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Et le devoir de vérité ? Duch fait la leçon à son ancien subordonné, et y met le ton
Par Stéphanie Gée   
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15-07-2009

Duch - Salle de presse des CETC ©John Vink/ Magnum

Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 8 juin 2009. "Le communisme n'a pas à obscurcir nos esprits [...] Peu importe la position que nous avions à l'époque vis-à-vis du parti communiste, ce que nous cherchons aujourd'hui, c'est la vérité !, a lancé Duch à son ancien subordonné Mam Nay, Nous sommes ici jugés par l'Histoire"
©John Vink/ Magnum (archives)

L'ancien chef des interrogateurs à S-21, Mam Nay, a continué à déposer, mercredi 15 juillet, avec impassibilité. Il a choisi de ne pas parler. Mémoire défaillante, art de l'esquive, mensonges. Cette fois-ci, il n'a pas hésité à brandir son droit à garder le silence, un droit qui lui a tant de fois été répété en audience. Son témoignage non seulement n'apporte rien aux débats mais tend à minimiser les responsabilités de l'accusé, Duch. C'est à se demander pourquoi le bureau des co-procureurs a soumis son nom à la Chambre pour qu'elle le convoque comme témoin. Heureusement, cette déposition désastreuse se conclut par une inattendue diatribe de l'accusé, autant éloquente qu'enflammée, au cours de laquelle Duch reproche sévèrement à son ancien subordonné de ne pas apporter sa pierre à l'édifice de la recherche de la vérité et de ne pas suivre son exemple :  reconnaître les faits. Ce n'est pas sans produire d'effet, tant sur Mam Nay que sur le public.


Prescription ?
Ce sont aux co-procureurs, à la suite des juges, de se frotter à ce témoin peu bavard. Le magistrat cambodgien, en prélude, rappelle à M. Mam Nay qu'il a le droit de ne pas s'incriminer lui-même. "Cela étant, les co-procureurs souhaitent vous encourager à faire un récit complet de ce que vous savez, même s'il s'agit de choses que vous avez faites. La loi sur les CETC ne prévoit de poursuites que contre deux catégories de personnes : les hauts dirigeants à l'époque du régime du Kampuchea démocratique et les principaux responsables des crimes commis sous ce régime. Par ailleurs, trente ans se sont déjà écoulés depuis, il y a donc prescription pour les personnes non incluses dans ces deux catégories énoncées dans la loi." Ces propos ne dégèleront pas le témoin.

"Je souhaite garder le silence"
Quand le co-procureur national affiche à l'écran la confession du Professeur Phung Ton et demande à Mam Nay s'il reconnaît dessus son écriture, ce dernier répond : "Cette écriture ressemble à la mienne mais je ne me souviens pas l'avoir interrogé". Quand le co-procureur lui montre cette fois-ci la confession d'un prisonnier américain, qui porte là encore son écriture, le témoin, après quelques instants, déclare : "Je souhaite garder le silence".

"Je ne suis pas d'accord"
Quand le co-procureur international lui présente un document intitulé "Nouveau plan de travail pour les branches interrogatrices sur une période de trois mois", le témoin reconnaît sa propre écriture, son nom, mais cela ne lui évoque aucun souvenir... William Smith l'attaque de front : "Etes-vous d'accord avec moi pour dire que, considérant que c'est vous qui avez écrit ce document, à l'époque où vous l'avez écrit vous étiez pleinement familier de l'organisation de la section d'interrogatoire, voire vous étiez un des piliers de ce service ? Vous n'étiez pas un individu isolé, dans une maison, qui a interrogé seulement une vingtaine de combattants vietnamiens sur une période de trois ans ! Seriez-vous d'accord pour dire que vous étiez coordinateur du service des interrogatoires ?" Réponse lapidaire de Mam Nay : "Je ne suis pas d'accord avec vous, M. le procureur".

Le carnet de Mam Nay
William Smith évoque ensuite un carnet de 396 pages, datant du 17 décembre 1977. Le témoin reconnaît qu'il a été écrit de sa main. "Ce sont des choses que j'ai prises sous dictée lors de leçons données par Duch." "Vous avez dit ne pas avoir connaissance de la torture à S-21, et pourtant, reprend le co-procureur, ce document contient de très nombreuses références à la torture telle que pratiquée à S-21. Donc, vous étiez bel et bien au courant de l'usage de la torture à S-21 car vous receviez des instructions pour ce qui est de son emploi. Etes-vous d'accord avec cette affirmation ?" "Je n'ai jamais reçu personnellement d'instructions concernant l'usage de la torture. Dans ce carnet, il s'agit de notes prises lors de leçons données par Duch..." "N'êtes-vous pas en train de minimiser votre rôle à S-21 et la connaissance que vous aviez de ce qui s'y passait et des activités d'autres à S-21 parce que vous souhaitez vous poser en retrait par rapport à l'activité criminelle terrible qui s'est déroulée à S-21 ?", le défie le magistrat. "Jamais je n'ai eu cette idée ! Je témoigne aujourd'hui sur la base de ce que j'ai fait", jure Mam Nay.

Peur de quoi ?
Aux parties civiles d'interroger le témoin. Me Jacquin, du groupe 3, tente de lui faire dire pourquoi il avait peur d'être inquiété après qu'un "ennemi" l'eut mis en cause dans des aveux. "Qu'arrivait-il à une personne mise en cause ?" Au moindre faux pas, elle était arrêtée et interrogée, explique Mam Nay, c'est-à-dire qu'elle devait coucher sur le papier ses aveux, ensuite envoyés à Duch. "Pourquoi alors auriez-vous eu peur de faire, vous-même, des aveux ?" Mam Nay dit ne pas comprendre la question, même quand elle lui est répétée, et préfère faire usage de son droit à rester silencieux.

Le cas du Professeur Phung Ton
Ensuite, Me Studzinsky, du groupe 2 des parties civiles, évoque à nouveau le cas du Professeur Phung Ton. "Je l'ai connu dans l'ancien régime mais je n'ai pas souvenir de l'avoir interrogé à S-21", rabâche Mam Nay. L'avocate affiche à l'écran la photo de Phung Ton, prise à Tuol Sleng. Les pleurs irrépressibles de son épouse et de sa fille, parties civiles placées derrière Me Studzinsky qui les représente, s'entendent soudainement au micro. Le témoin affirme le reconnaître mais dit ne pas se souvenir des circonstances de son interrogatoire bien que la confession de Phung Ton porte son écriture. L'avocate ne le lâche pas. "M. Mam Nay, vous avez certainement conscience qu'ici sont présentes l'épouse et la fille de M. Phung Ton. Elles sont dans le prétoire pour savoir ce qu'il est advenu de lui et il serait donc extrêmement utile que vous coopériez à la détermination de la vérité pour ces deux personnes." "Assurément, répond le témoin, je voudrais fournir plus d'informations. Ce que je vous dis va aussi loin que va ma connaissance !"

Retour sur le fond des débats

Me Werner, du groupe 1 des parties civiles, décide de confronter Mam Nay à des déclarations qu'il a faites devant les co-juges d'instruction. Et il cite certaines de ses réponses à leurs questions : "D'après ce que j'ai observé, probablement, après avoir consulté les réponses, [Duch] analysait les réponses pour voir [si le prisonnier] devait être à nouveau interrogé ou si les réponses pouvaient être envoyées en haut. Et s'il devait être ré-interrogé, Duch annotait pour être ré-interrogé", "D'après ce que je savais, probablement, seulement une fois que Duch estimait cela suffisant et que la confession était appropriée, alors, il l'envoyait à l'échelon supérieur." Le témoin se souvient avoir dit cela.

Me Werner ©Stéphanie Gée
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 15 juillet 2009. Me Werner, sur un écran des CETC
©Stéphanie Gée



L'avocat suisse poursuit l'exercice, lisant les questions qui lui ont été posées et les réponses qu'il a données aux co-juges d'instruction. "Question : 'Il y avait donc des arrestations commises à S-21 telles que suggérées par Duch et autorisées par l'échelon supérieur ?' Réponse : 'Il fallait que ce soit comme ça pour être fait.' Question : 'Quant aux personnes que vous vouliez aider, y avait-il des personnes que vous souhaitiez aider mais que vous ne pouviez pas ?' Réponse : 'Des personnes autres que celles de l'unité, celles qui ont rejoint la révolution avec moi. Dès que Duch me disait quelque chose, je pouvais les protéger car Duch écoutait mon avis. Mais si quelqu'un n'avait pas fait la révolution avec moi, je n'aurais pas osé le défendre.' Monsieur, vous vous souvenez avoir dit ça devant les co-juges d'instruction ?" "Oui, c'est ce que je leur ai répondu..."

Me Werner continue de la sorte, il a trouvé le moyen de faire reconnaître en audience des informations non sans importance au témoin. "Question : 'A cette époque, Duch avait-il le droit de proposer à l'Angkar supérieure de faire arrêter des personnes extérieures à S-21 ?' Réponse : 'Duch avait la possibilité de faire des rapports sur des cas qu'il connaissait personnellement.'" Mam Nay ne revient pas sur ce qu'il a dit aux juges.

Que le bâton et les fils électriques
Lors de la reconstitution à Tuol Sleng, organisée par les co-juges d'instruction, Mam Nay s'est retrouvé, aux côtés notamment des magistrats et de l'accusé, dans une salle de l'un des bâtiments où étaient exposés des instruments de torture. "L'accusé, sur place, a expliqué que le choix des instruments de torture relevait des seuls interrogateurs. Puis, un témoin a pris la parole. Le témoin Mam Nay a déclaré qu'il n'utilisait que le bâton et les fils électriques. N'est-ce pas le cas que, ce jour-là [...], vous disiez la vérité ?" "Je voudrais exercer mon droit à garder le silence sur ce point", se défile Mam Nay.

Pourquoi d'aussi précieux documents, versés au dossier, n'ont-ils pas été utilisés par les juges et les co-procureurs ? Il aura fallu attendre le tour de parole de Me Werner pour qu'on revienne au cœur des débats - S-21 et Duch - et pour que Mam Nay ne soit plus interrogé comme s'il était l'accusé mais comme un témoin.

Aucune idée du nombre de morts à S-21 ou dans le pays
Plus tard, répondant à des questions de Me Kar Savuth, co-avocat national de Duch, Mam Nay admet finalement avoir conduit l'interrogatoire du Professeur Phung Ton, assurant que ce dernier a livré des "aveux non pas forcés mais spontanés". Il affirme par ailleurs que lorsque Duch a repris les fonctions de directeur de S-21 en 1976, le style d'organisation et de gestion "est resté pratiquement le même".

Son confrère international prend la suite. "Pour être loyal avec vous, je dois vous dire que vous ne devez pas croire les co-procureurs lorsqu'ils disent qu'ils ne peuvent pas vous mettre en accusation." Un débat ressurgit entre Me Roux et le co-procureur international. Agacé, le président y met vite fin. "Pour ce qui est des droits et obligations, il relève de la responsabilité de la Chambre d'en informer le témoin [...], ce n'est pas la fonction de la défense que de conseiller le témoin."

"Savez-vous combien de personnes ont été tuées à S-21 ?", demande Me Roux à Mam Nay. "Je n'ai pas l'obligation ni la volonté de savoir cela." "Savez-vous combien de personnes sont mortes au Cambodge pendant le régime du Kampuchea démocratique ?" "Sur cette question aussi, je suis encore plus ignorant, je ne sais pas." "Regrettez-vous d'avoir été interrogateur à S-21 ?" "Selon moi, il y avait des gens bien et d'autres qui ont commis des délits. De ce que j'ai pu observer, il y avait moins de gens bien que de gens mauvais et donc, j'ai des regrets pour ce qui est du petit nombre de gens bien." Pour les autres, pas de remords. Et Me Roux de conclure ainsi ses questions : "Merci M. le procureur, si vous avez d'autres témoins comme celui-là, n'hésitez pas !"

Duch se dissocie de Mam Nay

Comme à l'habitude, l'accusé est ensuite autorisé à faire des observations en réaction à l'audition du témoin. Au préalable, Duch tient à se dissocier de Mam Nay, expliquant être bien plus proche de Pon, un interrogateur important, qu'il avait consulté avant de se marier, avec lequel il avait rallié la révolution et avait "travaillé dur", donne-t-il comme exemples pour illustrer ce penchant affectif. "Je souhaitais vous dire que je préférais le camarade Pon au grand-frère Mam Nay."

Puis, d'un souffle et sans notes, il donne la mesure de son talent d'orateur.

"Nous sommes ici jugés par l'Histoire"

"Ce matin Mam Nay a dit que ce document était entièrement écrit de sa main mais il y a une page où l'on trouve des annotations de la main de Nath [et il cite les pages exactes, de mémoire]. Dans ce carnet, il y a aussi des annotations de ma propre main. Quand je vois votre écriture ou celle de Nath, je comprends bien qu'il s'agit de documents trouvés à S-21. Mais quand vous dites qu'il s'agit d'une écriture similaire à la vôtre, n'ayez pas peur de dire la vérité ! Si vous ne faites état que de spéculations, cela n'est pas bon ! Vous voyez bien que, moi-même, j'accepte la responsabilité de tous les crimes qui ont été commis à S-21. Nous sommes ici jugés par l'Histoire et vous ne pouvez pas couvrir un éléphant mort avec un panier ! Ce n'est pas la peine d'essayer, je suis pour ma part prêt à répondre des crimes que j'ai pu commettre et je souhaiterais que vous fassiez la même chose."

Duch s'exprime sur un ton ferme qui ne souffre aucune réplique. C'est comme s'il était soudain réinvesti de l'autorité du directeur de S-21 qu'il fut. Il sermonne son ancien subordonné et épingle certains de ses mensonges. Et lui fait la leçon. Il poursuit.

"Le communisme n'a pas à entraver la recherche de la vérité"

"Et, naturellement, lorsqu'il s'agit d'un esprit humanitaire, il faut que nous révisions nos positions car plus d'un million de personnes sont mortes. Et ces personnes ont péri entre les mains du PCK [Parti communiste du Kampuchea] ! Et qui étaient les membres du PCK ? J'en étais, et vous en étiez aussi ! Mais vous n'avez pas reconnu ce fait ! Donc, sur un plan émotionnel, nous sommes tous deux responsables des crimes qui ont été commis. Nous n'avions pas le droit alors de dire que la ligne politique était mauvaise, nous devions suivre la ligne politique. Si on compare la politique du PCK à l'époque et les aspects humanitaires, on comprend que ce sont deux choses incompatibles. Votre mémoire est plus faible que la mienne, cela étant, quand il s'agit de Chao Chan, j'ai demandé à Hor de l'emmener travailler avec vous au lieu d'interrogatoire. J'en suis convaincu. Je me souviens qu'un jour, je ne l'ai pas vu et suis allé le voir, et il m'a parlé du roi Norodom Sihanouk qui parlait français mais 'pas aussi bien que le roi d'Arabie Saoudite'. C'est ce qu'il disait et vous, Mam Nay, avez critiqué Chao Chan pour avoir dit cela. Je rappelle cet incident pour vous rafraîchir la mémoire, à savoir que Chao San était avec vous, même si j'avais reçu l'ordre de l'échelon supérieur de le liquider. Et s'agissant du professeur Phung Ton, l'un et l'autre reconnaissons qu'il a été notre professeur. Je ne veux pas ici entrer dans le détail sur les raisons qui font que je l'aimais beaucoup mais, devant les parties civiles, dont son épouse et sa fille, je peux répéter ce que j'ai déjà dit. Ce que nous essayons ici de faire est de rétablir la vérité de ce qui s'est passé et de ce qu'il est advenu, par exemple, du professeur Phung Ton. Aujourd'hui, le monde et le peuple cambodgien cherchent à connaître la vérité et je crois que c'est une chance unique pour nous de recoller les morceaux du puzzle. Gardez en mémoire la présence des parties civiles, lesquelles veulent savoir où et quand est mort le professeur, et où ses cendres reposent. Il serait bon de pouvoir retrouver cet endroit. Je crois qu'ici, le communisme n'a pas à obscurcir nos esprits et à entraver la recherche de la vérité ! Peu importe la position que nous avions à l'époque vis-à-vis du parti communiste, ce que nous cherchons aujourd'hui, c'est la vérité !"

L'homme fascine. Son intervention coupe le souffle aux spectateurs, suspendus à ses lèvres, comme incrédules de ce qu'ils entendent. Pour certains, sa déclaration produit un effet apaisant après la colère suscitée par la déposition de Mam Nay. Duch, décidément, porte son procès.  

Mam Nay s'effondre
Me Studzinsky, l'avocate de la femme et de la fille du professeur Phung Ton, saisit avec à-propos l'occasion pour tenter d'obtenir de Mam Nay plus d'informations au sujet du professeur. Et elle demande à "la Chambre de donner encore une fois une chance au témoin, non pas de répondre, mais de dire aux parties civiles, en l'occurrence l'épouse et la fille de M. Phung Ton, s'il se souvient de quelque chose qu'il n'a pas encore dit. S'il peut nous en dire plus sur le sort de M. Phung Ton car il s'agit là d'une chance unique que nous avons d'entendre la vérité de sa bouche".

Mam Nay ©Stéphanie Gée
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 15 juillet 2009. Mam Nay fond en larmes et, enfin, exprime des regrets
©Stéphanie Gée



Mam Nay : "Je voudrais dire ce qui suit : je voudrais exprimer mes regrets à la famille du professeur Phung Ton. Pour autant que je sache, son épouse est la filleule de mon grand-père Thuy." Il s'interrompt et fond en larmes. Le président glisse, dans un sourire qu'il contient mal : "Je souhaite savoir si M. Mam Nay peut poursuivre. Il est submergé par l'émotion mais nous lui laissons quelques instants pour qu'il retrouve le calme."

Enfin des regrets
Le témoin reprend : "J'éprouve beaucoup de regrets car j'ai aussi perdu des frères, des parents qui ont souffert sous le régime, ainsi que ma femme et mes enfants qui sont aussi morts. Je crois que cela a été une situation de chaos. Et il ne nous reste rien d'autre qu'à regretter. Beaucoup de Cambodgiens ont péri sous le régime du Kampuchea démocratique, ces regrets sont partagés par beaucoup et si on parle en termes de religion, c'est notre karma qui en souffre. Aujourd'hui, j'essaie de trouver un soulagement dans la foi et le karma. Mais c'est vrai que j'éprouve des regrets et j'espère que la famille de Phung Ton le comprend."

Enfin, Mam Nay ne joue plus les aveugles mais il n'en dira pas plus. "Je crois et j'espère avoir fait de mon mieux pour dire ce que je pouvais au service de la recherche de la vérité, notamment pour les familles. Il m'est impossible de donner plus d'informations, ce serait un peu comme tirer dans le noir."

Un président trop prévenant

Le président remercie le témoin pour sa déposition, et en fait trop : "Les événements ont eu lieu il y a plus de trente ans et il est très difficile de s'en souvenir. Nous sommes des hommes et notre mémoire est limitée, même pour des choses qui se sont passées il y a quelques heures, nous avons parfois besoin de nous rafraîchir la mémoire. Or vous avez 78 ans et, avec l'âge, la mémoire tend plutôt à fléchir". Et il le remercie à nouveau, quand il a omis de le faire pour les rescapés de S-21 Chhum Mey et Bou Meng.

Présentation furtive du témoin suivant

Nouveau témoin, autre ancien subordonné de Duch. C'est Him Huy, l'ancien chef de la sécurité à S-21, qui a participé au film de Rithy Panh, "S-21, la machine de mort khmère rouge" (2004). Aujourd'hui, il a 54 ans et est cultivateur. Il a déjà l'air abattu. Le président lui demande s'il souhaite être assisté d'un avocat. Him Huy dit ne pas en avoir. Après concertation avec ses collègues, Nil Nonn apprend que le témoin a déjà un avocat... Mais voilà, Him Huy ne l'a vu que brièvement et voudrait le consulter plus longuement avant de déposer. Le président accepte. L'audience est levée avant l'heure. On entendra Him Huy demain, jeudi 16 juillet.



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©John Vink/ Magnum

 

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2 Commentaire
Par Applanat 2009-07-16 11:40:41
Un grand merci encore a toute l equipe qui nous permet de suivre au plus pres ces evenements historiques.
Par Gillioz 2009-07-21 16:33:10
Selon mes informations provenant d'une enquête décidée par l'Université de Genève (Prof Slivinsky), le nombre de morts suite au régime du Kampuchea ascendait à 1 million 700 mille.
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