursuit le défenseur de Duch, qui évoque dans la foulée la "chance" qu’il a eue de rencontrer sur sa route la Communauté de l’Arche de Lanza del Vasto - un des disciples du Mahatma -, qui opère en quelque sorte comme un laboratoire de la non-violence. "C’est autour de cette communauté que sont nés en France nombre de mouvements d’objecteurs de conscience, de désobéissants civils, qu’a été initié le mouvement des Faucheurs volontaires, avec toujours comme leitmotiv le recours à des moyens d’action non violents, symboliques et à visage découvert pour dénoncer une injustice", s’enflamme Me Roux, qui dans un livre a fait l’apologie de la "légitime révolte".

"On désobéit à la loi de manière ponctuelle dans un but précis : faire changer cette loi. Car, paradoxalement, ceux qui désobéissent aujourd’hui à la loi cherchent à créer du droit plus juste", explique Me Roux, citant son médiatique compagnon José Bové, qui a coutume d’invoquer cet argument pour justifier les mises à sac de champs d’OGM. Et pour mieux illustrer son propos, il prend ainsi l’exemple des Faucheurs volontaires, dont les membres vont dans les champs arracher des pieds de maïs ou de soja transgénique. En agissant ainsi, ils plaident "l’état de nécessité", poursuit l’avocat.

L’état de nécessité
"Un de ceux à avoir eu beaucoup recours à cet état de nécessité, renchérit-il, fut l’abbé Pierre !" Les référents religieux ne sont jamais bien loin dans le discours de François Roux, qui se destinait à devenir pasteur avant d’opter pour la robe d’avocat. Lors de l’hiver meurtrier de 1954, le prêtre français à la barbe et au béret lança un appel à l’occupation de maisons vides par des sans-abri. Des actions qui entraînèrent des poursuites devant les tribunaux, lesquels "relaxèrent les gens au nom d’une disposition qui n’existait pas dans le code pénal et qu’ils ont alors inventée : la notion de nécessité, qui ne sera inscrite au code pénal que bien plus tard. Les magistrats ont estimé qu’il existait des situations dans lesquelles on ne peut pas condamner. C’est Jean Valjean [un des héros du roman de Victor Hugo, Les Misérables] qui vole un bout de pain pour se nourrir..."

Revenant sur le cas du Cambodge, Me Roux glisse un "quel dommage que ses habitants n’aient pas eu davantage cette culture de la désobéissance civile...". Il a l’habitude de dire qu’elle permet aux citoyens d’être plus responsables, de décider d’agir. Bref, "d’assumer leurs responsabilités".  L’engagement citoyen culmine dans le panthéon de ses valeurs. "Il faut habiter ses paroles, comme disait la veuve de Jean-Marie Tjibaou [leader indépendantiste kanak, assassiné en 1989, dont Me Roux fut l’avocat]. J’ai horreur des discours creux... J’espère que je n’en tiens pas ?"


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- "François Roux : sous la robe, le militant des droits de l'Homme", par Stéphanie Gée (16/04/2008)
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